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    International

    Terrorisme: L’Europe fait le ménage
    De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz BEN MARZOUQ

    Par L'Economiste | Edition N°:2122 Le 04/10/2005 | Partager

    . La Commission veut prévenir les facteurs qui préparent à la radicalisation. Musulmans et Maghrébins sont implicitement visésDEPUIS les attentats de Madrid en mars 2004 et de Londres en juillet 2005, le thème de la lutte contre le terrorisme occupe le devant de la scène au niveau européen. Plans d’action, communications et autres initiatives concrètes se multiplient pour témoigner de la détermination de l’UE à agir sur ce front. Dans sa première contribution à l’élaboration d’une stratégie européenne à long terme de lutte contre les facteurs qui contribuent à la radicalisation et au recrutement des terroristes (qui sera présentée en décembre 2005 par les «Vingt-cinq»)(1), la Commission européenne vient de présenter une communication prévoyant une combinaison de mesures soft (améliorer les échanges interculturels) et contraignantes (interdiction des émissions satellites incitant au terrorisme). Musulmans en général et Maghrébins en particulier vivant en Europe sont implicitement visés par ce type de mesures. Bien que l’Europe ait connu différents types de terrorisme dans son histoire, la menace principale, estime-t-elle, vient aujourd’hui d’un terrorisme nourri «d’une interprétation abusive de l’islam». Si dans la majorité des cas, dit la Commission, «les ressortissants des pays tiers s’intègrent bien dans les Etats membres de l’UE, l’échec de cette intégration peut constituer un terreau fertile pour le développement de la radicalisation violente». Se sentant étranger à la fois à son pays d’origine et dans son pays d’accueil, une personne aura davantage tendance à chercher une identité et un sentiment d’appartenance ailleurs, «par exemple en adhérant à une idéologie extrémiste forte». Selon la Commission, les principaux domaines qui exigent une attention immédiate sont la radio et la télévision, Internet, l’éducation, l’emploi, l’intégration et le dialogue interculturel. Elle rappelle que la législation européenne interdit déjà toute incitation à la haine fondée sur des motifs liés à la race, la religion ou la nationalité dans les émissions radiodiffusées. Cette interdiction couvre aussi les programmes des pays tiers (diffusés principalement par satellites) s’ils utilisent une fréquence ou une liaison montante relevant d’un Etat membre de l’UE. L’Exécutif européen se félicite que l’application effective de ces interdictions «fonctionne bien» en citant notamment le cas récent de la chaîne Al Manar (Liban), interdite de retransmission par tous les Etats membres de l’UE disposant d’une capacité satellitaire (France, Espagne et Pays-Bas). Elle invite les autorités nationales de régulation en matière de radiodiffusion à donner une nouvelle impulsion à la lutte contre l’incitation à la haine dans les émissions radiodiffusées. Suite à leur première réunion de mars 2005, ces autorités ont accepté l’idée d’un «échange d’informations immédiat», en particulier par le biais d’un futur «Groupe de travail et d’un Forum Internet restreint». Une conférence sur le rôle des médias dans la radicalisation violente et le terrorisme devrait bientôt être organisée par la Commission européenne. L’utilisation d’Internet comme moyen d’incitation à la radicalisation violente ou de recrutement des terroristes est également montrée du doigt. C’est un phénomène «extrêmement préoccupant», souligne la Commission, compte tenu de l’efficacité et de la portée mondiale en temps réel de ce media. Aussi incite-t-elle les Etats membres à utiliser les dispositifs de la Directive sur le commerce électronique du 8 juin 2000 dont l’article 3 prévoit justement la possibilité de prendre des mesures adaptées contre la radicalisation violente et le recrutement de terroristes via Internet. Des sanctions ou des injonctions peuvent être adoptées à l’encontre des services fournis illégalement dans le contexte du terrorisme. De plus, tout Etat membre est tenu d’assurer un contrôle effectif des opérateurs établis sur son territoire et d’adopter les mesures nécessaires pour prévenir les activités criminelles. L’utilisation d’Internet en rapport avec la radicalisation violente fera, elle, l’objet d’une réunion du Groupe d’experts sur le commerce électronique en novembre 2005.


    Politique extérieure

    Le dialogue avec les pays tiers et les partenaires régionaux ainsi que l’octroi d’une assistance technique à ceux-ci ne sont pas en reste. «Ils doivent faire partie intégrante de notre approche pour lutter contre la radicalisation violente et le recrutement des terroristes», affirme la Commission. Elle rappelle que l’UE et ses Etats membres constituent à eux seuls «les plus grands donateurs d’aide au développement dans le monde», ce qui leur permet de contribuer à miner la base d’appui des réseaux et mouvements terroristes en ciblant «la réduction des inégalités, le soutien à la démocratisation en plus des actions relatives à la bonne gestion des affaires publiques et à la lutte contre la corruption». L’UE, dit-elle encore, développera son aide pour soutenir les efforts des Etats et des organisations régionales partenaires qui visent à consolider les systèmes d’alerte précoces, à renforcer les capacités des institutions et de gestion des affaires publiques pour leur permettre de s’engager efficacement sur la voie de la prévention. Soulignant que l’islam modéré est aussi souvent la cible des terroristes, la Commission estime important de «tendre la main aux régimes et organisations islamiques modérés dans la coopération sur les politiques de lutte contre le terrorisme». A ses yeux, l’UE doit également améliorer sa capacité à reconnaître «les premiers signes de fragilité des Etats partenaires en sophistiquant ses analyses, ses évaluations et son suivi des Etats problématiques, fragiles et en désagrégation, conjointement avec d’autres pays donateurs». Les facteurs possibles de la radicalisation des populations doivent faire l’objet d’un dialogue approfondi dans le cadre des institutions créées en vertu des accords d’association avec les pays du bassin méditerranéen.--------------------------------------------------------------------------------------------------------(1)Communication intitulée «Le recrutement des groupes terroristes: combattre les facteurs qui contribuent à la radicalisation violente».

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