×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Tourisme : Les agents de voyages abordent le marché américain

    Par L'Economiste | Edition N°:154 Le 17/11/1994 | Partager

    Des opérateurs privés du tourisme marocain, accompagnés par le ministre, M. Serge Berdugo, et par des cadres de l'ONMT, réunis à bord du car-ferry "Le Marrakech" pour une croisière incentive, sont allés à le rencontre des tours operators et agents de voyages américains de l'ASTA qui tenaient à Lisbonne leur 64ème congrès du 8 au 12 novembre 1994.

    Uue averse diluvienne propre à décourager toute velléité touristique, un accueil inexistant à l'embarquement de la part de l'organisation, puis une nuit de houle fort incommodante: voilà bien de quoi renforcer la mauvaise humeur dans un secteur déjà souvent sujet à la morosité... Une vingtaine d'agents de voyage et une demi-douzaine d'hôteliers (1) seulement avaient répondu à l'invitation de l'ONMT en embarquant à bord du car-ferry "Le Marrakech", destiné à servir de vitrine prestigieuse du Maroc et de lieu de rencontre entre professionnels américains et marocains au moment où se tenait dans la capitale portugaise le 64ème congrès de l'ASTA, l'incontournable association des agents de voyages américains, forte de plus de 7.000 membres.

    M. Berdugo: "Nouvel esprit..."

    - C'est donc un navire au minimum de sa capacité de remplissage, avec quelque soixante-dix passagers dont près de la moitié de cadres de l'Office et de membres du cabinet du ministre, qui vint accoster au quai de l'Alcantara à quelques centaines de mètres du Palais des Congrès de Lisbonne.

    Conférence de presse du ministre du Tourisme au bar "Al Mamounia": M. Serge Berdugo réitère la volonté de contribuer à bâtir un nouvel état d'esprit pour le secteur. "Il faut redonner envie de travailler. Aujourd'hui, nous sommes prêts. Sur chaque point, il existe un diagnostic et il existe une solution". Avec les professionnels, "le courant passe très bien, mais ils sont anxieux...". Le ministre confie les réflexions glanées auprès de décideurs américains dont beaucoup découvraient le pays: "vous êtes une des plus belles destinations du monde, lui ont-ils dit, mais on ne vous connaît pas! Ensemble, poursuit-il, nous devrons lancer le produit Maroc au Etats-Unis en faisant comprendre aux professionnels que le Maroc est un pays ami, exotique et sûr". M. Berdugo se dit, en outre, convaincu qu'un des axes futurs du tourisme américain sera un tourisme culturel et religieux vers le Moyen-Orient, Israël et la Palestine et que "cet axe passera par Casablanca...".

    Lancer le produit Maroc, dans une synergie d'actions commerciales et de relations publiques menées de front par les opérateurs institutionnels et privés du secteur, tel est donc l'objectif de la présence marocaine au congrès de l'ASTA, avec un stand de 90 m2 sur le lieu de la convention.

    Caution européenne

    Déjà les premiers congressistes franchissent la passerelle. Ils seront près de huit cents en deux jours à se presser à bord. Phyllis et Justine, de Sarasota, s'initient à quelques mots d'arabe. Qu'évoquent pour elles de Maroc et ses habitants? "J'imagine des hommes en djellaba, des rues noires de monde".

    Pour la seconde, le type métis: "Je crois que je leur ressemble, non?". Sherill, plantureuse blonde du Connecticut, dont le compagnon enfourne des cornes de gazelles avec voracité, rêve: "kasbas, bazaar and shopping!".

    Victoria and Bob de Pittsburg ont des problèmes de géographie: "Où êtes-vous exactement par rapport à l'Afrique, Ah! Juste sous l'Espagne, on voyait ça plus Middle East...". Pamela, du Maine, se demande si "c'est bien le même contient que l'Egypte,".

    "Il y a trois grands mythes que nous devons faire tomber, affirme M. Mohamed Tazi, directeur de la délégation américaine de l'ONMT, d'abord la notion de distance, puis celle que le Maroc est situé quelque part au Moyen-Orient, enfin, l'idée que c'est un désert". Pour répondre de manière directe à ce tissu d'idées préconçues, une campagne de communication est lancée, insistant sur la notion de proximité (390 mn seulement entre New York et Casablanca, soit moins que pour la plupart des capitales européennes) et enrichie de visuels mettant en valeur la diversité géographique, la douceur du climat et la richesse de la végétation. Jouant sur la caution qu'apporte au produit Maroc l'engouement des Européens pour notre pays, un mailing destiné à la presse professionnelle a choisi l'accroche suivante: "Pendant que vos clients se rendent en Europe, devinez où vont deux millions d'Européens?"

    "Nous avons pu déstéréotyper le produit Maroc, ajoute M. Rachid Berrada, responsable de Tourisport et spécialisé dans le tourisme de montagne, le sortir du cliché mer et désert...". Pour le directeur d'Alizés Travel, formé aux Etats-Unis, "le feed-back des Américains a été excellent, une attitude qui prouve leur curiosité pour notre culture. Jusqu'à présent, ils allaient chercher le dépaysement dans des pays comme l'Egypte, une destination qui les effraie aujourd'hui. C'est le moment pour nous de prendre le relais!".

    Tous connaissent le souci d'exigence de la clientèle américaine. "Déjà ici, explique M. Hamid Drafat, dirigeant de Captour, ils veulent aller au fond des choses, tout vérifier, ils ont peur de trouver sur place autre chose que ce qu'ils voient sur les cartes postales". "Nous repartons avec beaucoup de cartes de visite, mais tout reste à faire", commente M. Mounir Benyahya, responsable marketing de Supratours.

    "Dans ce métier, ajoute M. Jawad Bennani, chargé des relations publiques de Comanav Voyages, on investit pour demain". "Le Marrakech a joué parfaitement son rôle d'outil promotionnel, conclut M. Kamal Belghmi, directeur d'exploitation de la chaîne Salam.

    Denis GERMAIN

    (1) La participation coûterait 30.000 DH par entreprise, soit 2 personnes participantes et un stand. L'exposition n'ayant pu se tenir, un remboursement de 10.000 DH devait être fait.

    USA: Un marché de 50 millions de touristes

    Le marché américain du voyage, c'est un potentiel de près d'environ 50 millions de touristes, dont 21 millions voyagent dans la zone Amérique du Nord (USA, Canada, Mexique) et 9 millions vers les Caraïbes toutes proches. 20% seulement des voyageurs américains partent "overseas" (outre-mer) en direction de l'Europe pour 7,5 millions (en augmentation de 20%), de l'Asie pour 3 millions et vers le reste du monde -auquel appartient le Maroc- pour les 9 millions restants.

    19 millions de nouveaux passeports ont été émis en 1994 et le marché global du tourisme US est appelé à augmenter de près de 20% dans les 5 prochaines années.

    Le tissu des professionnels du voyage aux Etats-Unis est un des plus compliqués qui soient, avec près de 45.000 agences de voyages souvent spécialisées ou attachées à une zone géographique précise, ainsi que 1.600 tours opérators.

    En 1993, le Maroc a reçu la visite de 91.055 touristes américains pour 204.151 nuitées (dont 53.000 à Marrakech), une année record depuis 1987. En 1994, les arrivées sont en régression d'environ 7,9% avec 64.808 visiteurs (sur les 9 premiers mois) pour 132.566 nuitées, un chiffre en légère hausse. Notons l'importance des arrivés par voie maritime: 63.000 en 1993, pour 22.000 par voie aérienne et 5.000 par la route.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc