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    Souad Sbaï, première Marocaine à rencontrer le Pape

    Par L'Economiste | Edition N°:2371 Le 28/09/2006 | Partager

    . Une MRE témoigne des propos de Benoît XVI . Retour sur une journée pas comme les autresLe pape Benoît XVI, qui a reçu lundi à Castel Gandofo (la résidence d’été des papes en Italie), les ambassadeurs des pays musulmans auprès du Saint-Siège pour une réunion à caractère exceptionnel, «a plaidé pour le dialogue interreligieux. Il ne peut se réduire à un choix passager» a-t-il précisé. Témoin de ces propos, Souad Sbaï, installée à Rome depuis 25 ans et mère de 2 enfants, assure la fonction de conseillère politique auprès du ministère italien de l’Intérieur. Egalement présidente d’une association dédié aux femmes musulmanes (accueil, conseil, accompagnement, etc.), Souad Sbaï trouve le temps d’assurer la fonction de rédacteur en chef du titre de presse Al Maghribya, «unique organe de presse arabe en Italie», déclare-t-elle. Mais lundi 25 septembre, c’est au titre de conseillère politique -et de médiatrice religieuse- que Souad Sbaï a été invitée par Benoît XVI.Après la violente polémique déclenchée par les propos du Saint-Père sur l’islam, la rencontre n’a pas donné lieu à des commentaires sur son «appréciation de l’islam» lors du discours du 12 septembre dernier. Depuis le début du pontificat du pape allemand (avril 2005), c’est la plus grave «affaire» que Benoît XVI doit gérer. Le souverain pontife a exprimé à deux reprises ses regrets (mais jamais ses excuses), pour les réactions que ses propos ont suscité dans le monde musulman, sans toutefois parvenir à calmer tout à fait la polémique. Dans ce contexte particulier, il a redit, lors de l’audience en présence des représentants de 22 pays musulmans, toute l’estime et le profond respect qu’il porte aux croyants musulmans. «La page est tournée. Les sujets abordés ont trait au dialogue entre les religions. Le Pape a exprimé son souhait de continuer à établir des ponts d’amitié avec tous les représentants religieux», indique Souad Sbaï. Cette dernière se souviendra à tout jamais de cette journée. «Je peux vous assurer que cela a été un grand moment. Ces instants, on les vit, on les savoure, avec une délicatesse toute particulière. J’étais très impatiente à l’idée de me retrouver face à Benoît XVI, et je n’ai pas été déçue», précise-t-elle.Elle précise que Benoît XVI a tenu un discours clair et brillant. Le dialogue est une priorité aussi bien pour tous les musulmans que pour l’ensemble des chrétiens. «Le chef de l’Eglise a émis le souhait que les relations confiantes qui se sont développées entre chrétiens et musulmans depuis de nombreuses années doivent non seulement se poursuivrent mais surtout se développer dans un esprit de dialogue sincère et respectueux», poursuit-elle.La rencontre-événement, qui a duré environ une demi-heure, a rempli de joie et de bonheur la conseillère politique. «A défaut d’être impressionnée, même s’il faut bien avouer que l’on ne rencontre pas le Pape tous les jours, je garde en mémoire une pellicule de photographies et un extrait de parfum propre à l’atmosphère ambiante qui régnait», confie Souad Sbaï, encore sous le coup de l’émotion. Cette première «collation» devrait être le coup d’envoi d’un cycle de rendez-vous entre les autorités religieuses et les responsables politiques, qui doivent assumer leur responsabilité, celle d’aider les peuples à combattre toute forme d’intolérance et s’opposer à toute manifestation de violence. Une vision partagée par Souad Sbaï. «Il est vrai que nous devons être aptes à relever les divers défis qui s’offrent à nous pour assurer la défense des libertés religieuses», conclut-elle.


    Le parcours de l’enfant de Mohammedia

    Née à Mohammedia en 1962, Souad Sbaï a suivi ses études secondaires dans sa ville natale avant d’émigrer en Italie au courant de l’année 1981 après son mariage avec un Italien d’origine libanaise. Diplômée de philosophie et d’études islamiques, elle prépare une thèse de droit comparé. Connue pour son engagement dans la défense des droits humains, Souad Sbaï collabore également à une publication mensuelle intitulée «Les étrangers en Italie».Rachid HALLAOUY

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