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Economie

Terres agricoles: 4 ans pour tout assainir

Par L'Economiste | Edition N°:1747 Le 14/04/2004 | Partager

. Déploiement d'une réforme étalée jusqu'en 2008. La déprotection des céréales, un levier puissant. Les arbitrages politiques restent à cadrer«Selon le ministère de l'Agricultre, la demande totale des céréales pourrait atteindre 137,5 millions de quintaux (pour une population de 40 millions) en 2020. Dans l'hypothèse d'une offre assurée de 60 millions d'hectares, le taux de couverture dégringolera de 62,5 à 43,6%. La filière céréalière aura donc à développer sa productivité pour assurer ne serait-ce que l'approvisionnement des minoteries en produits locaux, tout en éliminant de son corps les moins performants.Source: Fondation ONA - CIHEAM, prospective agroalimentaire Maroc-2010, septembre 2002«.Parmi les dossiers les plus complexes de la réforme agricole: le foncier. La pression foncière et la diversité des structures foncières grèvent sérieusement la compétitivité (cf.www.leconomiste.com). L'assainissement du foncier devrait prendre entre trois à quatre ans à en croire les experts. Si elle est entérinée cette année, ce n'est que vers 2008 que ses premiers effets se feront sentir. Il semble qu'aujourd'hui les aspects techniques de ce dossier soient mieux maîtrisés. Les liens étroits entre droits de propriété, croissance économique, et répartition des terres sont plus connus. Il a tout de même fallu attendre plusieurs décennies pour développer une expertise d'assainissement du foncier.Ainsi, pour de bon cette fois, du moins c'est ce qu'espèrent les opérateurs, les décideurs vont oeuvrer pour regrouper les régimes fonciers en un régime unique: celui de la propriété privée. Ils comptent également sécuriser le droit de propriété par la révision des modalités de conclusion des baux ruraux. A cause de ce problème précisément, beaucoup d'investisseurs étrangers avaient finalement opté pour d'autres destinations que le Maroc. Les contrôles administratifs sur le transfert du droit de propriété sont également très lourds. Selon les experts, il est impératif de lever cette contrainte à la mobilité et l'accès au foncier. Tout porte à croire donc que les coopératives de réforme agraires, jusqu'à ce jour soumises à ce régime, seront également transformées.Le foncier est un levier certain d'investissement et de croissance. Mais la problématique devient plus rude quand les meilleures terres sont en cours de privatisation. Elles intéressent beaucoup d'opérateurs (nationaux et étrangers). Ce qui d'ailleurs fait l'objet actuellement d'une petite bataille dans les coulisses sur la manière de privatiser les terres de la Sodea/Sogeta (cf. encadré). Mais elles sont trop chères. Le prix peut toutefois varier du simple au triple selon qu'il s'agit d'une terre “assainie” ou d'une terre grevée de problèmes administratifs. C'est dire la manne potentielle que recèle cette réforme du foncier.


Le prix de la terre: Qui cela lèse-t-il?

Nos terres agricoles sont trés onéreuses. Elles sont en moyenne 5 fois plus chère qu'en Espagne ou 7 fois plus que dans le Sud-Ouest de la France. Le foncier est hors de prix car il a avant tout une fonction de réserve de valeur au Maroc, un peu comme au temps des physiocrates.Mais qui cela lèse-t-il vraiment? Les opérateurs étrangers bénéficient de crédit de la BEI avec des taux bonifiés. Le système bancaire auquel ils font appel est “efficient”. Ces investisseurs ont une capacité et des moyens de financements qui leur donnent une large longueur d'avance sur les opérateurs nationaux. Si, au Maroc, le prix du foncier est élevé, celui de la main-d'oeuvre est trés bon marché. Ces deux éléments favorisent l'investissement étranger, encore faut-il que la loi leur permette d'accéder plus souplement aux terres marocaines. Pour l'instant, il est interdit aux étrangers d'acquérir des terres agricoles. Si le Maroc est engagé dans l'OMC, cela ne devrait plus être le cas dans les années à venir.Mais la question de fond reste la même: les opérateurs nationaux ont-ils la même capacité d'offre que ces investisseurs? Pourront-ils contribuer à financer la réforme agricole? Non. Du moins pour l'instant. Mais les opérateurs se cachent plutôt derrière un sentiment d'injustice occasionné par l'actuelle petite bataille autour de la privatisation des terres Sodea/Sogeta.


Céréales: La clé de la réforme agricole

Au niveau politique, l'option qui soutien des revenus agricoles serait de subventionner directement la production céréalière par des aides de compensation à l'hectare. Ce qui entraîneraît la baisse des prix des céréales. “Nous aurons ainsi un semblant de parité avec les Etats-Unis, puisqu'ils subventionnent massivement leur producteurs”, explique un observateur. Mais l'aide ne serait pas totalement proportionnelle au volume de la production. Il y aura probablement une compensation sur les 8 premiers quintaux. Ainsi ceux qui produisent moins verront leurs subventions plafonnées. La réforme de la filière céréalière aura des conséquences sur toute la chaîne agricole. Selon les experts, la baisse des prix sera répercutée sur le prix du foncier, de la viande, et de la production animalière. Quant aux aides octroyées directement, elles permettront de savoir qui exploite quoi. Ce qui permettra le règlement des problèmes fonciers plus rapidement puisque les décideurs disposeront d'un diagnostic plus détaillé. Les ingénieurs de l'INRA (institut national de recherche agronomique) et l'IAV (institut agronomique et vétérinaire Hassan II) rejoignent ce diagnostic (cf. www.leconomiste.com). Selon eux, bien que près de 40% des surfaces céréalières risquent à terme de disparaître, la déprotection des céréales aura en général des effets bénéfiques sur les exportations et la consommation des ménages.Le coût de cette réforme avoisine les 3 milliards de DH qui seront financés par des taxes à l'importation.


Les terres de la Sodea/Sogeta enflamment toujours les esprits

Si elle ne fait pas la “Une” des journaux, cette affaire fait l'objet d'une bataille en coulisses.Avant même que le cahier des charges ne soit définitivement approuvé. Les contestataires qui élèvent le plus leur voix se trouvent dans le rang des opérateurs nationaux, qui craignent que la distribution de ces terres ne profite davantage aux étrangers. “Comment voulez-vous développer une agro-industrie nationale, si les Marocains ne peuvent pas prétendre en priorité à ces terres?”, s'interroge un agro-exportateur. Un autre fustige le niveau du projet de cahier des charges pour la concession de ces terres. “Cela semble tellement compliqué, que même si un opérateur désire investir, il lui sera quasi impossible de respecter ce cahier des charges”. Par ce plan de privatisation de de restructuration de ces terres, déployé l'année dernière (cf.www.leconomiste.com), c'est un nouveau système de prise de décision qui prévaut. Et il est difficile pour les mentalités habituées à jouir de droits de privilèges ou à être protégées de s'y faire. Normal, simple résistance au changement. Le coût de la mise à niveau de ces terres aura coûté quelque 2 milliards de DH. Pour rappel, l'Etat possède 3,1% de la surface agricole utile (SAU). Il se désengage de la production agricole pour “se recentrer sur la mission stratégique publique de production de semences sélectionnées et de plants certifiées sur 40.950 ha” (discours “Bilan d'étape” du Premier ministre). Les quelque 6.000 hectares du patrimoine foncier situé dans les périmètres urbains et périurbains seront cédés au privé dans le secteur de l'immobilier, le tourisme et dans les zones d'activité économiques.M. Kd.

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