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    Tronçon marocain du Gazoduc Maghreb-Europe  : Plus que 40 km de pipes à poser

    Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

    La construction du gazoduc Maghreb-Europe suit son cours. Des côtés algérien et espagnol, les travaux sont presqu'achevés. Au niveau du tronçon marocain, la pose des pipes est également bien avancée, même si des perturbations ont été signalées à cause des intempéries. La société Metragaz, qui supervise les travaux de construction, se prépare à la gestion du tronçon.


    Dans le bureau de M. Luis Aguilar Ibanez, directeur administratif et financier de la société Metragaz, les visiteurs pourront remarquer deux photos, grand format, accrochées au mur. Les images sont celles de prises aériennes, représentant une même région du Sud de l'Espagne immortalisée à deux époques distinctes de l'année. Nonobstant les couleurs des champs, différentes selon les saisons, rien ne différencie les deux paysages.
    En revanche, un détail risque de surprendre. L'une des deux illustrations montre une partie du trajet emprunté, dans son tronçon espagnol, par le gazoduc Maghreb-Europe. Les pipes enfouis dans le sol sont invisibles. La confusion entre les photos, prises avant et après la pose des pipelines, est si grande que Metragaz a décidé d'utiliser cet argument pour une éventuelle critique de non-respect de l'environnement.
    Cette portion de la traversée espagnole du gazoduc fait partie des 230 kilomètres de pipes, sur les 270 du tronçon, soudés jusqu'à fin février 1996.
    De l'autre côté de la rive méditerranéenne, les travaux se déroulent également selon le planning prévu. Pourtant, des perturbations ont été signalées à cause des intempéries qu'à connues le Maroc ces derniers mois. En effet, les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays ont provoqué quelques dégâts au niveau de la pose des pipes, surtout au niveau des chemins d'accès, des terrassements, des excavations de la tranchée et en particulier dans la région Nord-Ouest du Royaume, entre Taza et Tanger. Les dégâts ont également concerné les stations de compression de Gibraltar et de Tanger.

    Perturbations

    Néanmoins, la mobilisation d'équipes supplémentaires, qui ont procédé à la réparation des dommages, a permis de pallier le problème. Cette mesure devrait permettre de respecter les délais de réalisation prévus: la date de mise en service du gazoduc est prévue pour octobre 1996.
    A fin février 1996, 491 km de pipes, sur les 540 km du tronçon marocain, ont été posés. Les travaux de terrassement, d'excavation, de transport et de bardage des pipes ont également été conclus. En outre, les essais hydrostatiques ont commencé sur plus de 200 km de pose. Il s'agit de faire circuler dans les pipes de l'eau soumise à haute pression.
    Celle-ci servira à les nettoyer et à vérifier l'absence d'éventuelles fuites. Ensuite il faudra procéder aux opérations de commissionning et de mise en gaz. Le commissionning consiste à insuffler du gaz dans les tubes pour les sécher de l'humidité provoquée par les essais hydrostatiques.
    Parallèlement aux travaux de pose, la mise en place d'un réseau local de communications est également en cours. Presque 300 km de câbles en fibre optique, qui assureront la transmission de données lors du démarrage de l'opération commerciale, ont été posés.
    Par ailleurs, les principaux équipements des stations de compression du Détroit de Gibraltar et de la frontière maroco-algérienne ont été assemblés et sont en état de fonctionner.
    Du côté des Algériens et au niveau du Détroit de Gibraltar, les travaux sont plus avancés qu'au niveau du tronçon marocain.

    En effet, la traversée du Détroit a été achevée au mois de juin 1995 avec la pose de deux canalisations de 22 et 45 km de long. Les deux lignes sont déjà prêtes pour l'interconnexion avec les tronçons terrestres marocain et espagnol.
    Concernant le tronçon terrestre algérien, les travaux ont été finalisés depuis le 24 février 1996. Les installations ont été testées d'une façon satisfaisante et sont déjà prêtes pour le commissionning et la mise en gaz.
    Au total, plus de 1.300 km du gazoduc Maghreb-Europe ont déjà été soudés à fin février.
    A quelques mois de l'achèvement des travaux, la gestion de maintenance du tronçon marocain devient la préoccupation majeure. Initialement, il était prévu de créer une société mixte, financée par les deux partenaires espagnol et marocain. Mais le projet n'a pas abouti.
    La gestion a finalement été confiée à Metragaz. Cette mesure, qui sera effective à la réalisation du projet, se traduira par un changement de l'objet social de la société espagnole. La nouvelle structure financée en grande partie par Metragaz (une petite participation marocaine va subsister) emploiera 130 personnes, à majorité marocaines. Une centaine d'employés ont déjà été recrutés et suivent des cours de formation à Tanger. Des stages sont également prévus en Espagne. A cet effet, une partie du financement du projet, évaluée à 10 millions de Dollars, a déjà été libérée.

    Gazoduc Maghreb-Europe

    Le Maroc prévoit la construction d'un second gazoduc

    Le transport du gaz algérien vers l'Europe, via le Maroc, va permettre à ce dernier de percevoir une redevance en espèces ou en nature. En fonction de ses besoins, le Maroc pourra opter pour l'un ou l'autre des deux choix. Toutefois, s'il s'agit d'une redevance en nature, il est indispensable que le pays se fasse raccorder au tronçon terrestre qui transite par son territoire.
    Un projet de construction d'une bretelle est actuellement à l'étude au niveau du Ministère de l'Energie et des Mines en collaboration avec la Banque Mondiale.
    L'un des objectifs escomptés par ce projet est de mettre un nouveau combustible sur le marché marocain dans la mesure où son prix soit compétitif. Outre cet objectif de diversification, la construction de la bretelle sera également une manne au niveau de la production d'électricité au Maroc. Précisons à ce niveau que la construction de la bretelle est liée à un autre projet, non moins important. Il s'agit de la construction de deux centrales thermiques à Mohammedia et Kénitra. Les deux centrales feront l'objet d'une concession de production d'électricité. L'Office s'approvisionnerait alors en électricité chez un producteur concessionnaire qui lui-même aurait obtenu cette électricité à partir du gaz naturel.

    A l'instar des deux centrales thermiques, la construction et l'exploitation de la bretelle se feront également par concession. Un des schémas prévus à ce niveau est que le producteur concessionnaire d'électricité importe lui-même le gaz naturel. Le constructeur-exploitant de la bretelle se limitera à un rôle de transporteur.
    L'Etat, écarté de la construction et de l'exploitation, a néanmoins pris certaines précautions. En effet, le contrat de la concession sera de type BOT, Build Operate and Transfer. Cela signifie que l'exploitation de la bretelle se fera pour une durée de 25 ans (ou plus). Passée cette période, les installations reviendront à l'Etat à titre gracieux.
    Par ailleurs, l'exploitant devra respecter durant ces 25 ans le principe de service public. Et pour cause, une des autres caractéristiques de la concession est qu'elle est de type "Open Access". C'est-à-dire que l'exploitant ne peut pas interdire à d'autres opérateurs l'accès à la bretelle, si ces derniers veulent se faire raccorder, mais sous condition que le volume de gaz transporté puisse le permettre.
    L'estimation du coût de l'investissement fait partie d'une étude relative au tracé et à l'ingénierie de base de la bretelle en question. Le tracé qui a été retenu est celui de Ouezzane (point de piquage du gazoduc Maghreb-Europe)-Casablanca. Le coût pourrait être, selon une première estimation, de 160 à 180 millions de Dollars.

    Mohamed BENABID.

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