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    Courrier des Lecteurs

    Taux d'intérêt : Les tensions de 91 et les perspectives de 92

    Par L'Economiste | Edition N°:9 Le 29/12/1991 | Partager

    LE suivi de l'évolution des taux d'intérêt permet aux opérateurs économiques de déterminer les changements souhaités par l'Etat pour les principaux agrégats économiques à travers sa politique monétaire et d'indiquer le niveau des disponibilités en liquidités dans l'économie du pays. Au Maroc, l'observation des taux d'intéret est devenue d'autant plus nécéssaire depuis le début de la libération des taux d'intéret (1988-89) et la fin de l'encadrement du crédit par la Banque Centrale (début 1991).

    Evolution des taux d'intérêt sur
    le marché monétaire


    Les taux d'intérêt ont subi une forte tension par rapport au mois de décembre 1990 (voir Tableau 1). La tension était à son maximum durand les six premiers mois de l'année. Cette pression sur les taux est liée au resserrement des trésoreries bancaires, qui lui même reflète la conjonction de plusieurs facteurs. Il est certain que la levée de l'encadrement du crédit a donné lieu à une forte progression du crédit bancaire. En revanche, cette progression s'est accompagnée par une augmentation, relativement timide, des dépots bancaires. Le réglement par les entreprises de l'impôt sur les sociétés, les souscriptions par le public aux emprunts nationaux, les demandes de devises pour l'achat des céréales et du pétrole et l'élargissement de la réserve monétaire aux comptes sur carnets sont autant de facteurs qui ont pesé sur l'équilibre du marché monétaire.

    Le marché monétaire interbancaire n'a pas été à l'abri de ces tensions. Le niveau des transactions sur ce marché, au cours des cinq premiers mois de 1991, a quasiment doublé par rapport au niveau de fin décembre 1990. Par conséquent, le taux interbancaire a frôlé par moment 14%, contre un maximum de 9% en 1990. La décision de Bank Al-Maghrib de réduire ses interventions sur ce marché explique ces fortes tensions (au cours de 1991 certaines banques ont dû recourir au refinancement au taux d'enfer de 18% ).
    Du reste, les taux d'intervention de Bank-Al Maghrib sur le marché monétaire (déduction faite des opérations spéciales d'avances de l'Institut d'Emission sur effets publics) ont évolué entre 12 et 13.75%.
    Les tensions sur le marché monétaire se sont quelque peu calmées dans la deuxième moitié de l'année, comme si après le rush sur les disponibilités monétaires provoqué par la libéralisation, les marchés soient entrain d'évoluer vers un nouvel équilibre. La durée, et la persistance de ce processus dépendra beaucoup du niveau et des utilisations de l'épargne.

    Interactions avec l'épargne financière


    Le lancement de bons du Trésor à des taux d'intéret réels positifs a provoqué une forte augmentation de la part de l'épargne intérieure drainée par le financement du déficit budgétaire.
    Le Tableau 2 montre que l'épargne liquide (qui comprend outre la quasi-monnaie, les dépôts à la CNCA, au CIH et la BNDE, les avoirs auprès de la caisse d'épargne nationale, les bons du trésor à court terme et les billets de trésorerie) a connu une progression régulière depuis 1980.
    L'évolution positive des taux d'intéret réels depuis le milieu des années 1980 a sans doute encouragé la propension à placer l'argent à terme. Mieux, le taux d'épargne liquide (définie comme le rapport entre l'épargne liquide et le produit intérieur brut) a doublé entre 1980 et 1990, ce qui souligne le développement rapide du recours des agents économiques aux placements liquides et surtout la pertinence d'autres facteurs que l'effet-revenu dans l'explication de l'épargne au Maroc.

    L'introduction et le développement de nouveaux instruments financiers (billets de trésorerie, bons du Trésor à court terme et plus tard la collecte de dépôts auprès du public par le CIH et la BNDE) ont contribué à l'accentuation de ce phénomène. En effet, il convient de constater que le taux d'accroissement annuel de l'épargne liquide a été constamment supérieur à celui de la quasi-monnaie. Ce constat est néanmoins problématique car d'aucuns y verront le poids du recours massif du Trésor au marché financier intérieur et ce depuis la fin de la première moitié des années 1980.
    Les évolutions prévues pour le taux d'inflation (à la hausse) et le niveau du déficit budgétaire (à la baisse) soulèvent plusieurs questions sur la situation des marchés monétaires et financiers à court et moyen termes. Une recrudescence de l'inflation provoque une baisse des taux d'intérêt réels et donc une baisse de l'épargne. Les liquidités ainsi disponibles encourageront la consommation (d'où une tension accrue sur le taux d'inflation et sur le déficit de la balance commerciale) à moins que de nouvelles formules d'épargne ne soient introduites. De plus, la diminution du déficit budgétaire amène l'Etat à drainer moins d'épargne, ce qui augmente les liquidités disponibles et donc atténue la pression sur les taux d'intérêt. Dans ce contexte de «surliquidité», une politique d " OPEN MARKET à travers laquelle la Banque Centrale émettrait des effets pour immobiliser les excès de liquidité pourrait réduire ces tensions.

    Données recueillies et
    analysées par
    Klonic Morocco
    pour L'Economiste

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