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Affaires

Terrains municipaux: Grand déballage à Marrakech

Par L'Economiste | Edition N°:2658 Le 23/11/2007 | Partager

. L’hôtel Es Saâdi au cœur de la polémique. Des personnalités accusées de corruption . L’établissement réagitC’EST désormais cyclique. Tous les deux ans, l’affaire de l’hôtel Es Saâdi ressurgit. Cette fois-ci, l’histoire comporte des faits nouveaux, agrémentés d’intox. Elle concerne la cession des terrains municipaux sur lesquels sont construits le casino et le théâtro de l’hôtel Es Saâdi. Une cession dont les journaux nationaux font, actuellement, leurs choux gras. Les faits remontent à 2001 lorsque la ville -et plus exactement la municipalité de Ménara Guéliz- a vendu au propriétaire de l’hôtel le terrain qu’il louait pour l’exploitation d’un casino et des salles de jeux. La superficie totale représente un hectare dont 2.282 m2 ont été construits. Et contrairement à ce qui a été rapporté par la presse, l’hôtel, lui, est construit sur un terrain appartenant depuis les années 1940 à la société Ferma, propriétaire et exploitant de l’établissement Es Saâdi. Techniquement, il n’y a rien à reprocher à la transaction qui s’est déroulée selon les procédures légales: une offre d’achat, une évaluation du terrain et un vote du conseil municipal, approuvé par les autorités de tutelle, en l’occurrence les ministères de l’Intérieur et des Finances. Ainsi Ferma a obtenu le terrain municipal pour 8,3 millions de DH, à raison de 600dh/ m2 pour le terrain nu et 1.026 DH/m2 pour la superficie construite. Et parce que celle-ci exploitait ce terrain depuis 70 ans, «un rabais et un dégressif lui furent accordés» dans une zone où le prix au m2, en 2001, avoisinait les 8.000 DH. A l’époque, le conseil municipal Ménara Guéliz, qui avait approuvé la vente en session ordinaire, s’est basé sur l’évaluation technique du terrain, menée par une commission chapeautée par la wilaya, qui avait déterminé le prix en tenant compte des dégressifs légaux depuis la construction des bâtiments. Par ailleurs, la commission avait pris en compte, dans son évaluation, le prix des terrains cédés dans le voisinage à des investisseurs touristiques. C’est ce qu’on peut lire sur le PV du conseil municipal, daté d’octobre 2001. Selon l’acheteur, la vente a été plus que légale. «Le prix de vente au m2 a même été revu à la hausse par le wali de Marrakech, après l’évaluation technique», indiquent les responsables de Ferma dans un communiqué. Ils précisent aussi que la situation géographique du terrain municipal, au milieu des 6,5 ha appartenant à l’établissement, en faisait un terrain inexploitable par un tiers, n’étant pas pourvu d’un droit de passage. Ainsi, en 2001, l’exploitant Ferma, s’apprêtait à entreprendre des travaux d’extension et de rénovation de l’établissement. Le projet, aujourd’hui achevé, consistait en la construction de 250 nouvelles suites sur son propre terrain, pour un investissement de 250 millions de DH. «Et on n’allait pas entamer les travaux d’extension, tout en gardant au milieu de l’établissement un terrain qui ne nous appartenait pas», indique Isabelle Bouchet-Bouhlal, propriétaire de l’établissement Es Saâdi. «Il fallait donc trouver une solution. C’est ce qui nous a poussé à solliciter, avant la fin de l’échéance 2005, le rachat du terrain du casino et de ses dépendances», explique-t-elle. Une vente apparemment légale. «Mais rien n’urgeait pour la cession. D’autant plus que l’exploitant était un hôtelier et que l’échéance du contrat de bail ne s’achevait que 4 ans plus tard», estiment certains observateurs. De fait, le conseil municipal aurait pu patienter jusqu’à 2005 et s’offrir et le terrain et les constructions, ou du moins négocier un meilleur prix de cession. Mais à l’époque, l’activité touristique à Marrakech reprenait son souffle et on promettait monts et merveilles aux investisseurs touristiques. Finalement, l’affaire de l’hôtel Es Saâdi est-elle due uniquement à une sous-évaluation d’un terrain municipal. Un terrain cédé à un établissement touristique de la place. L’affaire aurait pu s’en tenir là sans des accusations assez graves relatées dans les salons cossus de la ville. Des pots de vin auraient été versés aux représentants du peuple. Le nom d’Abdellatif Abdouh, ex-président de la municipalité Ménara Guéliz est cité. On parle même de l’enregistrement d’une conversation prouvant ces malversations. La situation est digne d’un épisode de la série américaine Prison Break. Qui aurait enregistré la conversation et pourquoi cette cassette ressurgit 6 ans après la transaction? Autant de questions sans réponses. Pour l’heure, les autorités locales n’ont pas voulu s’exprimer. Mais, l’on parle d’une enquête judiciaire diligentée par le procureur. Impossible de confirmer ou d’infirmer non plus. Selon des sources officielles, il ne s’agit que d’intoxications. Abdellatif Abdouh parle, lui, de complot et de preuves fabriquées de toutes pièces. «C’est tellement facile aujourd’hui de truquer des enregistrements», dit-il. Sans citer de noms, Abdouh pointe du doigt ses ennemis politiques. Des adversaires au sein même de l’Istiqlal, son propre parti politique dont il est secrétaire provincial. Pour lui, on veut lui barrer le chemin à l’approche des communales de 2009. Dans cette affaire où les querelles intestines sont évidentes, les langues se délient plus facilement, 6 ans après la vente de ces 10.000 m2 au profit de l’établissement Es Saâdi. Dans ce sens, Lahcen Aouragh, un ancien élu, a juré de faire «tomber des têtes». Ce dernier, actuellement en déplacement à Taza, a promis de fournir, ultérieurement, d’amples détails sur cette affaire.


Exploitation

POUR la petite histoire, le terrain du casino de Marrakech faisait l’objet d’un bail de location pour une durée de 75 ans, entre la ville de Marrakech et la société Ferma depuis 1936. Société dont les principaux actionnaires sont la famille Bouchet. A Marrakech, l’exploitant y a construit un casino, des salles de jeux et un restaurant. Selon les termes du contrat, le terrain ainsi que les constructions devaient revenir à la ville de Marrakech en 2005, à l’issue de la cession. Ainsi, après le découpage administratif en 1992, c’est donc la municipalité Ménara Guéliz qui devait en hériter. Mais la société Ferma a sollicité le rachat du terrain. Aujourd’hui, on accuse Abdellatif Abdouh, ex-président de la municipalité, d’avoir favorisé la transaction contre un pot-de-vin bien conséquent. Chose que nie catégoriquement le concerné.


Spéculation

UN fait est certain. Il est curieux que l’affaire du terrain municipal cédé à l’hôtel Es Saâdi ait pris autant d’ampleur. Car des cessions douteuses de terrains municipaux à de hautes personnalités ou encore à des établissements hôteliers, sont légion à Marrakech. La plus flagrante est la cession dans le même quartier, entre 1997 et 2003, de terrains pour l’extension de l’hôtel Sofitel. Bien avant, dans les années 1980, 4 hectares appartenant au patrimoine municipal avaient été vendus à bas prix à Dounia PLM, qui avait exprimé l’intention d’y construire un établissement hôtelier. Ledit projet, sis aujourd’hui à côté du Foor Seasons, n’a jamais vu le jour et les terrains seraient mis en vente actuellement, au prix du marché. C’est aussi le cas d’un terrain de 2,5 hectares situé sur le bd Mohammed V et qui a été vendu en 1992 à 200 DH/m2. Et dans le quartier de l’Hivernage, c’est un autre terrain de 4 ha qui a été cédé «pour une bouchée de pain». Aujourd’hui, ces parcelles sont mises en vente à des fins immobilières. De notre correspondante, Badra BERRISSOULE

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