×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Surveillance et protection des côtes : Pollution : Les zones critiques en Méditerranée

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Des plages connues, telles que celles d'Asilah, de Mdiq, de Restinga, d'Agadir... présentent d'importants problèmes de pollution et se situent à proximité de rejets d'eaux usées déversées en milieu marin. Constat de la seconde partie de l'étude du LPEE.

    PRES de 70% des points non conformes pour la baignade, analysés par les experts de l'étude menée par le LPEE, se trouvent en Méditerranée. "La dégradation de la Méditerranée vient confirmer la vulnérabilité de cette mer vis-à-vis de la pollution", soulignent d'emblée les ingénieurs du Laboratoire. Depuis juillet 1993, le LPEE effectue des compagnes de mesures et d'analyses au niveau de 18 stations balnéaires réparties le long du littoral marocain, entre la Méditerranée et l'Atlantique. Une seconde étude a été entamée au mois de mai dernier. L'objectif de l'étude, menée à la demande de la Direction des Ports, a été de déterminer l'état de qualité microbiologique et chimique des eaux de baignade conformément aux normes CEE (paramètres de pollution microbiologique et physico-chimique). Au terme de ces études, expliquent les experts du LPEE, il serait possible de localiser les zones de baignade critiques, affectées par les problèmes de pollution et éventuellement de permettre aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la situation de ces zones.

    Les derniers résultats dégagés montrent que 72,2% des points de prélèvements sont de qualité microbiologique acceptable pour la baignade, les 27,8% restants sont de qualité non conforme à la baignade. Ainsi, 8% des stations présentent une mauvaise qualité, 19% des stations sont momentanément polluées, 51% sont de qualité moyenne et 22% ont une qualité microbiologique bonne.

    A l'instar de la première campagne menée en 1993, et pour les points ayant révélé une qualité non conforme, le même programme de surveillance sera maintenu pour l'année suivante. Cependant, pour les points dont la qualité est conforme pour la baignade, le programme pourrait être allégé en vue de pouvoir intégrer d'autres stations au réseau de surveillance. Il s'agit notamment des plages de Saïdia, de Nador, de Tamaris I et II...

    Pour les points analysés, les experts du LPEE signalent qu'à proximité de la quasi-totalité des points de prélèvement, de qualité non conforme pour la baignade, existent les rejets d'eaux usées déversées en milieu marin.

    I Il s'agit notamment de:

    - la plage de Tanger près du rejet déversé à proximité du camping Tingis,

    - la plage de Mdiq située près du rejet urbain déversé en mer, derrière l'hôte Golden Beach,

    - la plage de Restinga: le point de prélèvement est situé au niveau de la plage du Club Med, près du rejet de la station de traitement des eaux usées,

    - la plage d'Asilah, à proximité du rejet principal de la ville,

    - la plage de Mohammédia-ville située près du rejet,

    - la plage d'Agadir à quelques centaines de mètres du port.

    Des dépassements en plomb ont été enregistrés au niveau de certaines zones côtières, dont:

    - la plage de Rabat-Salé, près de l'embouchure de l'oued Bouregreg et dans les zones à forte densité de baigneurs, en face du poste de protection civile de la plage de Salé,

    - la plage de Skhirat dans une zone à forte densité de baigneurs,

    - la plage de Mohammédia-ville à proximité du rejet déversé en mer.

    De son côté, le dépassement en cadmium a été relevé au niveau des plages de Tanger près du rejet déversé en mer et dans la zone à forte densité de baigneurs, et la plage de Aïn Diab au niveau de Sidi Abderrahmane.

    Pour les ingénieurs de l'étude, toutes les zones dont les eaux sont fréquemment polluées, deux années de suite, doivent être interdites à la baignade, "sauf si des améliorations apparaissent". Pour les zones où les eaux sont momentanément polluées deux ans de suite, "des mesures immédiates ou des améliorations à moyen terme doivent être apportées".

    Le réseau de surveillance de la qualité des eaux de baignade a été choisi en fonction de l'importance de la fréquentation, de la nature des lieux, des risques de pollution pouvant exister (embouchures de rivières, proximité d'eaux usées, ou des ports...).

    Les contrôles ont été effectués à raison de deux fois par mois entre mai et septembre et d'une fois tous les deux mois pour le reste de l'année.

    Des tests et des analyses parallèles ont été réalisés conjointement avec l'Institut Pasteur du Maroc et du Ministère de la Santé, en vue de comparer les résultats. Les prélèvements ont été effectués par deux équipes du LPEE, formées chacune d'un technicien supérieur et d'un assistant.

    La fréquence des contrôles ainsi que le programme d'analyses sont ceux recommandés par les directives des pays de l'UE et ceux figurant dans le rapport de l'OMS-PNUE concernant la qualité des eaux de baignade. De plus, faute de valeurs-limites concernant les paramètres physico-chimiques, la qualité chimique a été appréciée sur la base des valeurs de référence utilisées en France et aux Etats-Unis (Californie).

    Les effets pathologiques de certains métaux lourds

    - Le mercure: une ingestion de mercure peut entraîner des problèmes caractérisés essentiellement par une encéphalopathie (affection neurologique et psychique chronique) diffuse avec atteinte notamment des nerfs périphériques.

    - Le cadmium: l'accumulation du cadmium dans le corps humain peut entraîner un dysfonctionnement rénal.

    - Le plomb: il se lie aux globules rouges et par cette voie atteint la peau et les muscles ainsi que certains organes (reins, cerveau, foie, moelle osseuse), mais surtout le tissu osseux.

    - Le chrome: il peut entraîner des problèmes dermatologiques tels que les allergies, les eczémas...

    De manière générale, la présence de germes pathogènes dans l'eau de baignade, insistent les experts du LPEE, peut provoquer des affections bénignes de la sphère ortho-rhinolaryngée (ORL) ou des dérangements intestinaux (gastro-entérites par exemple). Le contrôle microbiologique de la qualité des eaux permet, en outre, de prévenir des risques bien supérieurs liés à la consommation de fruits de mer contaminés (cueillette sauvage en zone insalubre). La toxicité directe, suite à une présence de fortes teneurs en métaux lourds dans une eau de baignade est fonction de la durée de contact avec cette eau. Il est à signaler qu'un problème sanitaire risque de se poser uniquement dans le cas d'un contact prolongé et répété (réaction chimique). Par contre, la voie nutritionnelle peut, du fait des phénomènes de fixation et de concentration, être à l'origine, dans certaines conditions, d'atteintes pathologiques.

    D'autre part, un développement d'algues peut provenir d'une modification de l'équilibre biologique et chimique du milieu aquatique favorisé par un temps ensoleillé, un faible renouvellement des eaux et un excès de nitrate et/ou de phosphate provenant des rejets domestiques ou agricoles.

    Le problème sanitaire reconnu résulte essentiellement de l'ingestion de coquillages contaminés par une toxine. En Europe et en Amérique du Nord, les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes sont des maladies historiquement associées à la consommation de coquillages, d'où leur appellation "fièvres coquillières".

    Dans la plupart des cas, les infections restent latentes, même avec les virus les plus fortement pathogènes. De plus, les symptômes pathologiques correspondant à chaque virus varient selon les caractéristiques de l'hôte, tels que le degré d'immunité, l'âge et la résistance générale, et selon la dose initiale de virus.

    M.O.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc