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    Enquête

    Sur fond de crise, les pharmaciens installés s'attaquent aux diplômés de l'Est

    Par L'Economiste | Edition N°:620 Le 20/10/1999 | Partager

    · La levée de boucliers des pharmaciens déjà installés n'empêche pas les lauréats des pays de l'Est d'ouvrir leur officine

    C'est le malaise chez la communauté des pharmaciens. Après l'histoire des bonus et des remises sur les prix des médicaments ayant permis à des pharmaciens de dépasser la marge de 30%, aujourd'hui c'est le rush des diplômés «d'origines douteuses», notamment des pays de l'Est, et la paupérisation de l'activité qui constituent les principales préoccupations de la profession.
    Le mutisme des pharmaciens sur ces pratiques commerciales lui ont coûté cher en termes d'image auprès de l'opinion publique. Il faut dire que la profession a accumulé un déficit énorme en matière de communication. Ce qui peut expliquer d'ailleurs son absence dans les débats, notamment celui de l'AMO (Assurance-Maladie Obligatoire). La crise économique et la mauvaise répartition géographique des 4.400 officinaux n'arrangent pas les choses.
    Les pharmaciens veulent reprendre les choses en main. Ils relancent le débat sur l'affaire des diplômés de l'Est, nombreux aujourd'hui à s'installer dans les régions périphériques des villes. Le rythme des installations est très élevé, selon le bureau de Chambre Syndicale des Pharmaciens d'Officine de la Wilaya de Rabat-Salé. Sans pour autant généraliser, les pharmaciens remettent en cause la qualité de formation de certains de ces lauréats, dont le cursus ne répond pas aux normes nationales. En Russie par exemple, des étudiants peuvent être acceptés sur un niveau bac. Parfois le cursus ne dépasse pas deux années, indique un membre de la Chambre. Rappelons que c'est l'Etat qui après étude donne au diplôme étranger l'équivalence du diplôme marocain.

    Corporatisme


    Il ne s'agit pas là d'un esprit du corporatisme, se défend M. Kamal Belhaj Soulami, président de la Chambre Syndicale. Bon nombre de pharmaciens ne mâchent pas leurs mots en évoquant le sujet des «faux diplômes». «Nous assistons à un phénomène de blanchiment des diplômes d'origines douteuses», déplore une pharmacienne rbatie. 22,5% des pharmaciens marocains sont formés en ex-URSS et les pays limitrophes, soit la première destination.
    Sur de nombreuses attestations de traduction, le nom des facultés est illisible. Des documents produits par la Chambre Syndicale révèlent l'ampleur de la situation. Pis, des traducteurs ajoutent des spécifications comme «Docteur en pharmacie», alors que le diplôme accordé par l'Université est une maîtrise. Au Maroc, les futurs lauréats en pharmacie doivent justifier un bon niveau scolaire et réussir un concours très sélectif.
    Pour régler le dossier des «faux diplômes», les pharmaciens appellent les pouvoirs publics à respecter des textes déjà existants (Dahir de 1960) pour «stopper l'hémorragie de la multiplication des installations archaïques».
    Il y a quelques années, il fallait attendre six mois pour avoir l'autorisation d'ouvrir son officine. Aujourd'hui, des lauréats des pays de l'Est ayant les diplômes en juin ont pu avoir leurs autorisations en septembre.
    Au plan économique, la situation ne semble pas s'améliorer. Les pharmaciens les plus pessimistes affirment que la profession comme celle des dentistes est de plus en plus sinistrée. Finie l'époque où la pharmacie constituait à l'instar de la médecine une voie royale. Un signe, «alors qu'ils roulaient auparavant dans de beaux véhicules, déplore une pharmacienne, ils sont obligés de se rabattre aujourd'hui sur la voiture économique».

    Mohamed DOUYEB

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