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Tourisme : Les vacanciers marocains préfèrent le Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:90 Le 29/07/1993 | Partager

Les professionnels du voyage mènent une campagne de communication à la suite du Salon "Evasion", pour accompagner le "tourisme à l'export". La demande sur l'étranger est encore faible. En revanche, les destinations intérieures font presque le plein pour la seconde quinzaine de juillet et le mois d'août. Le facteur prix semble faire la différence.

APRES le Salon "Evasion" la Royal Air Maroc et le groupement Escapades Internationales ont entamé une campagne publicitaire pour pro mouvoir les produits proposés. Un sondage auprès de quelques agences de voyages fait ressortir une demande, bien que encore timide.

Marché timide

Selon ces agences, les réservations dans le cadre des voyages à l'étranger ou "tourisme à l'export" ont été relativement faibles pour la première quinzaine de juillet, pour deux principales raisons. Il est d'abord souligné que le produit est nouveau et que la campagne de promotion a dé buté tardivement. Ensuite, s ' y mêle le problème de la mentalité. En effet, les Marocains ne sont pas encore habitués à programmer leurs vacances à l'avance. Or. les voyages à l'étranger nécessitent un minimum de formalités administratives, pouvant durer au moins quinze jours (visa, réservation et autres), donc une anticipation.

Les professionnels estiment que le comportement du consommateur marocain entrave ainsi l'organisation des voyages en groupe, lesquels sont en effet longtemps programmés à l'avance.

La deuxième quinzaine de juillet et le mois d'août sont plus demandés. Cette période est considérée par les agences comme la haute saison. Les destinations demandées sont principalement balnéaires. La Tunisie, en raison des prix très étudiés proposés, a eu du succès. L'influence des médias reste importante sur la destination. De fait, l'Egypte, la Grèce et la Turquie sont boudées à cause des problèmes politiques qu'elles traversent.

Mais les agences avouent que la crise ne les épargne pas elles aussi. En effet, malgré cette campagne intensive, les demandes restent en deçà des objectifs. Les prix proposés devaient pourtant attirer une importante clientèle de cadres moyens.

Le "Salon Evasion" avait permis aux différentes agences de voyages de promouvoir le tourisme à l'export (des nationaux vers l'extérieur), gisement jusque là négligé, parce qu'impossible à exploiter. Les contrôles des changes interdisaient les paiements à l'extérieur lorsqu'il s'agissait de voyager pour son plaisir. La dotation de 5.000 Dirhams accordée par l'Office des Changes reste toutefois insuffisante pour les sorties à l'étranger.

Pour réduire les coûts, les agences de voyages se sont groupées en Pool, en association avec Royal Air Maroc et Air France afin de proposer des produits compétitifs. Des packages avion - séjour - loisirs sont offerts vers 6 pays: Tunisie, Turquie, Grèce, Egypte, Disney World, Orlando et Paris.

Ces destinations classiques et familiales ont été élaborées sous deux contraintes, le prix et le visa. Ce produit, baptisé par le Pool "Découvertes voyages", est conçu pour "sortir les Marocains de leurs frontières" et pour qu'ils vivent pleinement "leurs vacances à l'étranger". L'originalité du produit est le paiement du séjour en Dirhams. Ce qui permet aux candidats touristes à l'export de préserver leur dotation pour leurs achats personnels sur place. La RAM accorde un quotas permanent de sièges sur les destinations proposées.

Un client difficile

Néanmoins, le Royaume reste encore le lieu de prédilection du touriste marocain. Les villes balnéaires telles qu'Agadir et les sites du Nord affichent complet pour juillet et août, et ce depuis déjà 3 mois. Les villes continentales ne sont pas pour autant boudées. En effet, bien que le climat soit souvent jugé comme un grand handicap, les prix pratiqués par les hôteliers

sont très compétitifs. Ils sont moins élevés que ceux des villes balnéaires durant l'été. Certaines villes comme Marrakech, connaissent un foisonne ment d'activités (bowling, piste de carting, golf) qui contribuent à sa pro motion. Pour les hôteliers, le climat n'est donc plus aussi déterminant, puisque Marrakech a un coefficient de remplissage de 60 à 70% en août, après un mois de juillet souvent très calme. Au passage, ils font remarquer que, malgré la campagne, les agences de voyages ne contribuent pas suffisamment à l'effort de promotion du tourisme intérieur pour les nationaux. A leur passif, des commissions très élevées sur les ventes locales. Les prix pratiqués étant les mêmes que ceux appliqués à la clientèle étrangère, alors qu'elles devraient proposer des tarifs préférentiels pour les nationaux. Ce facteur prix reste déterminant, même si le budget vacances intérieures comporte moins de surprises. Reste que pour les hôteliers, le touriste marocain a généralement la réputation d'un client difficile à satisfaire. 

A l'AG de la FNAVM

La profession réclame une restructuration du secteur

"A quelque chose mal heur est bon". La crise du tourisme que traverse le Maroc a fait prendre conscience à la Fédération Nationale des Agences de Voyages du Maroc (FNAVM) de la nécessité de sensibiliser la clientèle étrangère sur les richesses du pays et son image authentique. Lors de son assemblée générale du 24 juillet, l'association a rappelé qu'il fallait "vendre le Maroc tel qu'il est, mais par contre qu'il était impératif d 'améliorer le service et l'accueil". Le Maroc présente des particularités à valoriser, grâce à ses atouts qui sont "la proximité, la sensorialité, la modernité et la garantie de sécurité". De plus, les difficultés politiques que connaissent certains pays concurrents tels que l'Egypte et la Grèce constituent une"aubaine"qu'il s'agit d'exploiter, souligne la Fédération.

Pour cela, elle réclame aux autorités de tutelle la mise en place d'une campagne promotionnelle et de publicité plus agressive.

Pour redorer l'image touristique du pays, des budgets plus conséquents devraient être consacrés aux marchés porteurs notamment européens. En ce qui concerne le marché local, la Fédération indique qu'il n'est pas exploitable dans l'immédiat. Compte tenu de la mentalité, les nationaux refusent encore de passer par les agences de voyages.

D'une manière globale, elle insiste sur le fait qu'une campagne de promotion touristique seule ne suffit plus. Une action doit être menée afin d ' éliminer les goulots d'étranglement. Ces derniers altèrent l'image de marque du produit marocain et limitent le taux de retour.

Ces handicaps sont de plu sieurs ordres, entre autres la mauvaise qualité de l'accueil, la défectuosité des infrastructures (transports, hébergement, animation) et le manque de compétitivité.

La Fédération demande aux pouvoirs publics d'adapter les textes législatifs et réglementaires aux nouvelles normes internationales du tourisme.

D'autre part, le redresse ment du secteur des agences de voyages nécessite un réel plan d'assainissement.

En effet, I ' accroissement du nombre d'agences s'est fait sans commune mesure avec la progression des flux touristiques.

De plus, cette augmentation n'est pas qualitative en raison du manque de compétence des nouveaux venus. Une régulation de l'activité est nécessaire, estime la Fédération.

Les participants se sont accordés sur le principe que le tourisme est devenu une véritable industrie exigeant professionnalisme et technicité.

F.M.

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