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Tourisme : Comment Jet Tours s'adapte aux mutations du marché

Par L'Economiste | Edition N°:222 Le 21/03/1996 | Partager

L'antenne marocaine de la filiale tourisme d'Air France préconise le partenariat avec les hôteliers pour coller au changement du marché des vacances. A la veille de la haute saison, Jet Tours relève une amorce de reprise d'activité.


La dernière campagne touristique correcte sur le marché français a été réalisée en 1993. L'affirmation est de M. Pascal Roussey-Simon, délégué général de l'antenne marocaine de Jet Tours, la filiale tourisme d'Air France. Tous les TO français opérant sur le Maroc étaient en recul l'année dernière, même le leader Fram tablait sur une baisse de 15% de sa clientèle. Mais des signes de reprise, ou plutôt de retour à la normale, apparaissent depuis janvier 1996, après un début de saison d'hiver catastrophique, précise le délégué de Jet Tours qui confirme le retour de la relance sur l'ensemble des destinations exploitées par le groupe français. Cela ne suffit pas pourtant à entamer sa prudence: "il faut attendre les chiffres du remplissage des hôtels pendant la basse saison (mai et juin) à Marrakech", principale porte d'entrée des touristes français au Maroc, "pour se prononcer".
Selon M. Roussey, en dépit de deux années difficiles sur le marché, le Maroc reste l'un des produits-phares moyen-courrier du groupe au même titre que les autres pays du Bassin méditerranéen. Présent au Maroc depuis 25 ans, Jet Tours y draine entre 30.000 et 50.000 touristes à partir de l'Hexagone selon les années. Mais en 1995, le portefeuille du TO français plafonnait à 35.000 touristes.

Finies les réservations à l'avance

Jet Tours gère également le club Palmariva à Marrakech et la Kasbah à Agadir, deux établissements adaptés surtout à une clientèle familiale qui se déplace en période de vacances scolaires. La filiale d'Air France se place en position de challenger du voyagiste toulousain Fram sur la destination marocaine. Ce dernier occupe la pôle-position avec un portefeuille de 60.000 touristes en moyenne annuelle.
Le marché des vacances est très volatile en ce moment, assure le délégué général de Jet Tours. A ce phénomène se superpose un autre désormais connu des opérateurs touristiques: les "last minutes", dites encore "v.d.m." ou ventes de dernière minute qui déstabilisent le marché. Le client a perdu le réflexe de réservation à l'avance, et retarde au maximum sa décision pour profiter des soldes de dernière minute. La baisse du prix du voyage en avion engendrée par la déréglementation aérienne a bien entendu amplifié ce phénomène en mettant en concurrence frontale les moyens et longs courriers. Il n'existe quasiment plus de lien entre le prix du billet et le nombre de kilomètres. "Il n'est pas rare de voir un client arriver à l'aéroport valise en main et demander les destinations sur lesquelles il pourrait se diriger. Bien entendu, cela complique davantage les choses et rend fragile tout effort de prévision", confie M. Roussey. Malgré tout, les TO ont appris à gérer ce changement de comportement du consommateur, dont ils sont en partie géniteurs à cause de la surenchère tarifaire à laquelle ils se livrent. La voie du salut face à ce phénomène passe par un renforcement du partenariat entre voyagistes et hôteliers, plaide le délégué général de Jet Tours au Maroc. Contraints de coller au marché, hôteliers et tours opérateurs essaient de s'adapter en anticipant les basses saisons dans le contrat, grâce entre autres à une réduction des délais de rétrocession des chambres.

Pour les hôteliers, les ventes de dernière minute se répercutent évidemment sur la tarification de la nuitée. "L'effet pervers", souligne M. Roussey, "c'est qu'un hôtel trop bon marché aura du mal à nourrir correctement ses clients".
De même, affirme le responsable de Jet Tours, Marrakech accuse le contrecoup de tout phénomène de mode. Si par le passé il était à la mode de passer son réveillon à Marrakech, aujourd'hui l'effet joue incontestablement en faveur des destinations lointaines telles que les Antilles, explique-t-il. Dans la ville rouge, beaucoup d'hôteliers ne savent plus depuis quelques années distinguer la haute de la basse saison, tant la clientèle s'y fait rare. La situation est passée de la pénurie de chambres à celle de surcapacité de l'offre.
Atteints peut-être de myopie marketing, quelques hôteliers de la ville continuent, contre toute logique, à inclure le fameux supplément obligatoire dans le package Réveillon alors qu'il servait à réguler la demande pendant les surbookings. "Aujourd'hui, le niveau de la demande ne justifie plus ce supplément ", confie M. Roussey.
Plus globalement, et prenant le contrepied d'une frange de la profession, le délégué de Jet Tours estime que le Maroc reste compétitif sur le marché des séjours. Auprès du réseau de distribution des voyages en France, la destination marocaine est perçue comme un produit de moyenne gamme. Compte tenu de ce fait , la zone des prix dans laquelle évolue le Maroc me paraît compétitive". Mais sur le segment économique, et par rapport à la concurrence de certains pays méditerranéens (Turquie et Tunisie), le différentiel des prix peut atteindre jusqu'à 30%.

Abashi SHAMABA.

Les atouts du Maroc, mais...

Le Maroc présente l'avantage d'être vendable 12 mois sur 12, indépendamment de la saison. Tout type de client y trouve son compte: le randonneur, l'avide de culture, le sportif, etc... Vieux le produit marocain? Tout est relatif, explique le délégué du voyagiste français qui renchérit: "les Pyramides d'Egypte existent depuis des siècles et continuent à attirer toujours autant de curieux". Mais, manifestement, être beau et riche ne suffit pas. La commercialisation doit se montrer très agressive, de même que la promotion dans les pays émetteurs. Cette diversité de l'offre complique le choix des thèmes à exploiter dans la communication. Pour autant, conclut M. Roussey, on n'a pas à se plaindre d'être riche.

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