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    Taux d'intérêt, changes : Les entreprises sceptiques sur la libéralisation

    Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

    Les entreprises dénoncent de plus en plus le comportement conservateur des banquiers. Elles redoutent que la mascarade des taux de référence ne se répète avec le marché des changes, ce qui ôterait toute crédibilité à la libéralisation.


    Les banques n'ont toujours pas digéré la libéralisation des taux d'intérêt. Depuis que le déplafonnement des taux a été décidé, les banques se sont alignées. Les opérateurs qui traitent avec l'étranger craignent que le même scénario ne se reproduise avec le marché des changes.
    "Il n'y a pas de libéralisation. Elle a été vidée de son sens. Tout ce que l'on a, c'est une pancarte de taux de référence publiée dans la presse", s'insurge un trésorier d'entreprise. Pour avoir respecté les règles du jeu institué par l'arrêté du ministre des Finances publié au B.O n° 4.358 du 7 mars 1996, une ou deux petites banques de la place se sont vues momentanément marginalisées sur le marché interbancaire.

    "Nous savons à présent que la sauce à laquelle nous allons être mangés va être bien relevée", ironise le président de la Fédération des BTP. Considéré par les banquiers comme une activité à haut risque, le BTP est exposé à des taux proches du taux plafond.
    Plus grave, les entreprises de ce secteur n'ont pas pour la plupart de structures financières adéquates pour mobiliser des liquidités autrement que par le circuit bancaire.
    Cet exemple illustre bien la relation de dépendance liant le tissu industriel constitué essentiellement de PME sous-capitalisées au système bancaire. Ne disposant pas d'un réel pouvoir de négociation, ces entreprises s'installent dans un véritable cercle vicieux: les banques sont tentées de leur facturer des taux pleins, ce qui les fragilise davantage.

    Quelles que soient leur taille et leur activité, nombre d'entreprises disent craindre que les taux appliqués ne soient systématiquement tirés vers le haut. "La tentation d'octroyer des crédits risqués moyennant un taux très élevé est à atténuer, sachant que le prêt a peu de chances d'être remboursé et qu'il engendrera des coûts de traitement trop onéreux", tempère un banquier. Selon un financier, le taux de référence se serait pas établi en dessous de 9%, si les banques avaient joué le jeu.
    "Bank Al-Maghrib n'a pas à se plaindre de l'alignement de nos taux puisqu'elle-même tarde à fixer le taux d'usure". Il s'agit du taux plafond à ne pas dépasser au risque de se voir appliquer des sanctions. Ce taux devrait s'établir entre 17 et 18% (taux plafond + 1/3), selon un banquier.
    "En fait, le positionnement des banques, précise un trésorier d'entreprise, prouve que les dirigeants ne croient pas à la désintermédiation". A vrai dire, les banques ne veulent pas qu'une partie de leurs dépôts à vue (DAV) se réoriente vers les SICAV et les TCN notamment. L'enjeu est de taille: les DAV totalisent près de 92,5 milliards de DH (chiffres de février 1996 publiés par la Banque centrale).
    "Les banques ont-elles vraiment compris que la source de leur revenu futur ne se situe plus dans la marge sur les taux d'intérêt mais dans les nouveaux métiers?", s'interroge un opérateur. Désormais, la banque bailleur de fonds doit évoluer vers la banque-conseil.

    Banque-conseil

    Concernant le marché des changes, les entreprises redoutent que la marge de manoeuvre laissée aux banques ne les pousse à s'entendre de manière à conserver chacune sa clientèle (Cf L'Economiste du 4 avril 1996). "La mise en place de ce marché revient à un simple transfert de cotation de Bank Al-Maghrib vers les banques commerciales", relève un chef d'entreprise. Ce dernier estime que la cotation s'effectuera désormais dans des fourchettes plus pénalisantes pour l'entreprise, surtout que le nouveau dispositif prévoit un prélèvement au profit du Trésor de 0,2% à l'achat et à la vente de devises au client. De plus, il n'est pas exclu que les banques tentent de tirer vers le haut le taux de change en cas de vente de devises et vers le bas en cas d'achat.
    Poussant plus loin leurs critiques, des entrepreneurs déclarent
    que la mise en place de la réforme des marchés des capitaux est désarticulée. "Tous les compartiments sont là mais sans une cohérence d'ensemble". Pour les milieux d'affaires comme pour les milieux financiers en général, cette réforme passe d'abord par le développement d'un marché des Bons du Trésor (BDT), liquide et animé. "C'est sur ce marché que se dessine la courbe des taux de référence à risque zéro, les BDT représentant un risque nul".
    Et c'est sur cette courbe de référence que viennent se greffer celles des autres marchés, notamment des TCN et des changes (taux d'intérêt Dirhams en fonction des échéances).
    Tant que les IVT (intermédiaires en valeurs du Trésor) n'auront pas joué pleinement leur rôle, des trésoriers d'entreprises considèrent que le marché restera atone.

    Mouna KABLY & Hakima EL MARIKY

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