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    Spécial télécommunications et réseaux : Technologies éprouvées, marché en friche

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    Les nouvelles technologies de la communication, NTC pour les initiés, sont au centre du 2ème Congrès Télécoms et Réseaux. Concrètement, tant la manifestation scientifique que l'exposition tourneront autour de l'intégration des télécommunications, de l'informatique et de la télévision. La première édition, organisée à la technopole de l'Aéroport Mohammed V à Casablanca, était conçue par les organisateurs (la société Id'Com et l'Association Nationale des Ingénieurs Télécoms, ANIT) comme une "sensibilisation", un premier rassemblement des entreprises et des spécialistes de l'activité.
    La 2ème édition s'ouvre aux utilisateurs avertis, aux applications. Elle se veut autant technique que stratégique. Preuve en est la présence, tant à l'ouverture qu'à la clôture, de ministres en charge de départements si peu électroniques que l'Information, l'Agriculture ou l'Enseignement.
    Car la technologie n'est pas un but en soi. Les outils sont là, produits en masse. Il reste à imaginer les applications locales. La plus connue est la télévision.
    2M se développe vers le Nord au prix d'investissements lourds en réseau, ce qui grève sa rentabilité. Cette innovation unique sur le continent doit faire face à la concurrence de toutes les chaînes venues du ciel, via les satellites et les paraboles achetées en contrebande à peu de frais. La télévision locale, autre grand créneau, attend ses autorisations. Il n'y en aura peut-être jamais, pas plus que les radios locales qui demandent encore moins d'argent. L'Etat, si frileux à ouvrir le paysage audiovisuel, l'a vu envahi par une technologie plus forte que tous les contrôles.

    Un autre monopole, celui de l'ONPT, continue de vivre à l'ombre d'un Dahir concocté par le Protectorat pour des impératifs sécuritaires. L'Office a multiplié les lignes téléphoniques par 5 en 10 ans, introduit le GSM, l'échange des données avec Maghripac, le vidéotex, la qualité de service et la publicité. Mais son statut reste le même.
    Il est installé dans un secteur porteur, comme "opérateur", laissant au privé des activités périphériques. Il impose ses priorités, ses prix, dans un pays qui ne jure plus que par la concurrence et la privatisation. L'ONPT s'accroche à sa mission de service public, rappelle qu'il réalise 10% des investissements publics et vient au secours du Budget de l'Etat en lui versant ses bénéfices. Mais Internet nous arrive, après l'Algérie et la Libye sous embargo.
    Les infrastructures, câbles et réseaux, sont en place. Certaines administrations (Finances, Douanes) ont déjà pris ces "autoroutes de l'information", organisant déjà autour de leurs grosses installations informatiques l'échange de données entre leurs sites, et même leurs usages (déclaration douanière). C'est pourquoi le Congrès se tient à Rabat, près des grands comptes.
    Mais les nouvelles technologies ne veulent pas en rester là. L'offre veut tracter la demande, susciter le besoin. Dans l'enseignement, ils sont latents: la visioconférence, le CD Rom et la TV interactive peuvent aller au secours de l'école.

    L'Administration, une autre institution en cause actuellement, peut être dépoussiérée par les nouvelles technologies de la communication: moins de paperasses, plus de célérité dans le traitement des dossiers
    Le secteur privé trouve aussi de nouvelles opportunités grâce au télétravail: l'essentiel de la valeur ajoutée sera demain dans le service et le traitement de l'information. Alcatel a ouvert la voie en employant à Salé des dizaines d'ingénieurs dans la sous-traitance. D'autres entreprises plus petites concoctent logiciels et traitement de texte à la commande. La guerre de la sous-traitance informatique est déjà déclarée.
    L'Inde et le Pakistan se sont déjà placés. Le Maroc devrait s'y engager, éviter de renouveler son échec de la sous-traitance industrielle.

    Khalid BELYAZID

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