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Economie

Taux d'intérêt: Les banques s'expliquent

Par L'Economiste | Edition N°:322 Le 19/03/1998 | Partager

Quel rôle pour les banques? Le colloque sur le bilan du secteur financier s'est en grande partie focalisé sur cette question. Les arguments des banquiers.


Les banques se retrouvent une fois de plus sur la sellette. Se plient-elles ou non aux lois de la concur-rence? Scepticisme des autorités monétaires et sérénité des banquiers.
Depuis plusieurs mois déjà, Bank Al-Maghrib et le Ministère des Finances dénoncent, tour à tour et avec plus ou moins de virulence, la rigidité des taux d'intérêt débiteurs.
Il est vrai que les banques prennent leur temps avant de répercuter les signaux lancés par les pouvoirs publics. Pour preuve, M. Driss Jettou, ex-ministre des Fi-nances, avait annoncé lors de la dernière interview accordée à L'Economiste, une baisse imminente d'un demi-point des taux bancaires. Une détente qui se fait toujours attendre.
Reste que la question de fond est la suivante: Est-ce les banques qui résistent aux lois de l'offre et de la demande ou est-ce les conditions du marché qui les empêchent de répercuter instantanément la baisse sur les taux facturés?

Les banquiers se plaisent à rappeler que les taux débiteurs sont fixés en fonction des taux créditeurs destinés à rémunérer l'épargne et du coût d'intermédiation. A cela s'ajoute la récente application de la TVA. Les banquiers soulignent en outre l'opacité du marché monétaire et les distorsions introduites par le Trésor via ses emprunts. Pour eux, il n'existe à ce jour, aucune référence qui permette d'apprécier le coût réel de l'argent.
Néanmoins, la tendance lourde est à la décrue des taux.
Entre 1990 et 1996, les taux créditeurs ont fléchi de 3 points, passant de 14 à 11%. La rému-nération servie sur les dépôts à terme (DAT) aura, elle, perdu 4,5 points à 9%. "Ce qui prouve que les banques disposent encore d'une marge d'intermédiation confortable", souligne M. Zouhair Chorfi, chef de division au Trésor. Certes, durant cette période de transition, les banques ont dû faire face à la nécessité de renforcer leur assise financière et de provisionner leurs créances en souffrance. "Cette mise à niveau touche à son terme et les taux devraient désormais évoluer en fonction des conditions du marché, incorporant davantage les signaux lancés par les autorités monétaires", poursuit-il.
Imperturbables, les banquiers insistent sur l'existence d'une compétition qui s'exprime sous différentes formes.

"Il est vrai qu'entre 1990 et 1994, les cinq ou six banques les plus agressives se sont livrées une concurrence plutôt consensuelle, compte tenu des besoins massifs du Trésor et des entreprises privées", reconnaît M. Ali Iben Mansour, administrateur-directeur général de la BCM. Mais depuis, la concurrence s'est accentuée du fait de la décélération du rythme des engagements, de la mise en place des TCN et du recul des besoins du Trésor. Sans oublier l'impact du développement du marché financier... toute proportion gardée. M. Mohammed Benmoussa rappelle en effet que le poids des sociétés de bourse reste encore négligeable. Pour preuve, ces intermédiaires contribuent pour 79 millions de DH au produit net bancaire contre près de 10 milliards pour l'ensemble des banques commerciales.
Selon M. Iben Mansour, la concurrence interbancaire s'est d'abord reflétée à travers l'améliora-tion de la qualité de service. L'accent a été mis à la fois sur l'accueil et le traitement des opérations de la clientèle. Cela s'est traduit par des investissements en réaménagements et en équipements informatiques. "Autre composante de la qualité de service, la célérité des traitements des valeurs et des besoins de crédits". Pourtant, à en croire les clients, les chèques hors-place sont toujours traités à J+12 et les dossiers de crédits requièrent plusieurs semaines de va-et-vient.

La concurrence s'est également traduite par un élargissement de la gamme de produits en fonction de la clientèle ciblée.
Quant à la concurrence par le prix, elle devient incontournable compte tenu de la maîtrise du taux d'inflation, de la pression des autorités, de l'assouplissement de la réglementation des changes et de la concurrence des banques étrangères. Pour autant, les banques sont décidées à ne pas compromettre la rentabilité des fonds propres investis. Question de pérennité.


Le secteur bancaire en chiffres


Entre 1990 et 1996, les structures bancaires ont évolué comme suit:
· Le nombre global d'établis-sements bancaires est resté stable avec 20 institutions. Cependant, le secteur a accueilli deux nouvelles structures (la BEX et Média-finance). Deux autres ont disparu via une fusion/acquisition.
· Le réseau s'est accru de 40% à 1.200 guichets avec une forte concentration sur Casablanca qui en compte le tiers.
· Les comptes bancaires ont augmenté au rythme de 8% l'an pour atteindre le chiffre de 1,4 million. Le taux de bancarisation est, lui, passé de 10 à 15%.
· L'effectif s'est accru de 16.300 à 18.000 personnes et le taux d'encadrement est passé de 17 à 26%.
· Les fonds propres ont triplé pour atteindre 17,5 millions de DH et le ratio de solvabilité s'établit à 11% (le standard international étant de 8%). Le total bilan a augmenté au rythme moyen de 10% l'an, passant de 112 à 200 millions de DH.
· Forte concentration des dépôts et des crédits. Les trois premières banques drainent 63% des dépôts et octroient 53% des crédits. "Mais la situation n'est pas figée car parmi les trois banques, celle qui est classée troisième en 1990 passe au premier rang en 1996", explique M. Chorfi de la Direction du Trésor. Il existe bel et bien une concurrence entre les banques les plus dynami-ques.
· Les dépôts dominés par le court terme s'élèvent à 146 milliards en 1996 contre 80 milliards en 1990 (+11 milliards en moyenne par an). Les MRE sont à l'origine de 30% des dépôts et 44 des DAT.
· L'encours global des crédits est, lui, passé de 41 à 94 milliards (+9 milliards par an en moyen-
ne).
· Les banques ont accru leurs produits d'exploitation au rythme de 12% par an en moyenne à 16,7 milliards de DH. Les intérêts perçus au titre des placements en bons du Trésor sont passés de 2 à 4 milliards de DH.
· Côté charges d'exploitation, la part des intérêts servis à la clientèle est passée de 45 à 40%, suite notamment à la décrue des taux. En revanche, les dotations aux provisions ont augmenté de 470 millions à 2,5 milliards de DH, suite notamment à la classification des créances en souffrance.
· Le bénéfice net a augmenté au rythme moyen de 13% l'an pour atteindre 850 millions de DH en 1996. Rapporté aux fonds propres, il représente 11% (taux de rendement).

Mouna KABLY

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