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    Affaires

    Tanger: Les habitants du quartier Marshan sans toit

    Par L'Economiste | Edition N°:2410 Le 28/11/2006 | Partager

    . Un glissement de terrain provoque l’effondrement d’une douzaine d’immeubles. Pas de victimes, mais des dégâts matérielsUNE nuit longue et douloureuse. Ainsi se rappeleront les habitants du quartier populaire H’ssisen, près de Marshan, de cette soirée du dimanche à lundi. Pour eux, tout a basculé en quelques minutes: la zone d’immeubles dans lesquels ils vivaient s’est quasiment effondrée comme un château de cartes. Sises sur le flanc d’une des falaises surplombant la plage de Merkala, les maisons se sont dangereusement inclinées sous l’effet d’un affaissement du sol, dimanche vers 20h00. En effet, des travaux de creusage et de terrassement effectués par une entreprise de travaux publics en contrebas de la falaise seraient à l’origine du sinistre. Les dernières précipitations n’ont pas arrangé les choses. «Quand la première maison est tombée, on a cru que c’était une explosion», déclare un habitant. Les autres ont suivi comme dans un jeu de dominos. Hier matin, on recensait une douzaine de demeures écroulées. D’autres risquent de subir le même sort, l’état des fondations du quartier jugé très fragile. Miraculeusement, l’éboulement n’a pas fait de victimes, les habitants ayant eu le temps de vider les lieux. D’ailleurs, la Protection civile a décrété l’évacuation d’une quarantaine de maisons menaçant ruine. Mais toute la nuit et durant la journée du lundi, des gens n’ont pas hésité à braver le danger pour récupérer quelques biens sous les décombres. Le spectacle est désolant, l’ambiance de rage et de désespoir des habitants ressemble à celle de la ville d’Al Hoceïma après le tremblement de terre en février 2004. Les sans-abris ont dû passer la nuit près de leurs affaires de peur d’être volés. Ceux qui ont pu trouver une solution ont déménagé leur maigre trésor dans des camions. Les autres ne savent plus à quel saint se vouer. Ils ont quasiment tout perdu et n’ont d’autre toit que la belle étoile. Pourtant, la sonnette d’alarme avait été tirée. Dès les premiers coups de pioche du projet immobilier, en bas de la falaise, les habitants avaient remarqué des fissures dans les murs. Mais on a fait la sourde oreille à leur inquiétude. Inquiétude justifiée, d’autant plus que la zone, connue pour ses risques de glissement, avait été déclarée non constructible. Mais une dérogation a permis au projet d’habitation de démarrer. A l’heure où nous mettions sous presse, son maître d’ouvrage, la société Tres Cantos, demeurait toujours injoignable.Aujourd’hui, des centaines de personnes ne savent plus que faire. «Personne n’est venu prendre de nos nouvelles», se plaint cette dame qui fait la garde à l’entrée de sa demeure. Devant elle, se dressent tréteaux, meubles, vêtements enroulés dans des draps et ustensiles de cuisine, dans un désordre total. En attendant le lancement d’une enquête pour déterminer les causes et les responsabilités dans ce drame humain, le sort des rescapés reste posé. Les autorités font aussi preuve d’un mutisme anormal. L’effondrement des maisons de Marshan illustre la situation précaire de certains quartiers de la ville face aux intempéries. En 2001 déjà, les quartiers de Béni Makada, Moghogha et d’Aouama avaient été noyés sous les eaux des pluies. Et en 2002, neuf maisons s’étaient écroulées dans l’un des quartiers les plus anciens de la ville. Ce dernier, situé sur une falaise d’environ une trentaine de mètres de haut, avait d’ailleurs, à plusieurs reprises, subi des inondations. En 1996, des glissements de terrain avaient ravagé une partie de la Kasbah, Bab El Bhar, un haut lieu touristique. À côté, le York Castle, un château fort datant du XVIe siècle, a été littéralement scindé en deux. Une longue fissure d’une trentaine de centimètres partage depuis le château en deux.De notre correspondant, Ali ABJIOU

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