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Economie

Textile: La Scim mise à genoux par la grève

Par L'Economiste | Edition N°:1136 Le 02/11/2001 | Partager

. L'entreprise, un des fleurons de l'industrie, est fermée depuis deux mois. Le syndicat se dit prêt à renoncer à de nombreux points pour la réouverture de l'usine Les derniers bastions du textile seraient-ils en train de s'effondrer? Tout porte à le croire lorsque l'on constate les déboires dont est victime actuellement Tom Howard, un investisseur canadien bien connu dans le secteur pour avoir redressé la société Jordache (jean's). La Scim, qui emploie près de 900 personnes et dont le siège se trouve à El Jadida, est en “grève” depuis deux mois. Du côté de l'UGTM, Mohamed Joumail, délégué régional à El Jadida, affirme “que lorsque les ouvriers ont voulu reprendre le travail en septembre après les congés, les portes de l'entreprise étaient fermées”. Le challenge du nouveau propriétaire était d'insuffler un souffle d'énergie et du sang nouveau dans une entreprise qu'il qualifiait de “fonctionnariste”, mais le chemin était semé d'embûches. En 1998, lorsqu'il reprend la Scim qui comptait alors 500 employés, Tom Howard double l'effectif. Les commandes étaient nombreuses et le rendement non satisfaisant. L'objectif était de revigorer les anciennes troupes et les pousser à produire plus et mieux. Mais la productivité ne décollait toujours pas. Pour ce faire, un plan de restructuration qui consistait aussi à comprimer le personnel a été mis en branle. Sollicité, le gouverneur d'El Jadida répond favorablement à la demande de licenciement économique. Toutefois, la loi stipule qu'à la manière comptable, le dernier entré est le premier sorti. Alors que là, les personnes visées sont anciennes et certaines d'entre elles font partie des délégués du personnel. Impossible d'y toucher sans licencier trois cent personnes. Cahin-caha, le nouveau propriétaire dit avoir évité les récifs jusqu'à mi-99, date à laquelle le dirham a commencé à se renchérir. “C'est la surévaluation du dirham qui nous a ravagés de la sorte”, indique Tom Howard. En augmentant ses prix, il a perdu des clients comme Levi's, Birdwear et beaucoup d'autres.Etant donné que le travail se raréfiait, il était contraint de mettre certaines de ses équipes au chômage technique. Et lorsqu'il a tenté de passer à l'acte, les employés ont entamé une grève. Celle-ci a duré deux mois, de huit à dix heures du matin.Et pourtant, Tom Howard dit ne pas avoir ménagé ses efforts: les salaires ont été augmentés de 40%, et une batterie de primes accordées (l'aïd, transport, panier, éducation, logement, 13me mois, voyages à la Mecque, crèche dans l'usine...). Des acquis que le syndicaliste interrogé par L'Economiste reconnaîtra. En contrepartie, Tom Howard espérait une productivité plus élevée. “Aujourd'hui, explique-t-il, les ouvrières mettent 58 minutes pour fabriquer un pantalon, alors que preuve à l'appui, il ne nécessite que 14 minutes. Je perds 100.000 DH par jour à cause de cela”. Les velléités subsistent. Selon lui, pour les employés, il n'est pas question de licenciement, ni d'invectives, ni même de mutations dans la société, sinon la rébellion est immédiate. Elle se solde immanquablement par un arrêt de travail. Le rythme continuait de ralentir. Et pour la direction, “ils cherchaient ainsi à se faire licencier pour saisir la justice de manière à demander le maximum d'indemnités, soit près de 150.000 DH”.Initialement, le plan de restructuration de la Scim prévoyait le départ de 150 personnes, puis sous la pression des syndicats, plus que 90. Et aujourd'hui, la direction de l'entreprise veut se défaire de 10 personnes, qu'elle qualifie d'agitatrices. Mais au grand dam de Howard, il s'agit de représentants du personnel. Selon lui, “c'est le noyau dur encouragé par le syndicat, qui empêche l'usine de tourner”. Aujourd'hui à l'extérieur des locaux, les disputes dégénèrent entre les personnes qui veulent reprendre le travail et celles qui y sont opposées. “Un homme vient de se faire battre, mordre et griffer par cinq femmes, parce qu'il tentait de récolter les noms des personnes qui voulaient reprendre le travail”, indique la direction générale. Il s'agit des personnes inscrites sur la liste rouge. Chose que le syndicat ne dément pas. Pour que l'usine rouvre, Mohamed Joumail dit que le personnel est prêt, “si le patron prouve les difficultés économiques de l'entreprise, à travailler 8 heures par jour pour la moitié du salaire ou à faire 4 heures supplémentaires gratuites. Le personnel est également prêt à laisser le plan de restructuration suivre son cours même s'il s'agit de 600 personnes, pourvu que cela s'effectue dans la légalité. Le syndicaliste annonce que les “représentantes du personnel” renonceraient à leur titre pour réintégrer l'usine et que “le syndicat se tiendrait à l'écart de l'entreprise tant qu'elle n'a pas repris son rythme de croisière”.


Motivations

Excédé, Tom Howard, directeur général de la Scim, se dit prêt à sacrifier plus de trois cents emplois pour obtenir le calme dans l'entreprise. Surtout qu'après avoir investi 30 millions de DH, Tom Howard n'a connu qu'une année de répit “pendant laquelle j'ai dû plier aux exigences du syndicat et des employés, plusieurs fois, pour éviter les grèves”. Le syndicat et les agitateurs, à son sens, ont voulu se substituer à l'autorité dans l'entreprise. “A aujourd'hui, j'ignore encore quelles sont leurs véritables motivations ainsi que leurs revendications”, souligne Tom Howard. Radia LAHLOU

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