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    Téléphone, fax, télex, Maghripac : Le point sur le parc installé

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    Grâce à la technologie numérique, le parc téléphonique explose. Mais les utilisations nouvelles des télécoms (vidéotex, transmission de données) n'ont pas suivi l'infrastructure, faute d'applications.

    Quelle belle revanche pour le téléphone! Il est devenu une vedette des administrations, alors qu'il y a 10 ans il n'était qu'un outil de communication secondaire, loin devant le chaouch et le bordereau de transmission.

    Aujourd'hui, les économies budgétaires mettent le téléphone sous surveillance, alors que d'un autre côté les télécommunications représentent 10% de l'investissement public global. L'offre et la demande ont explosé depuis 1984, plus fort que dans n'importe quelle autre activité. Il y avait 240.000 abonnés à l'époque, il y en a plus d'un million aujourd'hui. Le Maroc partait de si bas à l'époque qu'il a fallu un "effort de rattrapage", le nombre d'abonnés a augmenté à des taux élevés atteignant 32% en 1992. Le rythme devrait continuer à 20% par an pour atteindre 2.000.000 d'abonnés à fin 1999.

    Dans les entreprises et les administrations, on se souvient encore que la ligne directe et parfois l'usage du téléphone étaient un "privilège", celui du chef.

    Un signe de pouvoir, comme la moquette, le climatiseur ou la signature. La plupart des familles ne l'avaient pas et l'épicier du coin faisait office de standard pour toute la rue.

    La "densité téléphonique" était de 1,11 appareil pour 100 habitants. En 1994, elle avait "explosé" à 3,86. Il y a donc encore beaucoup à faire dans les foyers et dans les campagnes surtout.

    Approche commerciale

    En attendant, l'ONPT a développé le téléphone public.

    Le taxiphone, solution éprouvée depuis des décennies chez les civiques anglais, a été l'objet de tous les vandalismes. Il y en avait quand même 5.419 d'installés à fin 1994, mais la statistique ne dit pas combien fonctionnaient encore. II fallait donc inventer le taxiphone gardé, d'où les téléboutiques (plus de 2.500) et les télékiosques (plus de 1.200).

    Le développement de ce commerce n'a eu d'égal ces dernières années que celui des salles de jeux et de leur fameux "Golf Azur".

    Tout ce développement visible du téléphone n'a été permis que grâce à l'équipement, en amont, dans la numérisation qui atteint désormais 93% du parc.

    Outre la croissance matérielle, l'ONPT, créé en 1986, qui fonctionne sur la base d'un contrat-programme, veut développer une approche commerciale. La publicité et la notion de service entre dans les moeurs de l'ex-PTT, qui était l'administration bureaucratique par excellence. Le téléphone a désormais "quelque chose à dire" de l'imagination, sur un ton humoristique. Il vante ses facilités: service restreint, transfert d'appel, conférence à trois.

    Mais le téléphone c'est aussi la facture élevée reçue comme un abus d'une administration, ou le "dérangement" qui vous bloque une entreprise et la met à la merci d'une équipe de dépannage toujours sortie.

    L'ONPT se défend par quelques statistiques sur la "qualité de service". Si 60% des demandes étaient satisfaites, elles sont 91% en 1994.

    Le taux de signalisations des dérangements (nombre de signalisations par abonné et par an) est passé de 1,2 en 1989 à 0,63 en 1994, car les réseaux sont beaucoup plus fiables. Sur 100 dérangements, 82,9% sont relevés dans les 48 heures et 99,8%, soit la quasi-totalité, dans les 7 jours. Mais en dépit de tous les progrès, ces critères semblent insuffisants. Un standard qui "saute" dans une entreprise cause beaucoup de préjudices en une heure, si l'on compte tous les rendez-vous ou les commandes qui peuvent être perdus, par l'arrêt du téléphone et du fax.

    Le recul du télex

    Le fax s'est d'ailleurs beaucoup développé au détriment du télex, seule victime du progrès technique. Ce parc professionnel qui s'était accru jusqu'en 1991 à 8.941 abonnés a commencé à décroître, tombant en 1994 à 6.785 abonnés, revenant au chiffre de 1985.

    Pour les produits nouveaux, c'est la téléphonie mobile qui a le plus de succès. Elle a démarré en 1988 avec 100 abonnés au téléphone voiture pour arriver à 6.725 abonnés en 1993. Mais le GSM introduit à l'occasion de la conférence du GATT a doublé le nombre d'abonnés.

    Côté entreprise, c'est Maghripac, le réseau national de transmission des données, qui devrait donner le coup de pouce aux télécommunications. Maghripac sert à connecter les sites informatiques distants des administrations, des banques, des entreprises entre elles. Objectif: transférer informations et données. Les comptes d'une agence bancaire au siège, les déclarations CNSS pour éviter les recopiages et ressaisie des bordereaux; la technique utilisée est la commutation par paquet.

    Maghripac est constitué de 18 noeuds, dont 4 grands commutateurs (Casa, Rabat, Marrakech et Fès), d'artères de transmissions et un centre de gestion à Rabat. L'année 1995 a vu une baisse de tarifs pour les 850 abonnés.

    Alors que le service Vidéotex connaît moins de succès, faute de serveur, l'interconnexion du réseau Maghripac avec Internet pourrait lui donner un nouveau souffle.

    K.B.

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