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Politique

Syndicalisme: Mutation profonde ou crise passagère?

Par L'Economiste | Edition N°:2344 Le 22/08/2006 | Partager

. Perte de crédibilité, centralisation des décisions, opacité financière… . Après la FDT, l’ODT divise encore la CDTScissions et démissions en série. Depuis quelque temps, le champs syndical est devenu très «prolifique». Chaque jour, de nouvelles formations sont constituées et de nouveaux sigles syndicaux voient le jour. Le dernier en date est l’Organisation démocratique du travail (ODT) née de l’éclatement de la CDT, cette vieille centrale qui semble condamnée à l’émiettement. Après une première scission, en 2003, qui a engendré la Fédération démocratique du travail (FDT), le syndicat de Noubir Amaoui subit un deuxième éclatement. Et ce n’est pas sûr que ce soit le dernier. Mais comme le souligne Fouad Benseddik, directeur des méthodes et des relations institutionnelles de Vigeo, «la prolifération des syndicats par divisions successives est plus un signe de morbidité que de vitalité». Selon le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, il existe 23 syndicats à l’échelle nationale, âgés de plus de trois ans (Organisation marocaine des travailleurs unis) à cinquante et un ans (Union marocaine du travail). Un chiffre qu’il faudrait revoir à la hausse selon des syndicalistes qui parlent, eux, de plus de 30 syndicats.Que cachent donc réellement ces démissions en série et ces divisions qui, depuis quelque temps, n’en finissent pas d’éroder le champ syndical au Maroc? Une mutation profonde ou une simple crise conjoncturelle sur fond de querelles intestines révélatrices des ambitions des uns et des autres? Certains plaideraient plutôt pour cette dernière hypothèse. D’autant que cette ébullition du champ syndical coïncide avec la préparation des listes pour le renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers (25 places pour les syndicats). En effet, reconnaît Abdelatif Bouzoubaâ, le timing de leur scission peut donner lieu à de telles interprétations. Mais ce n’est pas, selon lui, «le vrai mobile» des démissions collectives ni de la scission de la CDT. Il n’empêche, ajoute-t-il, «nous ferons le décompte de notre force syndicale et en fonction du résultat, nous pourrons tenter notre chance». «C’est tout à fait légitime», glisse-t-il au passage. Mais au-delà, l’ébullition qui agite la sphère syndicale est plus profonde. L’effritement du champ syndical est la résultante de conflits qui opposent de plus en plus les membres de la sphère dirigeante. Divergences de points de vue, lobbying de toutes sortes, crise de leadership, de crédibilité, centralisation des décisions, opacité de la gestion financière… Résultat, une image brouillée faite de clans, de clientélisme, entachée d’abus de biens et de pouvoir… Voilà la vision que reflète désormais le champ syndical au Maroc. Ali Lotfi, ancien secrétaire général du syndicat national de la santé (CDT) et l’un des principaux meneurs de la nouvelle fronde contre Amaoui, s’élève contre ce qu’il qualifie de mainmise des «retraités» indétrônables et leur record de longévité à la tête de syndicats. «Le Maroc doit être doté d’une loi sur les syndicats qui limiterait les mandats à deux au maximum», suggère-t-il d’ailleurs.Mais, selon le secrétaire général de l’ODT, le comble c’est l’opacité de la gestion financière. Ainsi, martèle-t-il, «personne, même les membres du bureau exécutif de la CDT ne savent pas comment se fait la gestion des finances de cette centrale ni comment sont dépensées les aides perçues chaque année du gouvernement». A la base, les militants perdent leur confiance dans les syndicats. En témoigne le nombre d’adhérents qui, à en croire des syndicalistes eux-mêmes, est en baisse depuis des années.«Cette crise du syndicalisme est générale. Elle n’est pas uniquement propre au Maroc, elle affecte aussi bien le monde arabe que le champ syndical européen», analyse un universitaire. Sauf que, précise-t-il, «contrairement au Maroc où l’on focalise plus sur des aspects spectaculaires comme les démissions, sous d’autres cieux c’est tout le modèle syndical qui est remis en cause». C’est aussi l’avis de ce syndicaliste de l’UGTM: «les militants européens mènent depuis longtemps une réflexion profonde sur le syndicalisme. Il est temps de les imiter». Face aux défis de la mondialisation et à la globalisation des échanges commerciaux, la qualité de l’environnement social est une composante importante pour la survie de l’entreprise et son développement. L’amateurisme et les rivalités n’ont plus de place dans ce nouveau contexte. «A la rentrée attendent des sujets importants: AMO, caisses de retraites, code du travail… La question est de savoir si l’on peut toujours compter sur les syndicats pour renforcer la course du pays pour se positionner.


Un syndicalisme à part!

Fouad Benseddik estime que le syndicalisme marocain est un syndicalisme à part. «Le syndicalisme marocain - comme le disait Louis Chénier, un consul français du XVIIIe siècle à propos du Maroc, ne ressemble qu’à lui-même», dit-il. Il est nationaliste là où le mouvement ouvrier des débuts de l’ère industrielle a commencé par s’affirmer internationaliste. Il est né par le sommet alors que dans le reste du monde il a émergé au sein des corporations de métiers et des mutuelles de secours. Il est dominateur vis-à-vis des partis alors qu’ailleurs il a soit crée des partis (dans la social-démocratie) soit été leur courroie de transmission (dans les cas léninistes).Khadija EL HASSANI

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