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    Economie

    Tourisme : Reprise : Marrakech optimiste, Agadir sceptique

    Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

    Dans la foulée des statistiques annonçant la reprise de l'activité touristique, les établissements 4-5 étoiles réalisent un bon début de saison dans les deux principaux pôles touristiques du pays. Mais les chiffres officiels ne font pas l'unanimité, notamment à Agadir où les hôteliers affirment n'avoir décelé la moindre amélioration.


    Si l'on en croit les statistiques de l'activité touristique des deux premiers mois de l'année en cours (12 et 25 % de hausse des arrivées internationales), le secteur semble avoir amorcé sa remontée. Dans les deux pôles d'attraction touristique (Marrakech et Agadir), les hôteliers confirment la tendance en ce début de haute saison mais restent prudents: "une hirondelle ne fait pas le printemps", observe un hôtelier de la capitale du Souss. La reprise de séjours est très nette surtout sur le marché français, confie Mme Dominique Ottelli, directrice commerciale et marketing de Kenzi Sémiramis de Marrakech. L'établissement affichait 60 % de remplissage moyen au mois de mars et prévoit 75 % pour avril.
    La plupart des 4-5 étoiles de la ville rouge démarrent la haute saison en trombe à l'image du Sheraton et du Tikida qui ont fait le plein à Pâques et bénéficient du retour des Espagnols et des Allemands. La chaîne Tikida récolte ainsi les premiers fruits de son partenariat avec l'allemand TUI qui déploie son artillerie commerciale au profit de son "allié". L'effet de synergie est surtout palpable sur l'unité d'Agadir qui maintient un excellent niveau d'activité. Elle tourne actuellement autour de 60-70 % d'occupation.

    Bien que les indicateurs laissaient présager une reprise, le début de l'année avait démarré plutôt timidement. Au cours des mois de janvier et février, la moyenne d'occupation des 4-5 étoiles de Marakech s'établissait respectivement à 35 et 32 %. Par ailleurs, pour l'ensemble des établissements de la région, les nuitées enregistrent une augmentation de 11 et 22 % en janvier et février.
    Des disparités existent néanmoins à l'intérieur de cette fourchette, certains établissements ayant réussi des scores bien plus intéressants pour la saison. C'est notamment le cas du trio composé de La Mamounia, de La Palmeraie Golf Palace et du Sheraton. Dans le segment des 4 étoiles, deux établissements semblent sortir du lot: le Tropicana et Les Idrissides. S'il y avait une palme d'or, elle reviendrait probablement au premier. Avec 77% de moyenne d'occupation sur les deux premiers mois de l'année, l'établissement bat en brèche la notion de saison; ici, la basse ou la haute saison, c'est pareil. Quant au second (53,2 et 58,4 % de remplissage), l'implication de Fram lui assure régulièrement une clientèle, même pendant les périodes creuses de l'année.

    A Agadir, les hôteliers s'étonnent de l'optimisme qu'affichent les communiqués du Ministère de tutelle qui annonçait une hausse de 56 % d'arrivées de touristes allemands en février 96 par rapport au même mois de 95; les hôtels y ont terminé le mois de mars à près de 45 % d'occupation moyenne. "Ce n'est pas extraordinaire pour la saison", commente un opérateur de la région. Quant aux 4-5 étoiles, ils étaient respectivement à 52,8 et 43,4 % un mois plus tôt.
    Si les hôteliers ne contestent pas la source des chiffres officiels, ils relèvent en revanche que la réalité sur le terrain est à des années-lumière du triomphalisme printanier qu'ils dégagent: "comment peut-on prétendre que les allemands reviennent chez nous alors que les T.O sont entrain de réduire leur capacité en lits sur Agadir pour la saison 96 / 97?" Les professionnels gadiris redoutent cette position de monopsone dans laquelle ils se trouvent face au marché allemand. La puissance de négociation des T.O fragilise les hôteliers et risque de déboucher à plus ou moins brève échéance sur une baisse de tarifs de prestations.

    Abashi SHAMAMBA

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