Economie

Succès mitigé de la COP 7 de Marrakech

Par L'Economiste | Edition N°:1141 Le 12/11/2001 | Partager

. La Conférence sur les changements climatiques s'est achevée sans que le Protocole de Kyoto n'ait été ratifiéLes événements se sont déroulés tel que le souhaitaient les militants verts du monde entier, ou presque. La septième conférence des parties s'est terminée, samedi dernier, sur une note positive. Dès le premier jour des travaux de Marrakech, qui ont réuni plusieurs centaines de participants venus du monde entier, les «terroristes de l'environnement«(1) ont fait savoir qu'ils ne céderaient pas. Les plus pessimistes pensaient que les choses rentreraient dans l'ordre après quelques jours de négociations. Mais ils se trompaient. Les pourparlers ont duré longtemps. La cérémonie de clôture devait avoir lieu vendredi soir. Mais le compromis n'a été trouvé que la samedi matin. D'ailleurs, Mohammed El Yazghi, ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et de l'Environnement, également président de la COP 7, a dû intervenir jeudi soir pour prévenir les participants que le Conférence ne sera pas prolongée. «Si un accord n'est pas conclu à temps, la COP 7 sera considérée comme une échec«, a-t-il dit en substance.Le groupe de «l'Ombrelle« qui comptait la Russie, l'Australie, le Canada, le Japon et la Nouvelle Zélande, était le plus virulent. Les acquis de la COP 6-bis (qui s'était déroulée en juillet dernier à Bonn) ont même été sur la table.En somme, trois points essentiels ont fait l'objet de fortes discussions. D'une part, la demande russe d'un doublement de son forfait de «puits«(2) accordé lors de la Conférence de Bonn. D'autre part, l'obligation qu'ont les pays de communiquer des inventaires précis de leurs émissions, notamment des puits de carbone. Et enfin, la nécessité pour participer aux futurs marchés de crédit d'émission(3).Les Etats-Unis, responsables du tiers des émissions des gaz à effet de serre (GES), ont participé à la COP 7 en tant qu'observateurs. Ils n'ont donc pas pris part aux négociations. Leur refus d'adhérer au Protocole de Kyoto a été clair. Quant aux pays en voie de développement, les principales victimes du réchauffement de la Terre, essayent à tout prix d'attirer les investisseurs en énergie propre sur leur sol. Ce qui a poussé certaines ONG à parler de «marchandage de tapis« lors des différents rounds de négociations.Les résultats de la COP 7 et ses conséquences, certes encourageantes, quant au processus d'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, ont permis à Mohammed El Yazghi d'inscrire le nom de Marrakech et par conséquent du Maroc dans l'histoire de l'environnement mondial. Ceci dit, d'énormes efforts devraient être encore consentis afin de ratifier, une fois pour toutes, le Protocole de Kyoto et ce, avant la tenue du Sommet de Rio+10 prévu à Johannesburg en septembre 2002. L'Inde a d'ailleurs présenté son offre d'organiser la COP 8. Un autre round où les pays industrialisés, principaux responsables de l'émission des gaz à effet de serre, remettront certainement en cause les acquis de Marrakech. La COP 7 est un succès politique pour le Maroc et un échec environnemental.Abdelmohsin EL HASSOUNI(1) C'est ainsi que certaines ONG présentes à Marrakech qualifiaient les pays qui s'opposaient à une ratification rapide du Protocole de Kyoto(2) Un «puits« est un nom que donnent les experts environnementaux aux tonnes de carbone susceptibles d'être absorbées par les forêts. Plus un pays dispose de forêts, plus son «puits« est important.(3) Par crédit d'émission, il faut entendre «permis de polluer«.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc