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Transport de marchandises
Les routiers sous le diktat des chargeurs

Par L'Economiste | Edition N°:2164 Le 05/12/2005 | Partager

. Les tarifs bas l’emportent sur les impératifs de qualité et de sécurité . La moyenne d’âge du parc est de 13 ans, soit le double de celui des pays d’Europe centrale«Nous voulons acheminer rapidement la marchandise au port de Casablanca, nous optons pour le transport routier», affirme le responsable logistique de LGMC dont l’usine se trouve à Safi. Tout dépend des délais dont dispose l’entreprise pour livrer la marchandise. Le transport par voie ferrée est possible, il est même compétitif sur le plan du coût, mais les délais sont jugés trop longs: il faut passer commande, acheminer la marchandise jusqu’à Bengrir, etc: l’opération peut nécessiter jusqu’à 72 heures. Ce scénario est le lot quotidien des entreprises qui se trouvent en dehors de l’axe Casablanca-Tanger-Agadir. Mais rapidité ne rime pas toujours avec sécurité et qualité. Dans ce secteur, la surabondance de l’offre et la rareté d’un transport routier de qualité et spécialisé constituent le principal handicap. “La chaîne de froid est rarement respectée. Les camions ne disposent généralement pas de dispositifs adéquats”, indique un opérateur. Le cas “de citernes qui peuvent transporter des produits chimiques et qui, une fois nettoyées, servent aussi au transport de produits alimentaires” relève a priori de la fiction, mais illustre pourtant la situation dans laquelle se trouve le transport routier. L’entrée en vigueur de la loi 16-99 n’a toujours pas produit l’effet escompté. Les opérateurs reconnaissent qu’un des grands problèmes de ce secteur est l’érosion des tarifs. Le conseil de la concurrence étant une coquille vide, les opérateurs ne savent plus quelle attitude adopter. Les entreprises de transport organisées se retrouvent dans l’obligation de s’aligner. D’ailleurs les différentes hausses de prix, décidées par l’association des transporteurs routiers, suite à l’augmentation du prix du carburant, n’ont jamais été respectées.“La baisse des prix a démarré avant la libéralisation et elle se poursuit”, soutient Mouhsine Bennani, gérant de CICM. Aujourd’hui, il est autour de 6 dirhams le kilomètre. Dans un récent rapport(1), la Banque Mondiale a relevé que, les transporteurs informels facturent 5 dirhams/km. Or, un niveau de service “correct” impliquerait des prix majorés de 30 à 50%. “Dans ce cas, le prix avoisinerait les 7 à 7,5 DH/km”, note l’institution internationale.Cette situation serait encouragée par les chargeurs qui choisissent les prestataires transporteurs qui offrent les prix les plus bas, accusent les transporteurs. “Les rapports de force sont en faveur des chargeurs. Même les entreprises dites structurées arbitrent en fonction du seul critère du prix. Ce qui incite à la surcharge”, poursuit Bennani. Le comportement des chargeurs a également été critiqué par l’institution de Breton Woods: “de nombreuses entreprises recherchent systématiquement les prix les plus bas au détriment de la qualité. Dans ce cas, elles ont le plus souvent recours au transport informel”. La Fédération nationale du transport routier a proposé que la responsabilité des chargeurs soit aussi engagée en cas de flagrant délit de surcharge par un transporteur. Celle-ci pourrait être précisée dans les décrets d’application de la loi 16-99 sur le transport routier. Il s’agit là d’un moyen de responsabiliser tous les intervenants et aussi de faire face à un des principaux facteurs d’usure et de déformation de la chaussée.En fait, l’offre du transport routier constitue sans doute le maillon faible de la logistique. Celle-ci est atomisée entre de milliers de petites entreprises: neuf entreprises sur dix ont une flotte de un à deux véhicules. Abdelaziz Mantrach, vice-président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) recommande “la constitution de coopératives et la formation”. Le parc est vétuste: 6 camions sur 10 ont plus de 10 ans et la moyenne d’âge du parc est de 13 ans, soit le double de celui des pays d’Europe centrale, selon la Banque mondiale. Ces propositions rejoignent les recommandations de la Banque Mondiale. Celle-ci conseille de consolider les transporteurs par la création de sociétés de gestion qui regrouperaient plusieurs dizaines de véhicules car ils n’ont pas la taille critique nécessaire vis-à-vis des chargeurs. Autre mesure susceptible de tirer le secteur vers le haut: la mise en place d’un gasoil professionnel qui inciterait certains petits transporteurs à rejoindre le secteur formel.


Partenariat Etat, chargeurs et opérateurs

Dans son rapport, la Banque Mondiale reconnaît que, depuis 2000, différentes mesures ont été proposées. Mais aucune n’a été appliquée durant la période de transition dont disposaient pouvoirs publics et opérateurs pour la mise à niveau. C’est le cas par exemple de la création d’un observatoire du transport routier pour l’information sur les prix de référence. Des mesures incitatives et répressives sont jugées nécessaires pour changer la situation dans ce domaine. L’assainissement ne peut s’effectuer sans un partenariat entre l’Etat, les chargeurs et les opérateurs de transport et logistique. L’échec de la mise à niveau est attribué au fait que les pouvoirs publics “se sont concentrés quasi exclusivement sur les opérateurs de transport sans tenir compte du rôle important joué par les chargeurs”. K. M. -------------------------------------------------------------------------(1) “ La logistique du commerce et la compétitivité du Maroc ”, mars 2005

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