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    Economie

    Télécommunications : Des scénarios pour la libéralisation

    Par L'Economiste | Edition N°:238 Le 11/07/1996 | Partager

    Les expériences de libéralisation du secteur des télécommunications du Mexique, du Chili et de la Malaisie pourraient aider le Maroc à réfléchir sur des scénarios envisageables.


    "Nul ne peut être juge et partie. Deux impératifs qui s'imposent au secteur des télécommunications au Maroc: la séparation des fonctions de réglementation et d'opération et l'introduction de la concurrence pour l'octroi des licences, notamment concernant la téléphonie mobile", proposait Mme Françoise Clottes, économiste à la Banque Mondiale, lors d'une présentation portant sur les expériences de libéralisation du secteur dans trois pays (Mexique, Chili et Malaisie), et les scénarios envisageables pour le Maroc, vendredi 5 juillet.

    Selon elle, le plan de libéralisation du secteur au Maroc pourrait opter pour la formule suivante:

    La politique sectorielle serait du ressort du ministère de tutelle ou de l'administration compétente.

    La réglementation devrait être gérée par une agence de réglementation, indépendante de l'opérateur principal, des intérêts privés et des systèmes micro établis par le gouvernement.

    L'opérateur devrait donc se limiter à la fourniture de services.

    A l'heure actuelle, placé sous les tutelles des Ministères des P&T et des Finances, l'ONPT détient un monopole qui déborde même sur les décisions réglementaires. Seuls deux domaines ont été concédés, celui de l'Internet et des Téléboutiques. Ces dernières emploient près de 2.000 personnes, soit l'équivalent du tiers des employés de l'opérateur.

    12% de modernisation


    L'état des lieux au Maroc ressemble, à quelques différences près, à celui qui prévalait au Mexique avant la réforme de 1989. Le pays a choisi une privatisation partielle. Les services international et national (longue distance) ont été accordés exclusivement à Telmex, l'opérateur principal, pour une durée de 6 ans. A partir de 1997, ce dernier sera mis en concurrence dans tous les domaines.

    Ainsi, le secteur a pu réaliser des objectifs d'expansion (plus de 12% de modernisation et de qualité), un développement rapide du service cellulaire en duopole, une préparation adéquate de l'ouverture à la concurrence et une amélioration spectaculaire de l'efficience opérationnelle et de passation de marché.

    En revanche, des potentiels inexploités demeurent. En effet, l'exclusivité accordée à l'opérateur (6 ans) était beaucoup trop longue par rapport aux besoins de transition. Elle s'est donc réalisée au détriment de l'économie. Une réglementation plus efficace, estime Mme Clottes, aurait permis d'obtenir des résultats supérieurs.

    Chili, réforme totale


    Si l'état des lieux au Mexique avant la reforme était proche de celui qui prévaut encore au Maroc, le Chili a été en Amérique latine l'un des pionniers en matière de libéralisation du secteur des télécommunications.

    La réforme a démarré dans les années 80. La privatisation du secteur a concerné tous les segments du secteur dans le cadre d'une forte concurrence, locale et étrangère.

    La réforme a permis ainsi une augmentation de la télé-densité. En outre, la contribution du secteur des télécommunications dans le PIB s'est multipliée par deux et la valeur en bourse du secteur a augmenté de 10,5%.

    Concernant les usagers, le parc des lignes est passé d'un demi million de lignes en 1987 à 1,5 million en 1994 et la note globale réduite de 36%. Enfin, la réforme du secteur a permis une hausse beaucoup plus importante de (30%) au niveau des emplois et des rémunérations.

    Reste cependant que l'expérience du Chili connaît certaines limites. Le développement du secteur n'a pas atteint de la même façon toutes les couches sociales de la population.

    De son côté, la Malaisie, un des 5 dragons, a connu un processus de libéralisation qui a démarré dès 1990 avec une privatisation partielle de Télékoms Malaysia. Durant cette même période, la première licence pour l'exploitation du cellulaire fut octroyée.

    A partir de 1993, le pays a entamé une privatisation totale avec une concurrence ouverte dans tous les segments du secteur des télécommunications. Aujourd'hui, plusieurs opérateurs se partagent le marché.

    "La réussite de cette expérience s'est réalisée au niveau d'une croissance rapide du réseau et une diversification des services. Il a connu un doublement de la télé densité qui est passée de 7% en 1987 (avant la réforme) à 15% en 1994", précise Mme Clottes

    La réforme malaysienne connaît néanmoins quelques failles. Il s'agit de l'absence d'une stratégie sectorielle définie dès le départ, de la tarification qui n'a été réajustée que très récemment et de l'octroi d'un très grand nombre de licences pour l'exploitation du cellulaire, entraînant certaines incertitudes.

    "Les expériences du Mexique, du Chili et de la Malaisie restent des références. Il faut s'inspirer des facteurs de réussite et tirer un enseignement des erreurs commises", conclut Mme Clottes.

    Badra BERRISSOULE

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