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    Economie

    Textile : Finies les années faciles

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


    L'Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement (AMITH) a tenu son assemblée générale ordinaire et extraordinaire jeudi 11 juillet 1996. Les résultats d'une année 1995 difficile.


    L'assemblée générale de l'Amith intervient dans un contexte caractérisé par trois événements fondamentaux rappelés par le président, M. Mohamed Lahlou, dans le rapport moral. Premièrement, l'année 1995 "marque à l'échelle mondiale la fin d'une étape qui a duré 30 années et au cours de laquelle le commerce des textiles et des vêtements était administré". En deuxième lieu, il y a l'accord d'association avec l'UE qui "va accélérer davantage l'ouverture du marché marocain aux entreprises étrangères et mettre à rude épreuve notre industrie". Enfin, 1995 a été marquée par la réforme du cadre réglementaire et législatif qui régit les activités de ce secteur.
    En outre, l'économie mondiale a été caractérisée par un ralentissement de la croissance. Si le PIB mondial a augmenté de 2,6%, la propagation de la croissance n'a pas été uniforme selon les différentes zones économiques, profitant plus aux pays asiatiques qui "restent le principal moteur de la croissance avec des taux situés entre 8 et 11%". Sur le plan national, le contexte a été tout aussi difficile. L'activité économique a accusé un recul de 7,6% par rapport à 1994. S'y ajoutent "la politique économique atone qui manque de stratégies industrielles clairement définies, le recul des investissements étrangers, la baisse des recettes touristiques et des rapatriements des RME". Selon M. Lahlou, le Maroc n'aurait que peu profité de l'embellie enregistrée au niveau du commerce mondial qui s'est traduite par une croissance des échanges de 8% en 1995.

    Malgré ce contexte difficile, marqué en outre par la baisse de la consommation, le flottement des cours des matières premières, l'instabilité des monnaies, les perturbations des relations commerciales entre l'Europe et le Maghreb, l'érosion de la compétitivité des produits du textile marocain et l'agressivité des concurrents, le secteur a affiché une croissance de 3%, portant son chiffre d'affaires à 20,2 milliards de DH. Les exportations se sont élevées à 12,9 milliards de DH avec une progression de 8% par rapport à 1994 et les importations, avec un volume 5,2 milliards de DH, ont augmenté de 19%. Le montant des investissements projetés a atteint quant à lui 2,4 milliards de DH, soit 37% de plus qu'en 1994. Cette croissance a été plus forte dans le tissage (+137%), la confection (+19%) et le finissage (+18%). Enfin, toujours grand employeur, le secteur du textile-habillement compte 172.000 salariés.
    A l'export, des produits ont enregistré des performances remarquables, tels que les couvertures dont les ventes au reste du monde ont augmenté de 99% et les linges de maison (+54%). En revanche, des activités ont reculé de 5 à 20%. Les filatures de fibres synthétiques et artificielles ont baissé de 12%, alors que cette activité était des plus dynamiques.

    Le danger chinois


    Concernant l'habillement, la sous-traitance a réalisé des performances appréciables: un chiffre d'affaires de 4,7 milliards de DH, soit 12% de mieux qu'en 1994, 72% de plus qu'en 1993 et 122% par rapport à 1992. Toutefois, une régression a été relevée au niveau des produits finis et notamment des articles confectionnés qui ont reculé de 4,5%, subissant les effets de la crise sur le marché français et la forte concurrence de pays comme la Turquie, la Pologne, la Tunisie et la Chine. Mais c'est surtout cette dernière qui inquiète le plus: selon des "prévisions réalistes mais non moins alarmantes" de l'Economist Intelligence Unit, ce pays pourra accaparer entre 60 et 70% des marchés à l'export des Etats-Unis et de l'UE. Or c'est justement cette dernière qui représente "le principal marché du textile marocain bien qu'il n'en accapare que 5% contre 12% pour la Turquie, 11% pour la Chine, 8% pour l'Inde, 7% pour Hong-Kong et 6% pour la Tunisie".

    Ainsi, comme l'a signalé le président de l'Amith dans le rapport moral, le Maroc est en perte de compétitivité, confortant ainsi les conclusions de l'Observatoire de la Compétitivité Internationale. Les études de celui-ci ont révélé que la compétitivité du Maroc a régressé entre 1994 et 1995: situé dans la classe des "moyens, tranche supérieure" pour ce qui est du dynamisme macro-économique, il se retrouve en 1995 dans celle des "faibles". En 1995, au regard des sept critères de compétitivité, le Maroc est situé quatre fois dans la classe des "faibles" et trois fois dans la classe des "moyens, tranche inférieure". C'est en fonction de ces données que l'Amith a élaboré l'essentiel de son action en 1995, en adoptant notamment la stratégie des grappes du projet "Maroc compétitif". Elle a également défini quatre initiatives "concrètes et prioritaires" pour le secteur:
    - initiative "Centre Euro-Amith"
    - initiative "Centre de services et formation"
    - initiative "Incitations au développement des sociétés de trading"
    - initiative "Observatoire du textile et habillement".

    Hakim ARIF

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