×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Textile-habillement : Icomail veut délocaliser en Chine

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager

    Le marché européen se tarit pour la sous-traitance et le produit fini de la confection. Car la concurrence est plus dure avec le GATT. Icomail lorgne vers la Chine pour produire et s'installer sur un marché porteur.

    "Avec plus d'un milliard d'habitants, la Chine constitue une véritable aubaine, en terme de marché", affirme M. Mohamed Boudjemâa, directeur général d'Icomail. "De plus, le Japon à lui seul représente près de 18 millions de costumes". Ces deux phrases à elles seules résument les raisons de cet homme d'affaires pour s'implanter en Chine. La finalisation des négociations pour cette implantation doit s'effectuer au mois de juin. Le terrain et les bâtiments existent, il ne reste plus qu'à mettre en place le montage financier. Le coût du projet se situe entre 25 et 40 millions de DH. La capacité de production devrait démarrer à 600 costumes/jour, dont 180 seraient destinés à la consommation locale. La matière première sera importée d'Europe et l'unité emploierait 300 personnes. Dans le cadre de ce projet, des Marocains passeraient en Chine pendant 6 mois pour former le personnel local. Les partenaires chinois choisis pour cette opération sont établis dans le secteur de la distribution. Il s'agit de Chinois de Chine Populaire et de Chinois de Hong-Kong. Le choix de cette délocalisation est stratégique. En effet, "à la différence des Européens qui ont opéré une délocalisation forcée, (afin de reconquérir leurs parts de marché), notre objectif est d'aller sur place pour pouvoir attaquer le marché asiatique dans de meilleures conditions", souligne M. Boudjemâa. Icomail a connu quelques difficultés de gestion ces dernières années dans le sillage de la faillite de Van Gils. Aussi, pour survivre, l'entreprise a dû effectuer une opération de restructuration. Celle ci est presque achevée et il aura fallu près de 3 ans pour solder cette opération. Cela n'a pas empêché Icomail d'envisager l'extension de ses investissements. L'implantation en Chine s'inscrit dans cette optique. Il est attendu la même rentabilité de l'usine chinoise que celle de l'unité marocaine.

    Utiliser leurs "armes"

    La démarche d'Icomail est identique à celle des Européens lorsqu'ils ont décidé de s'implanter au Maroc. "C'est un monde qu'ils ne connaissaient pas, c'est un monde que nous ne connaissons pas", fait remarquer le directeur d'Icomail. Le montage d'une unité en Chine permet de combattre la concurrence sur son propre terrain et d'utiliser les "mêmes armes" pour conquérir le marché du Sud-Est asiatique.

    Les atouts d'une telle délocalisation résident principalement au niveau du coût de la main d'oeuvre locale. Celle-ci est qualifiée d'experte et de peu chère. Ce sont ces critères qui ont poussé les Européens à délocaliser leurs unités vers le Maroc dans les années 70. Toutefois, la contrainte essentielle à laquelle l'investisseur étranger est astreint en Chine est l'obligation de commercialiser 30% de la production sur le marché local "Ce qui fait partie de nos objectifs pour l'heure", souligne M. Boudjemâa. Le reste de la production sera exporté vers le Sud-Est asiatique. "Nous avons la chance d'avoir un produit qui demande énormément de technicité et de savoir-faire. Ce que ne maîtrisent pas les Asiatiques." Ils sont excellents dans le sport-wear, dans la chemise... En revanche, sur le costume et plus précisément sur la veste, le savoir-faire manque. Plus de 60% des costumes vendus sur le marché Sud-Est asiatique proviennent d'Europe. Cette zone constitue un énorme marché en terme de pouvoir d'achat.

    Le secteur du textile marocain a connu un recul de son chiffre d'affaires l'année dernière. Ce recul devrait se poursuivre en 1995. Cette baisse pourrait aboutir à un assainissement du secteur. Aussi les entreprises restantes ont-elles intérêt à élargir leur horizon, à l'image de la stratégie pratiquée par les pays asiatiques. En effet, Taïwan commençant à disposer d'une main-d'oeuvre coûteuse a commencé à délocaliser en Malaisie notamment. L'ouvrier industriel taïwanais a été remplacé par le prestataire de services sans pour autant que l'emploi soit affecté. "Ils ont aussi maintenu leurs carnets de commande et se sont prêtés à un jeu de compensation, en expédiant leurs machines contre des produits finis", indique M. Boudjemâa. Cela leur a permis de se concentrer sur le commerce international.

    Actuellement, cette île est très performante dans ce domaine. Les Taïwanais ont acquis une maîtrise remarquable du commerce international. "Un Taïwanais est capable de vous délivrer des produits fabriqués n'importe où et dans un délai très court", souligne l'homme d'affaires marocain. "Quand, j'envoie un fax à Taïwan, la réponse arrive du client final de New York dans les 24 heures, alors que notre délai le plus court de réactivité est au minimum de 15 jours".

    Fatima MOSSADEQ

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc