×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Textile : Le denim prépare la conquête de nouveaux marchés

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    Le marché mondial du jean connaît une croissance soutenue. Au Maroc, il représente une industrie à fort potentiel. Il peut également avoir des répercussions positives sur l'agriculture en incitant les investisseurs internationaux à développer la culture du coton au Maroc. Le groupe espagnol Tavex s'y emploie.


    «LA compétitivité des entreprises sud-asiatiques n'est pas due à la main-d'oeuvre mais à la disponibilité du coton, la matière première de l'industrie du denim», a affirmé M. Enrique Garran, président du Grupo Tavex espagnol, spécialisé dans la fabrication du tissu de jean's denim. C'est pourquoi le groupe essaie d'intéresser des investisseurs étrangers, notamment américains, pour développer la culture du coton au Maroc. Actuellement, Settavex, filiale de Grupo Tavex au Maroc, s'approvisionne en Syrie, en Angleterre et en Russie, notamment. Quant au coton cultivé au Maroc, il n'est pas adapté aux besoins de la production car il a des fibres longues. Le président du groupe espagnol a souligné la disponibilité des autorités marocaines pour promouvoir la culture du coton en facilitant des investissements étrangers. D'ailleurs, parmi les invités de Tavex au symposium international du denim qui s'est déroulé à Marrakech le 14 décembre (Cf L'Economiste du 12 décembre), il y avait des professionnels de la culture du coton.
    La production sur place de la matière première permettrait ainsi d'augmenter la valeur ajoutée locale et de fournir les deux autres usines espagnoles du groupe.

    Intégration maximale


    Par ailleurs, le coton étant un produit cyclique, son prix connaît des fluctuations fréquentes «non seulement à cause de l'offre et de la demande, mais surtout parce qu'il fait l'objet d'une intense spéculation», a souligné M. Garran. En 1995, le secteur a connu la plus grande pénurie de coton depuis la guerre civile américaine. Et ce n'est pas l'attitude de l'Inde, gros producteur, qui arrange les choses: «en cas de pénurie, ce pays limite ses exportations, privilégiant ainsi les producteurs locaux».
    L'autre volet de la stratégie de Tavex pour sa filiale marocaine repose sur la propension de la confection européenne à se délocaliser «vers les pays à faible coût salarial». Le symposium est à cet égard une opération d'information à l'adresse des Européens. «Nous devons leur montrer qu'ils auront à leur portée une matière première de très bonne qualité, ce qui leur assurera un approvisionnement régulier», souligne M. Garran.

    En réalisant cette opération de promotion internationale, le groupe Tavex compte répondre à des besoins d'une stratégie à long terme. L'usine Settavex de Settat serait, selon cette stratégie, le centre d'une activité intégrée. A l'amont, la culture du coton qui peut alimenter également les deux autres usines de Tavex en Espagne. En aval, les industries de confection de vêtements en jean's. Entre les deux, les activités de Settavex (filature, préparation, teinture, tissage, finissage et révision). De la sorte, le président de Tavex compte contourner la concurrence des pays asiatiques dont l'agressivité «menace de disparition la clientèle traditionnelle de Tavex». En plus de la disponibilité de la matière première, le groupe espagnol compte profiter de la proximité du Maroc pour améliorer ses performances. «Cette proximité physique, jointe à la facilité de communication, favorise la rapidité de service, sachant que le facteur temps est aujourd'hui un élément déterminant dans la compétitivité», est-il précisé auprès de Settavex.

    Le denim représente 30% des pièces confectionnées dans le monde. Les prévisions situent sa consommation à 3 milliards de mètres linéaires en l'an 2000, contre 2,3 milliards actuellement. La répartition régionale de cette consommation donne la première place à l'Amérique du Nord avec 815 millions de mètres, soit 35% de la consommation totale. L'Asie vient en deuxième position avec 524 millions de mètres et 23%. Quant à l'Europe, qui consomme 493 millions de mètres par an, elle est à la troisième place.
    Les autres régions se répartissent le reste du marché: 10% pour l'Amérique centrale et du Sud, 8% pour l'Afrique, 2% pour le Moyen-Orient et 1% pour l'Australie. Cette hiérarchie du marché a été d'ailleurs respectée dans le choix des invités de Tavex au Symposium de Marrakech.

    Hakim ARIF.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc