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Economie

Transport: Les premiers carnets TIR délivrés en janvier

Par L'Economiste | Edition N°:1169 Le 21/12/2001 | Partager

. Jusqu'alors, seuls les transporteurs étrangers en bénéficient. Ce document permet de gagner du temps et d'être compétitif sur les délaisDès le mois de janvier, l'Association Marocaine des Transports Routiers Internationaux (AMTRI) pourra délivrer les carnets TIR aux transporteurs internationaux de marchandises en lieu et place de l'ONT. C'est l'aboutissement d'un long processus qui a débouché sur la signature d'un accord avec l'administration des douanes. A rappeler que la convention douanière sur le transport international routier (TIR) signée à Genève en novembre 1975 est entrée en vigueur au Maroc en 1992. Elle vise l'habilitation par les autorités douanières d'une association professionnelle à se porter caution pour garantir les opérations TIR, après la signature d'un contrat de garantie. Le 27 septembre dernier, cet accord de garantie qui entre dans le cadre d'un système de garantie international et conçu par l'Union Internationale des Transports Routiers (IRU), a été signé entre les deux parties. Il vise à s'assurer que les droits et taxes exigibles sont garantis par une association nationale représentant les intérêts du secteur des transports. C'est donc ce contrat qui permettra à l'AMTRI de bénéficier de la couverture financière dans le cadre d'une chaîne internationale de garantie offerte par l'IRU.Plus concrètement, le carnet TIR va faire gagner du temps au transporteur international puisque ce document permet de remplacer l'inspection matérielle de la marchandise par une simple vérification extérieure du conteneur et des scellés apposés par les autorités douanières du pays de départ. Donc sortie plus rapide du port et allégement des contrôles sur le trajet, à condition que les portes de la remorque soient scellées et taulées (et non bâchées). Mais pour être titulaire d'un carnet TIR, l'adhérent de l'AMTRI doit répondre à certaines exigences (capacité financière, connaissance du système TIR, agrément par la douane des véhicules qui s'apprêtent au scellement douanier...).Sachant que le choix de la destination Maroc par les donneurs d'ordre européens est motivé en grande partie par la proximité et les délais de livraison courts, l'émission locale des carnets TIR en faveur des transporteurs nationaux devrait contribuer à l'amélioration de la compétitivité globale des produits marocains. Cet acquis est certes un gage de reconnaissance de l'Association professionnelle sur le plan international. Mais il n'occulte pas pour autant la précarité de ce secteur. Les raisons d'être inquiet ne manquent pas, à en croire Abdel Aziz Lahlou, président de l'AMTRI, surtout à l'approche de l'échéance 2010. Prudence des opérateurs nationaux et faiblesse des investissements en l'absence d'une politique de soutien claire. Voilà le constat global de ces sept premières années (1995 étant l'année de démarrage de cette activité sur le plan local). L'activité TIR n'a pas encore réussi son décolage et les sociétés étrangères ont toujours la part belle. Si la situation n'est pas prise en main rapidement, ce sont toutes les activités axées sur le commerce international qui en pâtiront, ajoute le président de l'AMTRI. En tête, le textile et les produits agricoles. «Notre flotte n'est pas suffisante pour faire face aux flux d'exportation des agrumes et primeurs notamment. Au-delà de la dépendance économique, cela peut constituer à terme un moyen de pression politique des transporteurs espagnols très présents sur le marché marocain. Nous avons tout à gagner à encourager l'activité TIR», conseille le président de l'Association. Cette activité est régie par des accords bilatéraux conclus annuellement avec les principaux pays européens. Ces accords affectent aux transporteurs marocains 50% du trafic global, soit 30.000 voyages pour l'année 2001. Or, ces sociétés assurent difficilement 5 à 6% du quota attribué. Les raisons sont de plusieurs ordres. En tête, l'absence d'incitations financières et fiscales. Sachant qu'un camion effectue en moyenne 24 voyages par an, il faudrait disposer d'un parc de 1.000 véhicules supplémentaires pour accomplir les 30.000 voyages qui sont attribués aux transporteurs marocains. Le coût unitaire étant de 750.000 DH, l'investissement global s'élèverait à 750 millions de DH. «L'effort financier des opérateurs doit être soutenu par l'Etat à travers l'octroi de taux de crédit bonifiés notamment», propose Abdel Aziz Lahlou.En outre, un tel investissement constitue une manne pour la création d'emplois nouveaux (3.000 postes environ). Mais il faudra répondre aux besoins en formation des chauffeurs par la création d'un institut de formation professionnelle. L'Association oeuvre pour la concrétisation de ce projet. Sur le plan fiscal, les camions TIR sont assujettis à la taxe à l'essieu alors que l'essentiel de leur trajet est effectué sur les routes étrangères. «Nous demandons non pas l'exonération totale, précise Abdel Aziz Lahlou, mais une contribution symbolique».


Dumping social

Les transporteurs TIR sont confrontés au problème de la multiplicité des autorisations à présenter aux frontières des pays européens qu'ils traversent pour arriver à destination. Sachant que ces autorisations sont fixées dans le cadre d'accords bilatéraux, les transporteurs marocains épuisent inutilement leurs quotas, chaque transit étant comptabilisé pour une seule et même opération. L'AMTRI préconise l'octroi d'autorisations globales qui couvrent l'ensemble des pays européens. Une requête d'autant plus justifiée que la plupart des pays européens partenaires commerciaux du Maroc font partie de l'Euroland.Elle a été formulée par le ministre des Transports lors de la conférence européenne des ministres des Transports en mai dernier où le Maroc est membre observateur. Elle sera à nouveau discutée en mai prochain au sommet de Bucarest.Concernant l'octroi de visas, l'association a conclu un accord avec le consulat espagnol pour encadrer les demandes en faveur des chauffeurs répondant à des critères bien définis (adhésion à l'AMTRI, autorisation TIR, formation adéquate, moralité...). «Cette formule fonctionne parfaitement avec l'Espagne. Mais le problème reste entier avec la France, certainement par manque d'information», souligne Abdelilah Hifdi, président délégué de la CNTR et membre de l'AMTRI. Il dénonce la lourdeur de la procédure, notamment les délais d'octroi trop longs et les durées de validité insuffisantes. «Est-ce là une manière de perpétuer l'hégémonie des transporteurs européens sur le marché marocain? En tous cas, cela s'apparente à de la concurrence déloyale», affirme le président de la confédération. Et d'accuser ces derniers de débaucher de plus en plus les chauffeurs nationaux moyennant des conditions salariales inférieures à celles en vigueur en Europe. Pour eux, il s'agit d'un véritable «dumping social».. Qu'est-ce que l'IRU?L'Union Internationale des Transports Routiers (IRU) a été fondée à Genève le 23 mars 1948 en vue de défendre les intérêts des transporteurs routiers nationaux et internationaux de personnes et marchandises pour compte d'autrui et compte propre. Elle regroupe 151 membres actifs (associations nationales) et associés (constructeurs...) dans 63 pays répartis dans les 5 continents. Elle bénéficie d'un statut consultatif auprès de l'ONU et de l'UE notamment.L'IRU s'est porté garant international du système TIR (convention douanière relative au transport international de marchandises sous le couvert de carnets TIR), établi en 1959. . Le système SafetirParallèlement à l'accord de garantie, l'AMTRI a conclu le 27 septembre dernier un protocole portant sur le système Safetir. Il s'agit d'un réseau informatique élaboré par l'IRU qui permet de relier tous les intervenants sur la chaîne internationale de garantie pour le contrôle et la gestion des opérations réalisées sous couvert des carnets TIR. Ce système permet d'améliorer l'efficacité des procédures liées au transit douanier et de lutter plus efficacement contre la fraude.Mouna KABLY

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