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Strauss-Kahn: L'Europe, c'est aussi des civilisations non chrétiennes

Par L'Economiste | Edition N°:961 Le 20/02/2001 | Partager

. “Les pays du Sud de l'Europe auront besoin du poids du Maghreb et des Balkans”. Mais, l'Euromed ne se fera pas tout seulEncore une ration de gouvernance, et à la sempiternelle sauce mondialisation! Si ça n'avait pas été DSK qui passait le plat, il n'y aurait pas eu grand monde dans le nouvel auditorium de la BCM, pour répondre à l'invitation de la nouvelle association des anciens élèves de Sciences Po. Et cela aurait été bien dommage, car sur un ton bizarrement monocorde, l'ancien ministre français des Finances a servi quelques bons morceaux.D'abord une mise au point: les manifestations antimondialisation ont beau être très télégéniques, “la mondialisation, elle, est globalement bien acceptée, car pour les gens, les bienfaits l'emportent sur les inconvénients, et ils lui attribuent le retour de la croissance”, explique M. Dominique Strauss-Kahn. Mais, prévient-il, si comme cela est probable, la croissance se ralentit, “les critiques vont renaître”. Il ne se fait cependant pas trop de soucis. “Il est très peu probable, sauf accident, qu'une crise majeure vienne remettre en question le mouvement de mondialisation”.. Une planète avec quatre zonesEnsuite, dans les bons morceaux, il faut retenir la planète que DSK décrit. Il y a bien sûr la zone Amérique, qu'il voit s'étendre à l'ensemble du continent, Nord et Sud, avec un très probable rapprochement de l'ALENA (Nord) et du Mercosur (Sud). Il voit aussi des mouvements en Asie. Le Japon n'a pas bien redressé son économie mais son attraction restera importante. La Chine monte très fort et très vite. “Comme les Etats-Unis ne laisseront pas de gaieté de coeur se faire un gros pôle qui leur échapperait”, il faut s'attendre à ce qu'il y ait deux pôles en Asie, la Chine et le Japon. Plus près de nous, l'ancien ministre voit une sorte d'Euromed (Europe et Méditerranée), bien qu'il ne prononce jamais le mot. Mais cette zone ne se fera pas toute seule. Il faut une “gouvernance de la mondialisation”, explique-t-il. “Le processus et la procédure d'élargissement ne sont ni automatiques, ni évolutifs”, remarque M. Strauss-Kahn. Or, l'idée européenne a des fortes composantes méditerranéennes. Il résume son idée en disant que l'Europe, c'est Marx, Beethoven... mais aussi Ibn Sina et les apports “des civilisations qui ne sont pas que chrétiennes”. Aux yeux de l'homme politique, les pays du Sud de l'Europe auront un besoin vital d'apporter avec eux le poids du Maghreb et des Balkans, d'ici un petit quart de siècle. “Ce qu'il faut commencer à préparer dès maintenant”. Ce projet est ce que Dominique Strauss-Kahn appelle la gouvernance de la mondialisation.. La mission des élitesIl y ajoute, autre morceau de résistance pour son auditoire, la “gouvernance de la mondialisation”. Il veut y définir un savoir-être et un savoir-agir, qui se situent entre la démission des élites face aux marchés et le désir de ces mêmes élites de tout vouloir régenter, quitte à se couper du marché. “Je ne suis pas d'accord pour dire que la seule mission des élites, c'est de ne pas faire de bêtises”. Mais, il ne rêve pas: “Il n'y a plus aujourd'hui de politique monétaire ou de politique budgétaire nationales”. A défaut de construire une philosophie complète pour cette troisième voie chère aux socialistes libéraux, il recommande aux élites d'avoir des visions transfrontières et de faire preuve de bon sens. “Il vaut mieux avoir une voix dans un concert que de suivre ou subir la musique en croyant être indépendant”.


Jurassic Park

Il fallait s'y attendre. Dans la salle, un doigt se lève: “M. le Ministre, est-ce normal de financer des dépenses récurrentes avec des recettes exceptionnelles?” La salle se délecte: comment DSK va-t-il se sortir de ce guêpier sans se renier ni se créer des histoires avec son ami en politique, assis là au premier rang, Fathallah Oualalou? Strauss-Kahn tourne et retourne autour du pot, lâche un morceau d'anthologie, pour finir par un “ça dépend!”. Tout le monde rit, y compris Oualalou.Le morceau d'anthologie est de dire que c'est une bonne chose, car l'année prochaine, le budget devra apprendre à être deux fois plus dur, pour rattraper. Plus tard, taquiné sur ce raisonnement, DSK demande si cela sera raconté dans L'Economiste. “Oui, nous avons même une rubrique spéciale pour ce genre de plaisanteries, Jurassic Park”. Commentaire à la DSK: “Quel dur métier que la politique!” Nadia SALAH

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