×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Terracottem : Le cercle vicieux de la désertification est rompu

    Par L'Economiste | Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

    Le produit terracottem, récemment introduit au Maroc, permet une croissance rapide de la végétation avec un minimum d'eau. Une telle application générera sans doute des gains considérables pour les utilisateurs. Son inventeur, le Dr Van Cotthem, explique dans la foulée expériences, applications et avantages.

    Le terracottem est un produit composé de plusieurs particules organiques. En le mélangeant directement au sol, il active le processus de croissance des plantes de manière synergique dans des conditions de sécheresse extrême. Le Pr William Van Cotthem, de l'Université de Gand en Belgique, inventeur de ce produit, a animé le 24 novembre dernier une conférence(1) à Settat. Lors de son exposé, en passant par la présentation du produit, le professeur a fait le point sur les avantages techniques et économiques qui dérivent de l'application du terracottem.

    "un pays qui souffre d'un manque de pluie et d'une désertification d'une partie de ses sols, avance le professeur, devra tirer profit de cette nouvelle invention". Pour le Maroc, une application du terracottem, pour les mille arbres prévus à la Faculté de Settat, sera un bon pas en avant, relève un participant à la conférence.

    Pour les fleurs aussi, "vous n'aurez plus besoin de laisser les clés à vos voisins pour arroser les plantes durant vos voyages", note l'universitaire. Effectivement, avec l'application du terracottem, l'arrosage ne se fait plus quotidiennement, mais une à deux fois par mois.

    50% d'eau en moins

    Plus concrètement, les zones traitées au terracottem consomment 50 à 75% d'eau en moins que les zones non traitées, et la fréquence d'arrosage est également réduite de moitié. Ce produit capte et stocke l'eau, qui, en d'autres circonstances, s'évapore ou s'écoule, et augmente sensiblement la capacité de rétention d'eau du substrat. Pour ce fait, il ne modifie pas le système de drainage qui va continuer de fonctionner normalement. Seules les précieuses ressources hydriques seront mieux conservées.

    Pour un terrain de golf ou de football par exemple, souligne l'inventeur, 50% des engrais répandus sur le terrain s'écoulent avec l'eau d'irrigation ou des précipitations. Ceci implique une réduction des quantités nécessaires pour le traitement du terrain. A ce niveau, une application du terracottem permet d'employer 40 à 60% d'engrais en moins après la première année. Selon les estimations du Pr Van Cotthem, l'application du produit permet de multiplier par 10 les bénéfices annuels. Aussi l'effet de ce produit continue-t-il pendant une année. Il en résulte que la plupart des terrains de golf ou de football pourront récupérer le coût du produit après la première année d'application.

    Par ailleurs, lors de la projection réalisée par le Dr Van William, ce dernier n'a pas hésité à translater les effets de ce produit sur "les économies de l'eau" dans le secteur agricole. Pour ce faire, l'expert remonte un peu l'histoire pour relater l'une de ses expériences dans les pays du Sahel.

    En 1983, le Pr William Van Cotthem et son équipe scientifique de morphologie, systématique et écologie des plantes de l'Université de Gand entreprirent des recherches sur les possibilités de développer la croissance végétale avec un apport minimum d'eau. L'équipe s'est particulièrement intéressée aux problèmes de famine dans les pays du Sahel où la désertification et la sécheresse engendrent un désastre écologique, économique et social.

    L'équilibre naturel des régions du Sahel ne peut être établi par le reboisement des différents types de sols par une végétation indigène. Des projets grandioses, tels que la construction de barrages pour recueillir et stocker les maigres eaux de pluies ou de puits de forage n'eurent peu ou pas d'effets sur l'aménagement d'une végétation nouvelle.

    Au cours des expériences, l'équipe de chercheurs a testé une application du terracottem, composé d'engrais minéraux et organiques et de stimulateurs de croissance sur des champs agricoles. Les résultats obtenus grâce à ce conditionneur de sol étaient très importants, explique le Dr Van Cotthem. Ainsi, le professeur et son équipe avaient trouvé une manière de rompre le cercle vicieux de la désertification, de la déforestation et de l'érosion due au vent. "Aujourd'hui les résultats sont hors du commun", réaffirme-t-il. La plantation de plusieurs milliers d'hectares de gazon en plein désert est désormais possible.

    H.R.

    (1) La conférence a été organisée par Terracottem Maroc et la Faculté des Sciences Techniques de Settat où elle s'est déroulée.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc