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Textile: Cherche stratégie pour contrer le rouleau asiatique

Par L'Economiste | Edition N°:1160 Le 07/12/2001 | Partager

. C'est le défi n°1 que doit relever l'Union européenne et bon nombre de pays. A près de 3 dollars de coût horaire de main-d'oeuvre, le Maroc, trop cher, doit se repositionnerQuel avenir pour le secteur textile à travers le monde depuis l'entrée de la Chine dans l'OMC? Rien de vraiment réjouissant, si l'on en croit les propos tenus par Pascal Morand, directeur de l'Institut Français de Mode (IFM). En collaboration avec le Centre Textile et de Conjoncture Economique, l'IFM a pu établir des prévisions de manière à aider à installer les nouveaux jalons de cette industrie.L'enquête dresse le panorama de la concurrence mondiale du textile-habillement et mesure aussi les conséquences du démantèlement de l'Accord Multi-Fibres, pour les regroupements régionaux tels que l'Alena ou l'Union européenne et aujourd'hui l'Asie.Selon Pascal Morand, le textile-habillement prendra une part grandissante dans le développement économique de beaucoup de pays. C'est d'ailleurs un des points essentiels qui ont été discutés au cours du dernier round des négociations, qui s'est déroulé à Doha à Qatar en novembre dernier.L'idéal serait de constituer des groupements régionaux à même de contrer les invasions de toute sorte. Ainsi, la création d'un espace Euromed, plus qu'un souhait devient une obligation. Cela permettrait le développement d'une politique tarifaire commune.Le regroupement a déjà donné ses preuves. Selon l'étude, il ressort que les Etats-Unis s'approvisionnent majoritairement de l'Alena, mais que les pays asiatiques les talonnent de très près. Une remontée boostée par les scores affichés par la Chine, l'Inde, l'Indonésie et le Bangladesh. Quant à l'Union européenne, elle reste très faiblement sollicitée. Il apparaît donc clairement que la Chine et l'Inde tireront leur épingle du jeu dans les années à venir. La première le fera grâce à son intégration dans l'OMC et l'autre grâce à la libéralisation des échanges dont le compte à rebours a déjà commencé. En revanche, l'Alena est en perte de vitesse, elle s'essouffle aujourd'hui. Le Mexique, en crise en raison des importations massives en provenance de Chine, est boosté par l'expansion des Caraïbes. L'Alena souffrira aussi car elle est protégée par sa politique tarifaire et son système préférentiel généralisé. Les distributeurs au niveau européen anticipent déjà cette donnée. “Aujourd'hui, ils bataillent pour s'associer les services des producteurs chinois les plus pertinents”, indique Pascal Morand. Ce qui va inéluctablement conduire à une concentration des approvisionnements, ajoute-t-il. Tout le sourcing sera dirigé vers la Chine. Et ce sont les plus petits pays asiatiques qui vont y laisser leurs plumes, mais ils ne l'ont pas encore compris. Pour l'instant, le danger n'est pas immédiat mais à moyen terme, le basculement vers l'Asie de la production mondiale va exacerber la concurrence, surtout que les délais d'approvisionnement vont être également réduits. Sans véritable impact, l'abaissement des droits de douane pour l'Inde et la Chine permettra néanmoins de détecter de nouveaux potentiels de marché.Face à ce charivari, le Maroc fait office de petit poucet. Il vit également une crise d'adaptation et de méthodologie. Surtout que, plus le temps passe, moins le Royaume s'inscrit dans une logique de coût-minute. Selon l'enquête de l'IFM, en matière de coûts horaires de main-d'oeuvre, le Maroc, qui culmine à près de 3 dollars, est beaucoup plus cher que la Chine, l'Inde, l'Indonésie, la Corée ou le Pakistan, qui eux n'atteignent pas le dollar. Au niveau des opérateurs marocains, un comité de réflexion stratégique s'est réuni pour trouver des exutoires. Il en est ressorti dans les grandes lignes que le secteur textile au Maroc doit remonter en gamme et se tourner de plus en plus vers la valeur ajoutée. Les centrales et chaînes de magasins ne veulent plus gérer l'approvisionnement en matières premières. Elles veulent du produit fini.Et cela implique que le Maroc doit pouvoir offrir des collections, du style et des produits personnalisés. Il est tout aussi fondamental d'organiser les entreprises en structures rapides et flexibles capables d'opérer la mutation. On ne peut pas construire du nouveau avec des modèles désuets. Sus aux stratégies de formation et au final aux effectifs polyvalents et lettrés. C'est seulement grâce à ces efforts que le Maroc pourra sortir de l'étau de la grande distribution.Pour clore son exposé, Pascal Morand mettra l'accent sur la nécessité de l'intégration régionale. Un mémorandum proposant d'aménager des conditions tarifaires favorables a été élaboré par les Etats-Unis pour le Pakistan. A ce ryhtme-là, les exportations de ce pays pourraient atteindre 50 milliards de dollars en 10 ans, “pourquoi pas un lobby méditerranéen pour le contrer?” Radia LAHLOU

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