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    Toro et l'OFEC cherchent un compromis

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    En dépit du rebondissement de l'audience de mercredi, un troisième renvoi a été décidé pour le lundi 27 novembre. Cette trêve permettra aux deux parties de trouver une solution de compromis.


    Le conflit qui oppose l'Office des Foires et Expositions de Casablanca (OFEC) à l'agence de publicité Toro concernant l'organisation des Salons professionnels n'a pas fini de rebondir.
    A l'audience du mercredi matin, à la salle 2 du Tribunal de Première Instance de Casablanca, l'affaire a connu un nouveau rebondissement après deux renvois. Alors que Me Rifky, l'avocat de l'OFEC, présentait une demande de renvoi de 10 jours pour permettre aux deux parties en présence dans ce conflit de parvenir à une solution de compromis, la défense de l'agence Toro, assurée par Me Mohamed Berrada, déclare n'être pas au courant de cette tentative de conciliation.
    Avec son éloquence habituelle, il explique que dans le cas d'un report de10 jours le caractère d'urgence de la requête disparaît puisque l'exposition objet du litige aura fermé ses portes (16 au 19 novembre). L'avocat s'interroge sur la nature de la requête de la prochaine audience. Cette intervention a visiblement pris de court Me Rifky qui a réclamé l'annulation de la demande de renvoi et se dit disposé à plaider. Le juge s'est donné l'après-midi pour trancher. Prochaine audience: 27 novembre.

    Une trêve pour s'entendre.


    Selon M. Barbach, directeur général de l'OFEC, une réunion a eu lieu lundi 13 novembre à 13 heures dans le bureau de M. Slimani, président de la Communauté Urbaine de Casablanca, entre l'agence Toro, représentée par M. Rachid Lazrak, et lui-même. L'objet de cette rencontre: "demander le report du procès pour réfléchir sereinement à une solution dans l'intérêt du pays et de son image à l'extérieur du fait de la présence d'exposants étrangers à Exiflor 95". Par la même occasion, cette trêve permettrait le déroulement normal de la sixième édition d'Exiflor. M. Barbach affirme que l'agence Toro est intervenue auprès de M. Jettou, ministre du Commerce, de l'Industrie et l'Artisanat, son ministre de tutelle, afin de pousser vers cette direction.
    Pour en arriver là, l'OFEC a déposé une requête en référé devant le Tribunal de Première Instance à l'encontre de l'agence Toro dans le but de lui interdire l'organisation d'Exiflor 95 en vertu de l'article 2 du Dahir du 9 septembre 1977 qui confère à l'OFEC "l'exclusivité de l'organisation, de la gestion et de la liquidation de toute foire ou exposition générale ou spécialisée, tant internationale que régionale ou locale, tenue à Casablanca". Cette requête demande au tribunal "de statuer en urgence contre l'agence de communication Toro et le concerné, d'arrêter et d'interdire la tenue des deux expositions qui devraient se tenir successivement les 2 et 16 novembre 1995 sous "la tente plastique", sise Boulevard de l'Atlantique à Casablanca".

    L'espace Toro visé


    Bien que cette action en justice ait pris pour première cible l'exposition de floriculture, elle vise à atteindre en réalité "l'Espace Toro", présenté comme un concurrent direct de l'OFEC, même si ses promoteurs s'interdisent d'employer le terme et préfèrent évoquer la complémentarité des deux sites. D'ailleurs, "l'interdiction d'organiser des Salons professionnels dans cet espace est pour M. Barbach une condition sine qua non d'une éventuelle entente".
    Inaugurée la semaine dernière, la structure gonflable, baptisée "Espace Toro", est destinée à accueillir les Salons, les séminaires, les congrès, les concerts... et son véritable coup d'envoi sera donné par Exiflor 95.
    La nouvelle structure gonflable, d'une superficie de 6.000 mètres carrés, sans poutre ni structure métallique, est munie de techniques de communications qualifiées de modernes. Son implantation à Casablanca représente une concurrence directe à l'OFEC, qui craint de voir, à terme, sa clientèle traditionnelle lui tourner le dos.

    Absence de coordination


    Au-delà de ce conflit entre l'OFEC et l'agence Toro se pose la problématique de la modernisation et du développement économique du pays. Les discours sont loin des réalités à la veille de la signature de l'accord d'association avec l'instauration de la zone de libre-échange. La coordination entre certains départements de l'Etat souffre d'un manque visible. A ce titre, le Ministère du Tourisme, par le biais de sa Direction des Aménagements et des Investissements, a donné le 14 novembre 1994 l'autorisation à l'agence Toro de réaliser "un palais des congrès et d'expositions" en lui accordant les mesures d'encouragement aux investissements touristiques avec une avance de l'Etat de 3,7 millions de DH, somme que l'agence n'a pas encore encaissée. Aujourd'hui, l'OFEC, un établissement public, l'assigne en référé.
    Dans cette affaire, OFEC fait valoir le droit et la jurisprudence. Un précédent l'avait déjà opposé il y a deux ans à une agence française qui cherchait à mettre sur pied "Informer", un Salon étudiants à Casablanca. Une plainte a été déposée contre "Crayon rouge", nom de l'agence, et l'OFEC a eu gain de cause puisque le Salon n'a pas eu lieu, affirme M. Barbach.
    De son côté, l'agence Toro avance une liste de Salons professionnels, Vetma, le salon de l'immobilier, de l'architecture... manifestations tenues en dehors de l'OFEC sans qu'elles ne soient inquiétées.

    Mohamed CHAOUI.


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