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    Tee-shirt: Un secteur tributaire de l'export

    Par L'Economiste | Edition N°:35 Le 25/06/1992 | Partager

    Les tee-shirts sont apparemment simples et standardisés. Produits de l'été par excellence, ils sont réalisés sur la base de modèles étrangers et subissent les fluctuations de la mode. Ce qui rend leur élaboration et leur commercialisation complexes.

    Chaque année, à l'été, les tee-shirts sont les vedettes des vitrines. Des formes des couleurs nouvelles font leur apparition. Le tee-shirt ou T-shirt se définit avant tout comme un maillot en coton à manches courtes en forme de T.

    Cependant, à l'instar de beaucoup d'articles d'habillement, le tee-shirt a subi une évolution. II change de forme le temps d'une mode seulement. Les fabricants demeurent tenus de respecter ces humeurs de la mode. Comme le Jean notamment le tee-shirt s'accroche à son identité d'origine. Les bonnetiers fabricants de produits finis ou façonniers doivent par conséquent se mettre à jour, utiliser les nouveaux procédés de teinturerie, envisager de nouvelles façons de faire et, en un mot épouser ces changements.

    Les tendances cet été sont les rayures, le chiné mais aussi les modèles qui présentent à la fois une, certaine sophistication, tout en donnant un aspect sobre. Les coloris dominants restent le blanc et le noir. Les sérigraphies et les broderies sont très demandées. Mais si pour les tee-shirts à l'export, le moulant et l'échancré est très en vogue, le marché local est fourni en articles beaucoup plus classiques. Certains fabricants souligne que la mode féminine est très changeante et qu'ils optent plutôt pour la confection de tee-shirt unisex. M. Daniel Hayli, Directeur Commercial à Clairemaille, parle d'un changement total: un procédé de la teinture "pigmentaire" qui donne un article délavé. Trois grandes sociétés de teinture maîtrisent ce procédé sur Casablanca. La tendance est à l'article réalisé avec un tissu "teint en plongé". Jusque l'été 91, la teinture en autoclave primait.

    Vocation exportatrice

    Une enquête réalisée en 1990 par la BNDE avait souligné que la bonneterie marocaine était florissante. La production s'avérait en continuelle production. Les investissements augmentent substantiellement chaque année. Ceci permet aussi bien la multiplication des unités industrielles que la modernisation des équipements de la branche. C'est une activité à vocation exportatrice puisque le marché local n'absorbe que 10% des produits.

    C'est effectivement la caractéristique principale de la production de tee-shirts. Qu'il s'agisse de sociétés intégrées et fabricant des produits finis ou de sous-traitants, l'activité à l'export est de loin en tête. Ainsi, la Compagnie Industrielle de Bonneterie (CIB) dont l'existence remonte à 40 ans exporte 80% de sa production de tee-shirts. La CEE représente la principale zone d'export avec une large prédominance du marché français. La CIB dont la production de tee-shirt représente 50% de l'activité exporte sur la France (60%), l'Allemagne (30%), et la Belgique (10%).

    II en est de même pour Masurel Afrique qui exporte 85% de sa production. La part absorbée par le marché français est de 90%. Celle du marché espagnol 8%. Le reliquat est destiné aux marchés suisse, belge et italien. Clairemaille consacre 80% de sa production aux marchés français et italien dont les parts respectives sont de 70 et 30%.

    Enfin, Unifatex qui ne réalise que le tissage et la confection exporte la quasi-totalité de sa production (99%).Les circuits de distribution utilisés par les sociétés intégrées sont essentiellement les centrales d'achat pour la production exportée. Les prix pratiqués varient entre 22 F à 35 F voire 40 F pour un tee-shirt.

    Sous-traitance

    Deux raisons principales justifient cette orientation vers l'export. Le faible pouvoir d'achat de la clientèle locale et donc un marché relativement restreint. Par ailleurs, les sociétés produisant le tee-shirt s'intéressent essentiellement à la haute et moyenne gamme. Les séries bas de gamme et la production de grandes quantités représentent un marché dominé par l'Extrême-Orient.

    "La demande est forte pour le tee-shirt basique mais les grandes structures capables de réaliser des quantités importantes comme le font les asiatiques ou les turques sont rares au Maroc", explique M. Taïeb Smili, Directeur Général et Administrateur d'Unifatex. A cela, il faut ajouter les problèmes classiques de l'industrie textile, à savoir, une main-d'oeuvre peu qualifiée, un désencadrement, et du matériel à la pointe de la technologie telles les machines robotisées.

    M. Azzedine Berrada, Administrateur-Délégué et Directeur Général de CIB précise que "même dans la moyenne gamme, on joue sur la quantité pour pratiquer des prix intéressants". Ainsi, Clairemaille confectionne les marques Chipie, Diesel, Kenzo et Buffalo notamment. Unifatex sous-traite pour Chevignon, Nelson (France) et Chipie. CIB fabrique du New man, J. Moreau, Fleuriane... Enfin Rasurel Afrique travaille avec les marques Adidas, Sym, Lee Cooper, C17, Coup de coeur, Rossignol.

    La production écoulée sur le marché local varie en 20 et 40%. Les grandes structures telles la CIB, Clairemaille et Rasurel Afrique commercialisent leur propre marque. Elles sont également licenciées exclusives pour certaines marques internationales. Du reste, la clientèle locale est aussi servie par les surplus de production. Les sociétés qui réalisent des produits finis doivent généralement les vendre à un prix relativement élevé. En revanche, les surplus de fabrication en provenance de sociétés qui sous-traite en usant de l'Admission Temporaire mettent sur le marché des articles à des prix bas. Les circuits de distribution locaux restent les grossistes, semi-grossistes, les détaillants, mais aussi les boutiques.

    Pour les bonnetiers, le démarrage de la collection commence plus d'un an à l'avance. Les commandes définitives sont généralement passées dès Septembre après le salon du prêt à porter qui a lieu à cette période.

    M. Hayli indique que 85% des commandes fermes sont passées en Septembre. Mais en principe, les fabricants commencent à travailler à l'avance. Les premières commandes tombent dès Juillet.

    Les livraisons pour la collection de l'été 92 ont eu lieu entre Novembre et la mi-mars. La période comprise entre la mi-mars et fin Avril est consacrée à la production à écouler sur le marché local.

    Naïma HADER

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