×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Enquête

    Tannerie et transformation du cuir : L'OFPPT veut former les fils des tanneurs

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager

    L'Institut Supérieur de Tannerie et de Transformation du Cuir, ouvert en octobre 1995, a nécessité un investissement de plus de 57 millions de Dirhams. Outre la formation, cette entité dispose d'un laboratoire d'analyse, d'étude et de recherche dans le domaine concerné.


    Un nouveau pas vers la qualité et la technologie vient d'être franchi dans le domaine de la tannerie et de la transformation du cuir. En effet, ce secteur a connu l'ouverture cette année du premier centre de formation au Maroc regroupant à la fois la tannerie et la transformation du cuir. Cet institut supérieur installé à Sidi Bernoussi vient s'ajouter en fait à celui de l'Hermitage créé en 1990 et qui dispense uniquement la formation en transformation du cuir (à l'exclusion de la tannerie).
    Le nouvel institut a coûté 57,5 millions de Dirhams. L'équipement a été financé par l'UE pour un montant de 40,5 millions. Le terrain et la construction du bâtiment ont été pris en charge par l'OFPPT (17 millions).
    Avant d'intégrer cet institut, le stagiaire doit réussir plusieurs tests. Un stage d'immersion en entreprise est obligatoire avant l'inscription définitive. "Ce moyen nous permet de nous assurer que le candidat s'adapte bien au milieu de l'industrie du cuir, et qu'il ne présente aucune allergie aux produits utilisés dans ce processus de fabrication", note Mme Bouchra Jabrane, directrice de l'institut.

    Former les fils des tanneurs

    Pour sa première année de démarrage, l'institut a accueilli des bachelier, mais aussi des candidats ayant deux ou trois années d'études universitaires à la Faculté des Sciences. Car la formation en tannerie, dont le principal support est la peau qui est une matière vivante, nécessite des connaissances assez approfondies en physique, chimie et microbiologie, confie Mme Jabrane. Actuellement, l'effectif retenu pour cette filière est de 20 personnes. Les stagiaires seront qualifiés pour exercer aussi bien dans des unités de production que dans des laboratoires d'analyse.
    A partir de ce mois, l'institut va lancer une formation continue dans le domaine de la tannerie au profit d'une vingtaine de personnes. Cette formation s'adresse aux apprentis qui apprennent le métier sur le tas. Même si certains d'entre eux connaissent assez bien leur métier, ils ignorent le processus scientifique de fabrication. Plusieurs personnes recensées à travers une étude réalisée par l'institut sur les tanneurs, devront poursuivre une formation de base dans les mois qui viennent. Les tanneries de Fès, de Marrakech et d'Essaouira sont les plus concernées par ce programme. La formation des ressources humaines conditionne l'industrialisation du secteur, rappelle Mme Jabrane. Et d'ajouter: "ils sont nombreux les tanneurs qui hésitent devant l'industrialisation, faute de personnel qualifié". En outre, les tanneries traditionnelles se caractérisent par la consommation irrationnelle de la peau. L'institut s'est fixé alors pour objectif de former les fils des tanneurs dans les régions précitées. Pour cela, un projet de construction d'un internat est prévu pour accueillir les jeunes venus des autres villes. Ce projet a été adopté dans le budget de 1996/97 de l'OFPPT, rassure Mme Jabrane. Une soixantaine de stagiaires pourront ainsi loger dans ce foyer tout en poursuivant leur formation.

    Station de traitement des eaux polluées

    L'institut va jouer également le rôle d'un bureau d'étude. Un promoteur souhaitant investir dans le secteur de la tannerie ou de la transformation du cuir peut s'adresser à l'institut pour bénéficier d'une l'étude concernant la dureté de l'eau qui détermine le choix du site. Le promoteur peut bénéficier aussi d'une assistance pour le choix du matériel ainsi que l'organisation de la main-d'oeuvre et sa qualification. De même, l'institut développe un laboratoire d'analyse, en collaboration avec des experts français, pour veiller sur la qualité des produits fabriquée et le respect des normes.
    Une opération pilote a été par ailleurs réalisée à l'institut. Il s'agit de la première station d'épuration et de traitement des eaux polluées (l'industrie de la tannerie est très polluante à cause de l'utilisation du chrome). Cette station a coûté pour l'OFPPT près de 500.000 FF.
    Une chambre froide a été également installée pour la conservation des peaux. Ce qui donne une meilleure qualité de peau par rapport au système traditionnel.
    Doté de toute cette technologie, l'Institut Supérieur de Tannerie et de Transformation du Cuir compte alimenter ses propres ateliers de formation de la matière première nécessaire. Même l'Institut de Transformation du Cuir de l'Hermitage, qui consommait près d'un million de Dirhams de matière auparavant (pour chaque cycle de formation), sera approvisionné par le nouveau centre.

    Hicham.RAÏQ.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc