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    Economie

    Tourisme rural et de niches: Ce que prépare Adil Douiri

    Par L'Economiste | Edition N°:1676 Le 05/01/2004 | Partager

    . 93 couples niches/régions identifiés. Le tourisme rural arrive en complément des produits-phares avec l'implication des populations Quels sont les scénarios économiques possibles pour répondre aux besoins des populations rurales et les impliquer dans la mise en oeuvre de la vision touristique 2010? La question n'est pas fortuite. A l'heure où les chantiers lancés par le Maroc dans le domaine touristique pour la réalisation des objectifs qu'il s'assigne à l'horizon 2010 semblent atteindre leur vitesse de croisière, les artisans du programme de développement de la destination s'attaquent à de nouveaux créneaux, ceux des produits touristiques «niches et rural». «L'importance d'un créneau n'est pas toujours quantifiable en nombre de touristes», explique Adil Douiri, ministre du Tourisme, «mais également par son impact sur le plan économique et social». C'est à cette logique que répond cette catégorie de produits. «L'objectif est de contribuer au développement de certaines zones rurales par essence éloignées des centres urbains plus développés et d'y créer des emplois». Le produit, à la place quelque peu marginalisée dans la conception globale, n'en reste donc pas moins important. Le premier produit de cette catégorie «commercialisé» est celui de Chefchaouen. Lancé au cours du mois de décembre, le chantier doit permettre de drainer 5.000 touristes tous les ans sur les sites de cette petite bourgade du Nord. Pour atteindre cet objectif, un budget de 5 millions de dirhams y sera alloué. Le véritable travail ne fait que commencer après cette première étape de lancement concrétisée par la signature d'une convention avec les autorités et les professionnels de la ville. Il s'agira d'aménager 7 gîtes en plus des 4 en cours, trois aires de bivouac, d'animer le site notamment grâce à des ateliers d'initiation à l'artisanat local, de concevoir des circuits et promouvoir la destination. L'étape ultime consistera à conclure des contrats avec les tour-opérateurs; ce qui nécessitera la mise en place de mesures d'accompagnement (coordination locale, pilotage...). La «chaîne de fabrication» s'étend de l'identification de potentialités régionales au développement du produit (chambres disponibles ou à prévoir, gîtes, campings...) en passant par sa commercialisation (intégration dans des circuits nationaux, brochures, promotions auprès d'agences...). Un échéancier des réalisations est établi pour chaque projet entrepris. Après Chefchaouen, Ifrane et Ida Outanane devraient suivre au courant de 2004. Les sites à «consolider» sont ceux de Ouarzazate, Azilal et Al Haouz. Ce lundi 5 janvier, le ministre du Tourisme doit effectuer une visite sur place pour signer une convention de partenariat avec les autorités locales pour le lancement d'une étude de positionnement du produit. A l'instar de ce qui a été réalisé avec d'autres villes du Royaume, notamment Casablanca et Marrakech, il s'agira de recenser les potentialités selon des critères rigoureux et concevoir son développement intégré. Les arguments pour le tourisme rural dans la région sont multiples. Citons les randonnées de montagnes qui attirent 80.000 touristes annuellement ou encore les randonnées du désert qui drainent 50.000 personnes par an. Zagora figure dans le périple, notamment pour l'intégrer dans un circuit de tourisme rural. A fin 2004, plusieurs conventions devraient être signées pour la commercialisation de ces nouveaux produits.Le tourisme rural ou de niches vient donc se greffer aux produits phares et permet ainsi de définir un Maroc touristique qui comprend les destinations-phares et d'autres moins connues et néanmoins attractives. «Par exemple, Chefchaouen devra être reliée à la station de Lixus», indique-t-il. «Grâce aux nouveaux produits de niches et ruraux, le produit de masse devra être renfloué». La conception globale consiste à couvrir l'ensemble du territoire; ce qui suppose des offres de masse, rurales et de niches. La vitesse à laquelle devront se développer les différentes catégories de produits sera dépendante du développement de chacun d'eux. «Les programmes principaux sont forcément ralentis par le lancement de nouveaux produits qui nécessitent de l'énergie et du temps». Référence est ici faite aux grands travaux des stations balnéaires dont l'état d'avancement est jugé satisfaisant. Pour atteindre les objectifs de 2010, il faudra développer parallèlement les onze grandes régions touristiques recensées au niveau national. Des régions qui regorgent de potentialités dans le tourisme de croisière, celui de santé, de sport, de nature et culturel. 93 couples niches/régions ont été identifiés.


    Où en est-on?

    La vision 2010 est-elle sur la bonne voie? Les réalisations sont-elles conformes aux prévisions de départ? «Nous sommes en avance sur le volet des produits culturels dont Marrakech est la locomotive, et légèrement moins en ce qui concerne le balnéaire», indique Douiri. Les stations balnéaires devraient donc être prêtes plus tard que prévu et commencer à produire des hôtels en 2005-2006. Pour 2004, il estime que 10.000 lits supplémentaires devraient être commercialisés». «C'est l'indicateur le plus significatif de l'état d'avancement de la vision 2010». Le rythme est de trois nouveaux établissements annuellement. En 2005, il est prévu de commercialiser 20.000 nouveaux lits. Le quart des objectifs du plan Azur est réalisé, ce qui est jugé «correct». L'objectif est de disposer de 230.000 lits en capacité à l'horizon 2010 afin d'accueillir les 10 millions de touristes escomptés. Très attendue, la carte du ciel qui définira les dessertes aériennes et donc les possibilités qui s'offrent aux compagnies intéressées ainsi que la part de marché de la compagnie nationale. Sur ce point, rien ne filtre. Il faudra attendre la conférence publique du ministre des Transports et de l'Equipement, Karim Ghellab.


    Complémentarités

    Le financement du développement de cette catégorie devra «provenir des agences régionales spécialisées ou des associations qui bénéficient de prêts pour des projets spécifiques», indique Adil Douiri. Ces dernières représentent en effet des partenaires de choix dans le lancement du produit. L'expérience locale acquise par les associations régionales est un outil précieux, précisément lorsqu'elles contribuent au développement de gîtes et à la sensibilisation de la population à l'importance du tourisme dans le développement économique et social. La valeur ajoutée des autorités de tutelle peut parfois ne consister qu'en l'intégration d'un gîte localisé au niveau d'un circuit touristique. «Dans ce cas, nous sommes le développeur du produit», explique Douiri. Il reconnaît toutefois que la place occupée par cette catégorie de produits dans la stratégie nationale n'est pas représentative de son importance. Du moins de l'impact qu'elle peut avoir notamment en matière d'emplois créés. C'est sur l'aspect de complémentarité que l'accent est mis. «L'approche industrielle est complétée par une approche artisanale». Amale DAOUD

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