Economie

Transport urbain à Oujda: De jeunes promoteurs brisent le monopole de Sato

Par L'Economiste | Edition N°:1090 Le 30/08/2001 | Partager

. Une situation qui dure depuis le début de l'Indépendance. Malgré ses efforts, la jeune entreprise a été écartée du marchéA Oujda, le transport urbain faisait l'objet d'un quasi-monopole depuis l'Indépendance. Une seule société existait. Il s'agit de la Sato (Société autonome de transport d'Oujda). Celle-ci appartient à un groupe d'anciens combattants auxquels Feu Mohammed V avait donné l'agrément, sans que cet avantage ne soit monopolistique. En d'autres termes, légalement, une autre société de transport pouvait s'installer. Mais dans la pratique, les choses étaient différentes. Les bus de la Sato sont dans un piètre état. La vétusté des véhicules s'est doublée d'une crise financière due à une gestion désastreuse. Avoir des bus neufs et propres est devenu pratiquement un rêve pour les Oujdis.En 1996, un groupe de six jeunes diplômés a décidé de jeter un pavé dans la marre et créer leur société de transport urbain: Ziri Bus. N'ayant pas de ressources propres, ils se sont endettés et ont créé leur société.Mieux encore, en 1997, les six jeunes promoteurs ont contacté la RATP (Régie Autonome de Transport de Paris) qui a accepté de leur vendre des bus d'occasion à un prix très abordable: 80.000 DH le véhicule. Au total, 36 bus devaient être achetés par Ziri Bus. En outre, et en guise d'encouragement, la RATP s'engageait à fournir les pièces de rechange nécessaires à l'entretien des bus, une assistance technique et une formation aux agents de Ziri Bus.«Ziri Bus a également reçu des lettres d'encouragement de la part du Président et du Premier ministre français«, assure Bouhzame Mohamed, l'un des jeunes promoteurs. Une formation, en France, à l'Ecole du transport urbain leur a même été garantie par le ministre français de l'Emploi.Le premier obstacle qui s'est dressé devant Ziri Bus était de nature fiscale. Le ministre des Finances, Fathallah Oualalou, après leur avoir promis une exonération totale des droits de douane, leur a par la suite proposé de ne payer que 2,5%. Ce qui est un avantage en soi. Ayant eu vent du projet, l'Agence du Nord a manifesté sa ferme volonté de financer toute l'affaire une fois que la société aura reçu l'agrément.Entre-temps, tout un travail de lobbying était mené par Ziri Bus avec l'aide d'un parlementaire d'Oujda, Abdelaziz Aftati, afin de casser le monopole de fait de Sato.L'effort fourni par ses jeunes promoteurs a fini par donner ses premiers fruits: en 1999, un appel d'offres a été lancé par la Communauté Urbaine d'Oujda afin de choisir de nouvelles sociétés de transport urbain. Mais l'ouverture des plis a été retardée. Prévue initialement en octobre 1999, l'étude des offres des différentes sociétés soumissionnaires n'a eu lieu qu'en mai dernier. Résultats: l'offre de Ziri Bus a été écartée et celles de deux autres sociétés ont été retenues.Il s'agit de Chark Bus et Général Transport Services. Selon l'ancien wali d'Oujda, ces deux sociétés remplaceront Sato et recruteront son personnel. Les raisons du rejet de Ziri Bus, selon Mohamed Bouhzam, sont au nombre de deux: manque d'expérience et mise en circulation de bus d'occasion. Selon Bakkouch, l'ingénieur communal, «Ziri Bus a été écartée car son offre n'était pas complète, il lui manquait un document fiscal«. Sans commentaire.Que peut faire le nouveau wali de l'Oriental pour réparer cela? Abdelmohsin EL HASSOUNI

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