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    Economie

    Tamounte: Une mine d’argan

    Par L'Economiste | Edition N°:2776 Le 14/05/2008 | Partager

    . Accor soutient une coopérative locale. Une trentaine de femmes formées à la gestion. Ateliers, matériel, salle de réception: coopérative ou vraie PME?«Dans cette entreprise, il y a une crèche pour vos enfants». Vous n’êtes pas à la Défense (dans la banlieue parisienne), mais à deux heures de route de la ville d’Essaouira. Bienvenue à Tamounte. Ce petit douar de la tribu des Haha héberge l’une des rares entreprises marocaines ayant prévu une crèche pour ses salariées. L’entreprise en question est une coopérative de fabrication d’huile d’argan. Le Roi est passé par là, il y a un an environ, pour inaugurer les nouveaux locaux de la coopérative: un atelier d’écrasement des fruits d’argan, un deuxième équipé en presseurs pour extraire l’huile, une boutique, une aire de repos, une salle de réception, des sanitaires, en plus de la… crèche.Lundi dernier, le 12 mai, la fête était de retour. Cette fois-ci, c’est le conseiller du Roi, André Azoulay, qui a fait le déplacement. Ce dernier était l’invité du groupe Accor qui a initié tout un programme de soutien aux coopératives d’argan de la région. Le préfet de la région, des journalistes, des cadres de Accor et de Planet Finance, des musiciens, des habitants de la ville… étaient tous les invités de l’argan.«Il faut tout faire pour barrer la route à la contrefaçon de l’argan», affirme Azoulay, qui est aussi le président de la Fondation Mohammed VI pour la recherche et la sauvegarde de l’arganier. Ses vertus et son caractère unique confèrent à l’argan une renommée mondiale qui fait de lui aujourd’hui un produit tendance et très prisé. Cela donne naturellement lieu à des comportements opportunistes: spéculation, contrefaçon, fraude, etc. Il faut préserver ce patrimoine: message reçu. L’action de soutien du groupe Accor va dans ce sens. «Au-delà de l’aspect écologique de la notion de développement durable, il s’agit pour notre groupe de participer au développement des personnes: notre personnel et les habitants des régions où notre activité existe», affirme Marc Thépot, DG de Accor Maroc.Assistance technique, alphabétisation, formation sur les notions de base en gestion: l’essentiel du package mis à la disposition d’une centaine de femmes entrepreneuses avec le partenariat de Planet Finance. Elles sont environ une trentaine dans la coopérative de Tamounte.Taârabte est la chef des lieux. «Voulez-vous que les explications soient en arabe ou en français?», demande-t-elle à ses invités. Vous l’avez bien compris, Taârabte, originaire de la région, est au moins trilingue. Elle impressionne davantage lorsqu’elle détaille le fonctionnement de la coopérative. Coût de revient, processus de fabrication, répartition de la richesse créée… des notions qu’elle manipule avec une aisance «naturelle». Elle sait par exemple que ce qui coûte le plus cher dans son produit fini est la bouteille importée d’Italie. «Le contenant coûte plus cher que le contenu»: l’huile d’argan est un produit de luxe.Une deuxième preuve, si besoin est: un litre de cette huile coûte 300 DH. Taârabte explique que le prix a pratiquement triplé ces derniers mois. Pour cause, l’entrant principal, le fruit d’argan, est passé de 1,6 DH à 4,8 DH le kilo. Les femmes de Tamounte, achetant la matière première sur le marché, n’ont que le choix de répercuter la hausse sur le prix de vente final.Il est midi passé d’une demi-heure. Les explications techniques cèdent la place à la musique puis à la cuisine. Les spécialités de la région sont d’un «bio» défiant tout label. Bien que la plus proche source d’eau soit à 5 kilomètres de Tamounte, les verres de thé, tout comme le sourire et les «merhba», sont offerts à volonté. Une hospitalité naturellement spontanée et une bonté de cœur dont on retrouve le goût dans cette huile d’argan rare et unique.Nabil TAOUFIK

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