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    Economie Internationale

    Tchernobyl: Treize ans après, la psychose continue

    Par L'Economiste | Edition N°:494 Le 27/04/1999 | Partager

    · Des centaines de milliers de personnes irradiées et 12.500 morts, selon Kiev
    · Encore treize réacteurs de type Tchernobyl en fonction en Russie et en Lituanie



    Plus de 12.500 morts, 120 milliards de Dollars de dégâts(1) et plusieurs centaines de milliers de personnes irradiées à des degrés divers, tel est le bilan de la plus grave catastrophe de l'histoire du nucléaire civil jamais enregistrée.
    Aujourd'hui, treize ans jour pour jour après le désastre de Tchernobyl, la communauté européenne en tête et à travers elle l'humanité tout entière sont hantées par le spectre de cet accident. Une peur d'autant plus justifiée que, durant plusieurs années, les pays jouxtant l'Ukraine ont été très attentifs aux variations climatiques, ces dernières étant susceptibles de pousser le nuage radioactif au-dessus de leurs régions.
    Jusqu'à aujourd'hui, la psychose continue. Pourtant, l'histoire ne date pas d'hier. Le 26 avril 1986 à 1 h 23 minutes et 44 secondes, le combustible du réacteur 4 de la centrale nucléaire Tchernobyl (Ukraine) se fragmente. Surchauffées, les pastilles d'oxyde d'uranium explosent et provoquent une déflagration soulevant la dalle du réacteur, d'un poids de 2.000 tonnes.
    Cinquante millions de curies (soit la puissance de 500 bombes d'Hiroshima) sont rejetées dans l'atmosphère, contaminant fortement le Bélarus, le Nord de l'Ukraine et une partie de la Russie. Le "panache" a par ailleurs disséminé des radionucléides sur pres-que toute l'Eu-
    rope.
    Tout s'est déclenché lors d'un essai de sûreté. A la suite d'erreurs de manipulation sur un réacteur instable, l'expérience dégénère et l'arrêt d'urgence intervient trop tard. La partie supérieure du coeur du réacteur est à l'air libre. Trente foyers s'allument et la catastrophe survient. Pendant 15 jours, plus de 5.000 tonnes de matériaux seront déversés par hélicoptère pour recouvrir cette bouche d'enfer. Plusieurs milliers de liquidateurs seront chargés d'ensevelir le réacteur et de le nettoyer. Mais insuffisant.
    Aujourd'hui, la menace plane toujours et avec elle le doute et la peur, car le danger n'est pas tout à fait écarté. Le réacteur 3 adossé au réacteur accidenté continue de fonctionner, même s'il présente des fuites consécutives.
    Autre sujet d'inquiétude, le "sarcophage" improvisé, en béton et en acier, est miné par de nombreuses fissures. Il pourrait s'effondrer à tout moment, libérant les 40 tonnes de combustible contenues toujours au coeur du réacteur.
    De plus, treize unités de type Tchernobyl fonctionnent encore en Russie et en Lituanie et sont considérées, par les experts occidentaux, comme une menace permanente.

    Abdelaziz MEFTAH (AFP)

    (1) Les Occidentaux accusent Kiev de gonfler les chiffres pour obtenir plus d'aides internationales.

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