×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

Tourisme : Omra 1996: Controverses autour du prix du voyage

Par L'Economiste | Edition N°:219 Le 29/02/1996 | Partager

Suspicions autour des tarifs aériens, rumeurs de tous genres, obstruction des autorités de l'aviation civile saoudiennes, l'opération Omra n'a pas failli à sa tradition. Malgré tout, les agents de voyages estiment les résultats globalement positifs.


Les professionnels des voyages sont partagés quant à l'appréciation de la Omra 95/96. Leur sentiment peut se résumer en une phrase: la campagne a été bonne, sans plus. "Il y a toujours autant de monde, sinon plus, confirme un agent de voyages casablancais, mais il faut se partager le gâteau à plusieurs". Même les poids lourds de la profession n'ont pas réussi à élargir leur portefeuille clients.
Au fil des ans, il faut sans doute y voir une conséquence directe de la crise qui touche le secteur touristique, l'atomisation du marché s'est accentuée. De nombreuses agences se sont converties au créneau des séjours aux Lieux Saints qui, à l'époque des années fastes du tourisme, était considéré quantité négligeable. Plus d'une centaine d'agents y opèrent actuellement, contre seulement une poignée il y a dix ans (moins de dix agences). L'expérience et le professionnalisme sont les deux conditions essentielles de succès dans ce créneau encombré de visites aux Lieux Saints, affirme-t-on. "Il n'y a pas de droit à l'erreur", poursuit un responsable de l'agence FM Tours qui avait 200 personnes dans son portefeuille.

Barrière à l'entrée saoudienne


Pour la campagne qui vient de s'achever, les vraies difficultés ont surgi lorsque les autorités saoudiennes ont refusé à la Royal Air Maroc de se poser à Médine, affirment les professionnels. Le calcul consistait à réserver cet "avantage concurrentiel" à la Saudia Airlines afin de détourner une partie de la clientèle de ses concurrents. De toute évidence, la barrière à l'entrée dressée par les saoudiens semble avoir payé: beaucoup de clients avaient refusé de transiter par Médine et faire 5 ou 6 heures d'autocar pour rejoindre la ville de Jeddah où atterrissait la RAM. Le transfert de la clientèle devenait alors inévitable au profit du transporteur saoudien, explique le directeur général d'une agence de voyages. Les opérateurs conviennent cependant que la logistique mise en place par la compagnie nationale pour assurer la connexion entre Jeddah et Médine avait très bien fonctionné.
Outre le protectionnisme saoudien, la campagne de la Omra (Chaâbane et Ramadan) aura été caractérisée par un échange de suspicions et de démentis entre la Royal Air Maroc et les distributeurs. Des rumeurs circulaient de toutes parts concernant des agences qui auraient bénéficié de conditions tarifaires avantageuses. Tantôt, c'est un voyagiste qui vendait à 1.500 DH moins cher que la concurrence, ou encore des tarifs promotionnels qui n'étaient pas connus de tous. Bref, un délit d'initié comme diraient les spécialistes de la bourse. Manifestement embarrassés et contraints à la défensive, les services de la RAM ont multiplié les démentis "peu convaincants", commente un opérateur casablancais.

Opération rarement "clean"


Apparemment, "le manque de visibilité" de la politique des prix du transporteur aura servi à alimenter ces rumeurs. A mots à peine voilés, des TO mettent ouvertement en cause "l'opacité de la tarification" de la RAM et ses prix "artificiellement élevés". Tout semble être parti de Tanger où deux agences de voyages (Ispa Maroc et Kantara) écoulaient des billets à 6.500 DH alors que, théoriquement, le prix tournait autour de 7.920 DH. Emoi et protestation de la Fédération des Agences de Voyages, suivis d'un démenti de la compagnie. Puis vint l'épisode de deux vols promotionnels programmés les 10 et 12 janvier à un tarif sensiblement inférieur à celui pratiqué par le réseau de distribution. Opération classique, pour s'aligner sur la concurrence, explique-t-on à la RAM. Mais le problème, c'est que seule une poignée d'agents de voyages étaient au courant de cette offre (valable à condition de retourner après le 25 janvier). Il s'ensuivit une perturbation du marché dès lors que la majorité des agences continuaient en parallèle à vendre le billet au tarif normal. Des agences ont dû faire face aux demandes de remboursement de leurs clients qui, à juste titre, s'étaient crus dupés. Pas étonnant, ironise un professionnel, "l'opération Omra a rarement été une opération clean".
Par ailleurs, les écarts de prix qu'introduit le lissage tarifaire (basse-haute saison) constituent un autre point d'achoppement. Comment en effet expliquer à un client, déplore un agent de voyages, que le billet vaut 8.100 DH au 1er janvier 1996 alors qu'il pouvait l'acheter 24 heures plus tôt à 5.620 DH ? "Nous éprouvons toutes les peines du monde pour faire passer le message auprès de la clientèle", confie un voyagiste. Une équation des plus compliquées, d'autant plus que le prix passe pour être le facteur déterminant de la décision du client, confirment les professionnels.

Abashi SHAMAMBA .

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc