×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Culture

Travail, emploi, formation professionnelle, un pari gagnant
Par Jean-François THIBAULT

Par L'Economiste | Edition N°:2882 Le 16/10/2008 | Partager

Le séminaire sur la coopération franco-marocaine dans les domaines du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, qui s’est tenu la semaine dernière à Rabat, était une première dans l’histoire -déjà ancienne- de ce partenariat né au lendemain de l’indépendance du Maroc, à l’occasion de la signature des premiers accords de main-d’œuvre en 1963 entre nos deux pays. A l’époque -très différente d’aujourd’hui- il s’agissait, pour l’essentiel, de répondre aux besoins de main-d’œuvre qualifiée en France et d’accompagner un fort mouvement de migrations professionnelles du Maroc vers la France. Aussi, je ne saurai évoquer cette époque sans rendre hommage à ces travailleurs marocains qui ont largement -et quelquefois durement- contribué à l’essor économique de mon pays et qui ont ainsi participé à sa reconstruction et à sa modernisation.Au fil du temps et des changements qui ont marqué nos contextes nationaux -français et marocains- notre coopération s’est progressivement éloignée de la philosophie première des accords de main-d’œuvre, pour s’inscrire dans une logique de partenariat dans les domaines du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle. Ainsi, notre coopération s’est diversifiée, enrichie de nouvelles dimensions, de nouvelles actions, j’ai envie de dire aussi, de nouvelles ambitions, pour être au plus près des besoins du Maroc.Cette évolution s’est faite tout d’abord en s’appuyant naturellement sur les structures françaises dédiées aux trois champs de cette coopération, puis, en 1992, la création du GIP International qui regroupe toutes nos administrations concernées et tous nos opérateurs en la matière, a marqué un tournant décisif pour cette coopération.En effet, lieu de cohérence et de coordination, le GIP International a permis un saut qualitatif indéniable permettant de disposer d’une vision globale et d’un pilotage unifié d’une coopération jusque-là atomisée entre tous les opérateurs.Les analyses menées à l’occasion de ce séminaire confirment aujourd’hui que de nouveaux progrès sont possibles et souhaitables. Cela témoigne, et je m’en réjouis, du souci de tous les acteurs -qu’ils soient français ou marocains- d’un partenariat de qualité, fécond et qui colle au plus près des besoins.Comment, dans un contexte qui a formidablement évolué, qui est d’une certaine manière devenu plus difficile et plus exigeant, dans lequel aussi les moyens se raréfient quand les besoins explosent, comment donc, dans ce contexte, répondre ensemble aux défis qui sont ceux du Maroc en matière de travail, d’emploi et de formation professionnelle?Le Maroc d’aujourd’hui -c’est un truisme, mais j’y insiste- n’est plus le Maroc d’hier. Il s’est engagé résolument -sous l’impulsion de Sa Majesté Mohammed VI- dans la modernisation de ses structures économiques et sociales, dans la libéralisation de ses échanges, dans la mondialisation. Sa croissance économique est soutenue. Ses politiques publiques dans les domaines du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle doivent s’adapter à cette nouvelle donne, répondre aux exigences d’un pays qui est entré de plain-pied dans la compétition internationale. Ses besoins, en termes de ressources humaines qualifiées, professionnalisées, sont considérables, dans tous les secteurs d’activité; bien sûr, on pense naturellement au tourisme, au bâtiment et aux travaux publics, à l’agriculture, aux services, secteurs dont la dynamique est très forte en termes d’emploi. Mais les besoins existent également s’agissant des ressources humaines qualifiées dans des domaines comme la santé ou le travail social.C’est tout l’appareil de formation initiale et continue qui est interpellé pour favoriser la qualification et l’employabilité des jeunes marocaines et marocains.C’est l’objet du plan d’urgence qui a été adopté, à la demande de Sa Majesté le Roi, en matière de formation professionnelle, pour la période 2008-2012.Notre partenariat se doit de répondre -le mieux possible, le plus vite possible- à cet énorme besoin de formation professionnelle que connaît aujourd’hui le Maroc. Nous ne manquons ni d’outils ni de moyens pour accompagner nos partenaires dans ce vaste projet.Le soutien apporté par l’Agence française de développement (AFD) à la création de centres de formation sectoriels y contribue largement. Les interventions du GIP International y participent également. Ce soutien conséquent de la France à la politique de formation professionnelle au Maroc doit être maintenu et adapté aux besoins d’aujourd’hui.Je voudrais ajouter à ce chapitre une voie supplémentaire pour participer à l’effort de formation professionnelle du Maroc. C’est tout notre dispositif de migrations professionnelles qui doit s’inscrire dans cet objectif formateur.Le moment est venu d’une nouvelle conception de la migration professionnelle qui n’est pas une fin en soi, mais qui doit s’inscrire comme une étape dans une trajectoire professionnelle, trajectoire dans laquelle l’objectif de formation est essentiel. Il ne s’agit pas de «braconner» les cerveaux ou les bras dont le Maroc a tant besoin pour son développement. Il s’agit d’imaginer et de promouvoir une migration professionnelle circulaire qui participe fortement de la formation et de la qualification des travailleurs concernés. Tout notre dispositif, «jeunes professionnels», «salariés en mission», «compétences et talents», doit être mobilisé dans cette optique d’une migration temporaire, au service de l’enrichissement professionnel de l’individu, avec un projet de retour et de réinvestissement professionnel au Maroc.Nous devons ensemble nous convaincre que cette migration -vue sous cet angle- est un atout pour nos deux pays. Je sais que l’idée de partenariats entre l’Anapec, l’ANPE et l’ANAEM dans ce domaine a été évoquée à l’occasion du séminaire de Rabat et j’y suis favorable.Ce séminaire était donc nécessaire. Faire le point sur plusieurs années d’une coopération riche et diversifiée a permis d’en montrer les résultats indéniables, les forces comme les faiblesses.Des marges de progrès existent, bien sûr. Des améliorations peuvent être apportées dans le pilotage de cette coopération qui doit en effet s’inscrire dans un cadre stratégique co-élaboré entre les acteurs français et marocains. De nouvelles pistes se dessinent. Des priorités doivent maintenant être définies pour éviter la dispersion de nos actions, facteur d’une moindre efficacité. C’est maintenant aux acteurs de ce partenariat fructueux et essentiel qu’il appartient désormais de construire l’avenir de cette coopération.Nous sommes littéralement «convoqués» par les exigences contemporaines qui impactent les questions du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, vitales pour le Maroc comme pour la France. Les liens historiques qui sont les nôtres, nous font obligation en la matière. Nos histoires et nos destins sont liés. Indiscutablement, ce séminaire a constitué la base d’une nouvelle étape pour cette coopération qui connaîtra, j’en suis convaincu, de nouveaux progrès.


Protection sociale

Les politiques du travail et de l’emploi n’échappent pas davantage que la formation professionnelle, aux exigences qu’impose la modernisation du Maroc.Nous avons accompagné la réalisation du Code du travail marocain, contribué à la formation des inspecteurs du travail, participé à la formation des acteurs du dialogue social, comme à celle des intervenants en santé et sécurité au travail.Nous devons poursuivre cet effort auprès de nos partenaires marocains pour favoriser la conformité sociale car - ici comme ailleurs - il n’y a pas de développement économique durable sans respect des règles sociales, sans prise en compte de la dimension humaine dans l’entreprise et dans la société. Qu’il s’agisse de la protection sociale des travailleurs, de leur sécurité au travail -nous avons tous à l’esprit les 56 victimes décédées dans l’incendie dramatique de l’usine Rosamor au printemps- qu’il s’agisse encore du dialogue social nécessaire ou de l’amélioration des conditions de travail, nous sommes convaincus que le plan d’action national, dans lequel s’est engagé le ministère marocain de l’Emploi, doit être poursuivi et amplifié.


L’Anapec, emblématique!

S’agissant de l’emploi, les résultats de notre partenariat parlent d’eux-mêmes. Si un résultat devait être retenu de la coopération de ces dernières années, la création de l’Anapec (Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences) en serait certainement emblématique.Nous ne sommes pas peu fiers en effet d’avoir contribué à la naissance et à la croissance de cet opérateur incontournable du service public de l’emploi marocain.A cet égard, j’en profite pour saluer ici le rôle incontestable qu’a pu jouer l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) française. Ces deux institutions - Anapec et ANPE- constituent dans leur pays respectif des piliers du service public de l’emploi. Fortes de cette coopération, je ne doute pas que leurs relations et leurs échanges demeureront fréquents et féconds.L’Anapec a d’ailleurs atteint l’âge de sa majorité. Son expérience, son expertise et ses savoir-faire peuvent être utiles à d’autres pays, dans le cadre d’une coopération Sud-Sud. Je sais que c’est aussi une voie à laquelle les autorités marocaines réfléchissent.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc