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Economie

Télédétection spatiale: La technologie dans les pays du Nord, les besoins dans ceux du Sud

Par L'Economiste | Edition N°:49 Le 15/10/1992 | Partager

Le symposium Marisy 92 s'est tenu à Rabat, du 7 au 9 Octobre. Des agences spatiales européennes et nord-américaines dont la NASA et EURISY ont exposé leur technologie* . La télédétection spatiale permet des applications opérationnelles pour les PVD en matière d'évaluation de leurs ressources naturelles. Les pays du Sud manquent encore une fois de moyens pour maîtriser une technologie qui leur sera d'une grande utilité.


LE symposium Marisy 92 qui s'est déroulé à Rabat du 7 au 9 Octobre courant, a réservé le débat de la session de clôture au thème: "Télédétection spatiale et développement".
En effet, l'imagerie satellite ouvre aux pays du Sud de nouvelles possibilités en matière de gestion de leurs ressources naturelles ou d'aménagement du territoire. C'est ce qu'ont cherché à démontrer les différents intervenants à ce colloque.
Cependant, une note d'inquiétude s'est dégagée de la part des intervenants africains qui se sentent, une fois de plus, confrontés à une nouvelle technologie qu'ils doivent maîtriser. Car, si les photos satellitaires sont d'une grande utilité, elles peuvent être même trompeuses si elles ne sont pas traitées et interprétées par des spécialistes.
Or, comme l'a affirmé un expert de la FAO, "si la technologie spatiale est concentrée dans les pays du Nord, c'est surtout dans ceux du Sud que la télédétection satellitaire est utile, parce que c'est dans ces pays qu'il y a un énorme besoin de cartographie." Il y a une situation d'urgence qui condamne les pays du Sud à utiliser l'imagerie satellite qui est de plus en plus opérationnelle.
Cependant, le manque de formation, de moyens, et surtout de coordination constitue les principaux problèmes auxquels se heurtent les pays du Sud pour l'application de la télédétection spatiale.

Outil cartographique

L'imagerie de satellite est bien adaptée pour suivre des phénomènes à haute dynamique comme la croissance urbaine, la désertification, la déforestation, l'évolution des cultures agricoles ou de la pollution marine.
Dans le domaine par exemple de l'urbanisme, on peut combiner l'image de satellite avec des banques de données et avec d'autres informations pour exécuter des schémas d'aménagement urbain. Les Systèmes d'Information Géographique ou SIG consistent à superposer des images satellites avec d'autres sources d'information dans un ordinateur. Le Centre Royal de Télédétection Spatiale a mis au point un Système d'Information Géographique pour les villes de Casablanca et de Rabat.
La télédétection constitue un outil de prévention par exemple dans la lutte anti-acridienne. Les techniques chimiques de combat contre les criquets sont dangereuses pour l'environnement. La télédétection satel-litaire permet de localiser les zones de reproduction qui sont liées à des zones d'humidité dans le désert.
Dans le cas de la déforestation ou de la désertification, la télédétection satellitaire est un outil de diagnostic.
Les Systèmes d'Information Géographique sont utilisés pour déterminer les zones à haut risque d'érosion. Ce système appelé SIG permet d'intégrer l'information satellite avec les informations existantes pour obtenir des résultats thématiques.
Les techniques de détection dans l'infrarouge, qui étaient développées au départ par les militaires, sont aujourd'hui mises au service du développement et de la protection de l'environnement.
L'avantage des données satellites c'est qu'elles sont multispectrales.
On combine des informations acquises dans différentes régions du spectre électro-magnétique. Ces informations sont superposées et donnent ce qu'on appelle "une composition colorée".

Formation et coordination

Pour les "hommes du spatial", il est nécessaire d'intégrer ce type de technologie dans des programmes s'appuyant sur l'analyse des besoins. Selon un expert, plusieurs conditions sont nécessaires pour bien réussir l'introduction d'une nouvelle technologie: la durabilité, la maintenance permanente, la formation d'un personnel spécialisé. L'information produite doit être gérée et les messages techniques transcrits en éléments de prise de décision. Enfin, il faudrait prendre des dispositions légales et institutionnelles et prévoir que chacun des services concernés puisse avoir accès aux sources de l'information.
La télédétection satellitaire est la méthode la plus économique pour la cartographie et le suivi des ressources naturelles. Les observations sur le terrain et les photographies aériennes coûtent beaucoup plus cher que l'imagerie satellitaire.
Le coût d'images prises par Spot est de l'ordre de 0,5$/km2. Pour Lansat, le coût est d'environ 0,3$/km2, alors que le coût d'une photographie aérienne est de l'ordre de 5$/km2.
Une couverture de photographie aérienne donne une information très détaillée, mais le coût est tellement élevé qu'on ne peut pas renouveler la couverture.
L'observation de la terre par satellite, considérée comme de la science fiction il y a une trentaine d'années, devient de plus en plus opérationnelle.
Il s'agit pour des satellites tels que ERS ou Spot qui survolent la terre à 700 ou 800 km d'altitude et à une vitesse au sol d'environ 7 km par seconde, de donner des images qui ont une résolution de quelques mètres. D'autres instruments embarqués à bord des satellites fournissent aux utilisateurs des informations beaucoup plus précises.
Il existe plusieurs familles de satellites d'observation de la terre. Landsat, satellite américain lancé pour la première fois en 1972, avait une résolution de 30m. Spot, satellite français lancé en 1986, avait une haute résolution de 10m ou 20m. Spot permet l'obtention d'une couverture stéréoscopique" et la restitution du relief de la photographie.
En Juillet 1991, l'Agence Spatiale Européenne lance un nouveau type de satellite ERS1, équipé de radar imageur. L'avantage de ce satellite est qu'il permet d'obtenir des images à travers les nuages, de jour comme de nuit. On peut ainsi obtenir des images à très haute résolution. Le même type de satellite a été lancé par les Japonais en 1992.

Centre Royal de Télédétection Spatiale

CREE en 1989, le CRTS est une Direction de l'Administation de la Défense Nationale. Il dispose d'une autonomie financière et de gestion. Le Centre regroupe une quinzaine de cadres, surtout des ingénieurs formés en télédétection. Il est dirigé par M. Kabbaj.
Le CRTS s'est équipé en Systèmes d'Information Géographique (SIG). Il est chargé d'élaborer et de développer des applications thématiques.
Le Centre constitue un point de liaison entre les différents départements marocains et les fournisseurs d'images à l'étranger tels que Spot, Eurimage... Il est chargé d'assurer la coordination et la promotion des activités de télédétection au Maroc. Il contrôle l'usage des produits de la télédétection.

Mohammadia Hajoui

* Les participants au syposium Marisy 92 organisé par le Centre Royal de Télédétection Spatiale sont: OACT (Afrique), CE (Europe), FAO, EURISY (Europe), ESA (Europe), ASI (Italie), CSA-CCRS (Canada), CNES (France), DARAA (Allemange), CDTI (Espagne), SPPS (Belgique, NASA-NOAA (USA), BNSC (Grande-Bretagne).


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