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Textile : "Une main-d'oeuvre à bon marché? Cela n'a plus de sens"

Par L'Economiste | Edition N°:153 Le 10/11/1994 | Partager

M. Driss Jettou, ministre du Commerce et de l'Industrie, ne cache pas son optimisme quant au futur de l'industrie du textile et de l'habillement. Mais les véritables défis ne pourront être relevés que grâce à la formation et à un bon encadrement des hommes. Les prochaines mesures gouvernementales viendront encourager le secteur. La contrebande et la contrefaçon sont désormais prises au sérieux.

- L'Economiste: Quelles sont vos appréciations de cette nouvelle édition du salon VETMA ?

- M. Driss Jettou: Elle dégage un vent d'optimisme étant marquée par l'esprit d'initiative, l'adaptation de la production au goût du marché, la diversification des produits et des marchés. Alors que dans l'édition précédente je n'entendais parler que de la France, j'ai constaté avec plaisir dans cette édition que les exposants, avec des plans de charge bien fournis, exportent notamment vers la Grande-Bretagne. l'Allemagne, l'Espagne, certains même aux Etats-Unis et d'autres vers le Japon. Par ailleurs, le vêtement-femme, qui était quelque peu négligé par le passé, est aujourd'hui bien représenté. L'élément le plus remarquable est l'effort de création.

- Quelles pourraient être les nouvelles mesures à prendre pour mieux encourager le secteur?

- La balle est dans le camp des industriels. Ils doivent persévérer dans l'effort de diversification des produits et des marchés. Une attention particulière doit être accordée à la qualité et à la productivité. Elles sont sous-tendues par la formation du personnel et un encadrement de haut niveau. Du côté des pouvoirs publics, des mesures ont déjà été prises dans le cadre de la Loi de Finances 1994, à savoir l'amortissement dégressif (près de 40% du montant de l'investissement dès la première année), une baisse importante du taux d'intérêt (de 4 points en une année), une diminution de la TVA sur intérêts, passée de 14 à 7%, sans oublier la baisse de la TVA sur le leasing de 19 à 7%,0 de l'IS et de l'IGR. Toutes ces mesures étaient destinées à favoriser l'investissement, la modernisation de l'équipement, une constante remise à niveau des entreprises. Maintenant, le projet de Loi de Finances 1995 prévoit de nouvelles dispositions visant à promouvoir les exportations, à inciter à l'investissement et à supprimer les tracasseries administratives. Mais je préfère ne pas en parler prématurément.

- Certains trouvent les coûts de production élevés, notamment l'électricité et même la main-d'oeuvre. Qu'en pensez-vous ?

- Il est erroné de croire que les coûts de l'énergie vont pouvoir diminuer, car nos besoins en pétrole sont dépendants de l'importation. Nous avons vécu des problèmes électriques, mais ils sont en train de se résoudre et j'espère que le prix pourra baisser. Concernant le facteur de production, remarquons que l'objectif "main-d'oeuvre bon marché" est dénué de sens. Aujourd'hui sont recherchées la performance et la productivité de cette ressource. A titre d'exemple, les industriels de la Corée du Sud, qui paient des salaires autrement plus élevés que les nôtres, sont en même temps plus compétitifs. Leur politique nationale des ressources humaines, privilégiant la formation en agissant particulièrement sur l'enseignement de base, leur garantit des rendements plus intéressants.

- Pensez-vous que le secteur du textile et de l'habillement ait atteint un niveau de productivité satisfaisant?

- Quoiqu'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine, certaines entreprises ont pris à coeur cette exigence en développant la formation continue de leur personnel et en lui assurant un encadrement de bon niveau. Il s'agit, de manière générale, des entreprises exportatrices. Celles-ci, confrontées au marché mondial, sont obligées d'améliorer leur productivité pour arriver à des prix compétitifs. D'autre part, grâce aux voyages, à la visite d'usines étrangères, ces entrepreneurs sont amenés à se comparer aux autres. Il est à noter que le Maroc évolue dans ce domaine. Il faut, à ce titre, reconnaître l'excellent travail de l'OFPPT qui gère des centres de formation en collaboration avec les associations professionnelles, dans notre cas d'espèce, l'AMITH.

- Quel avantage procure l'ouverture des importations?

- Le Maroc est entré dans un cycle d'ouverture, les importations sont libres. Malgré cela est maintenue une certaine protection accompagnée de prix planchers élevés. Ceux-ci nous causent d'ailleurs le préjudice de générer la contrebande et de pénaliser les importations légales. Le gouvernement est décidé à engager une meilleure surveillance des frontières ainsi qu'une meilleure protection tarifaire et douanière. Un peu plus de 500 articles non produits localement ont été listés (électronique, outillage, pièces de rechange....). Concernant les produits du textile, nous avons l'intention, en concertation avec les associations professionnelles, d'examiner la possibilité de toucher aux prix planchers, de manière à ce que, tout en assurant une protection raisonnable, nous puissions limiter les circuits parallèles et la contrebande.

- Comment doit s'organiser le secteur pour faire face à l'émergence des grands marchés et à la concurrence asiatique sur ces derniers?

- Le Maroc doit avoir des unités performantes et ne rien craindre de personne. Le Marocain n'est pas plus bête que l'Asiatique ni que n'importe quel homme sur terre. Nous avons notamment plus d'atouts sur nos marchés de proximité qui sont nos marchés naturels. Nous ne pourrons relever ces défis, je le répète, que grâce à la formation et à l'encadrement de nos hommes. J'ai pu connaître lors de ce salon des entreprises qui réalisent des commandes importantes en volume, qui fournissent des chaînes de magasins de taille internationale. Mais la PME performante est l'entreprise d'avenir, car sa flexibilité lui permet de s'adapter rapidement aux besoins des marchés.

- Quel est l'avenir de la sous-traitance?

- La sous-traitance est une phase nécessaire avant d'arriver au produit fini. Elle a été mieux franchie dans la branche de la bonneterie. Dans le cas de nombreuses entreprises elle reste une composante de la production. Mais prenons en compte le fait que la sous-traitance pure dans ce secteur nous rapporte 2 milliards DH.

- Des propriétaires de marques se plaignent que le Maroc ne consente aucun effort pour éradiquer les contrefaçons. Le Maroc va-t-il continuer à laisser se développer ce genre de production?

- Le Maroc est un pays de lois et n'a aucun intérêt à entretenir une industrie qui nuit à son image de marque. En outre les accords du GATT ont été très clairs dans ce sens, et ce qui est encore toléré ne le sera plus pour très longtemps. Nous prenons ce problème au sérieux et envisageons des mesures concrètes pour éliminer totalement ce phénomène, ce qui d'ailleurs développera au mieux nos exportations. En outre, le paiement de royalties étant aujourd'hui autorisé par l'Office des Changes, nous encourageons les Marocains intéressés par une marque à recourir au système de licence.

Propos recueillis par Bouchra LAHBABI

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