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Taux d'intérêt débiteur : L'étroitesse des marges entrave la libéralisation

Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


Les entreprises dénoncent la cartellisation des banques. Pour les banquiers, les taux sont bien libres mais plusieurs contraintes freinent la concurrence. L'argumentation des banques.


Pour les entreprises, la libéralisation des taux débiteurs instituée par le Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne (CNME) du 26 janvier 1996, a été vidée de son sens. "Cette libéralisation s'est jusqu'à présent limitée à un simple affichage des taux de référence", ironise un trésorier d'entreprise. Les milieux d'affaires reprochent la publication des taux de référence identiques qui ne résulteraient pas des mécanismes de marché. Il est à rappeler que les taux de référence publiés sont toujours de 9,75% pour le court terme, 10,50% pour le moyen terme, 11,25% pour le long terme contre 8,75% pour le crédit export. En outre, pour contribuer à la relance de l'investissement et des exportations, le GPBM avait recommandé en avril dernier, une baisse respective de 0,5% pour le crédit moyen terme et de 0,25% pour le crédit export.

Cependant, les secteurs à haut risque, tels les BTP, sont exposés à une facturation de taux proches du taux plafond. Or, la plupart des entreprises n'ont pas une assise financière solide pour mobiliser des liquidités autrement que par le circuit bancaire.
Pour les trésoriers d'entreprises, cette cartélisation des banques prouve que les dirigeants croient peu à la désintermédiation.
"Elles n'ont pas encore compris que la source de leur marge future se situe non pas au niveau des taux d'intérêt mais dans les nouveaux métiers de l'ingénierie financière, à haute valeur ajoutée". Les banques refusent de voir s'échapper une partie de leur dépôts en faveur des SICAV ou des Titres de Créances Négociables (TCN). L'enjeu est de taille puisque ces dépôts ont totalisé à fin mars plus de 135 milliards de DH, d'après les chiffres du GPBM.
La marge d'intermédiation ne constitue pas la seule source de la banque puisque les commissions sont une composante de la facturation.

Les banques affirment que si la structure des commissions est réétudiée, elles auront la possibilité de revoir les taux débiteurs sans compromettre leur équilibre. Elles restent cependant, sceptiques sur la portée de la mesure car "peu de clients sont prêts à payer la prestation de services à son juste prix".

Le taux seuil

Les banquiers soutiennent que la formation des taux de référence ne résulte pas d'une entente. Les dirigeants mettent en avant l'étroitesse de la marge de manoeuvre liée à la fois aux contraintes d'ordre interne et réglementaire.
"Le taux de référence publié intègre le coût d'intermédiation majoré d'une marge suffisamment attrayante pour la meilleur clientèle", est- il- indiqué. Toutes les banques se sont alignées sur les taux annoncés par la BCP dont la taille lui fait bénéficier de coûts d'intermédiation des plus bas.

Dans tous les pays, le taux annoncé par une grande banque de la place constitue le seuil en dessous duquel toute banque serait perdante. "Notre marge d'intermédiation gravite autour de 1,50% car le taux créditeur est en moyenne de 8,20% et le taux débiteurs à court terme de 9,75% au minimum".
Vu l'étroitesse de la marge, toute réduction de taux débiteurs tirerait vers le bas le taux de rémunération de l'épargne avec le risque de la voir dévier vers d'autres placements.
En fait, les banques doivent constamment observer un équilibre entre la facturation du crédit, le coût d'acquisition des capitaux et le coût de gestion. Une marge d'intermédiation négative tout comme des frais généraux excessifs ou des risques non maîtrisés, peut laminer les fonds propres de la banque.
Pour conforter leur position, les banquiers citent l'exemple de leurs confrères européens. "L'expérience de la compétition des taux vers le bas s'est révélée fatale".

De plus, ils s'inquiètent de la tendance à la baisse que subit la rentabilité globale du secteur et qui risque de s'aggraver en cas de réduction supplémentaire des taux débiteurs. "Notre compte d'exploitation est grevé par une série de prélèvements obligatoires sur les ressources et par un taux d'IS de 39,6%", rappelle un banquier. A cela s'ajoute l'obligation dés 1997 de provisionner à 100% tout crédit douteux et contentieux.

Outre la publication de taux de référence similaires, il est reproché aux banquiers d'effectuer des analyses de risques peu différenciées. Les bailleurs de fonds affirment être tous présents dans les mêmes régions et gérer des portefeuilles presque identiques. Ils en déduisent que les ratings ne peuvent être que similaires. De plus, la plupart des gros clients sont financés par des consortiums bancaires sur la base d'un taux unique. Pour les banquiers, la similitude de la prime de risque serait donc imputable au manque de profondeur de l'économie et au nombre limité d'entreprises débitrices à l'égard du secteur.

Mouna KABLY



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