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    Sondage : L'Economiste-Sunergia : Les institutions et les activités de demain

    Par L'Economiste | Edition N°:217 Le 15/02/1996 | Partager

    Demain, les grandes entreprises prendront le pas sur le reste. L'ONA, pour 25,8% des cadres est citée comme institution importante, contre 5,3% pour le parlement. Ce sont les moins de 30 ans, les chefs d'entreprise y croient le plus. Les fonctionnaires résistent un peu, mais n'ont rien trouvé de mieux que l'ONA Au premier groupe privé succède le premier groupe public, l'OCP, bien défendu par les 30-39 ans. L'office était le -l'entreprise vedette- du temps de leur jeunesse. Curieusement, les dames ne croit pas trop à l'influence à venir de l'OCP. Drôle d'intuition féminine.
    En revanche la RAM à plus les faveurs de ces dames. La compagnie aérienne au produit plus connu arrive en 3ème en position.

    Puis c'est la chute, à moins de 10% des citations. Le "secteur privé" reste une vague nébuleuse, pas une institution. Les banques (dans un échantillons de cadres!) auront une influence limitée, à peine plus forte que le parlement ou les Universités. Celles-ci ont perdu leur aura des années 70 où elles étaient le foyer de la contestation sociale et de la promotion individuel. Les syndicats sont d'autres grands oublies qui ont tout intérêt à se pencher sur leur image, de même que les médias avec 2,3% de citations spontanées. A la question relance, 2M compter pour le 1/4 des sondés, surtout les femmes et les jeunes cadres. La télévision par satellite, en dépit de la prolifération des paraboles, n'aura pas autant d'influence demain. La presse écrit récolte aussi 21% des citations.
    La relance sur les entreprises ne repêche ni la Somaca, ni la Samir, ni les PME.
    Par ailleurs, la relance repêche les ministères, important pour 42% des sondés. L'intérieur arrive encore premier devant les finances et le commerce et l'industrie.
    Par secteur économique, l'industrie et l'agriculture sont prévues pour rester aussi importante l'une que l'autre par le 1/4 des sondés. Et le tourisme, malgré la crise qu'il traverse suscite encore des espoirs. Les textiles ne sont plus considérés comme porteurs, de même que tout le secteur financier appelé à tous les développements avec la bourse.
    Par "technologie", l'informatique arrive en tête avec 59,5% des sondés, suivie des télécommunications (22%) et de l'électronique.
    Tout le monde a compris. Nous entrons, de gré ou de force, dans le multimédia.
    En revanche, la "communication" n'est pas une "technologie" porteuse, tout comme les agences de publicité ne sont pas considérées comme des institutions qui influenceront la vie demain.
    Au plan géographique, Casablanca est perçue pour être la ville importante demain pour 54% des sondés, très loin devant Tanger avec 6,2%. Rabat est à peine citée. Ici encore, c'est le pouvoir d'aujourd'hui qui donnera le pouvoir demain.
    Arguments: "c'est la capitale économique", une "zone industrielle importante", qui englobe tous les secteurs d'activité.
    Tous les discours sur la décentralisation n'ont pas convaincu.

    Les grandes craintes moins de 10% inquiets de l'intégrisme

    La fin de siècle, pour les Marocains comme pour le monde, s'annonce avec de grandes peurs. Le chômage arrive de loin comme leur première crainte. Chacun pouvant en citer plusieurs, ils sont 37% des sondés à craindre le chômage. Naturellement, ce sont les jeunes de moins de 30 ans qui le craignent le plus, car ils peuvent l'expérimenter à la recherche d'un premier emploi. Curieusement, les fonctionnaires, qui bénéficient de la sécurité de l'emploi, s'inquiètent plus que les cadres et les chefs d'entreprise. C'est qu'ils ne peuvent donner à leurs enfants ce précieux avantage qu'ils ont acquis pour eux-mêmes.

    Loin derrière le chômage arrive le "mauvais enseignement" (11,7% le citent) pourtant si décrié par les parents, les étudiants, les enseignants, les officiels, au niveau de tous les discours. Ce sont les femmes qui sont les plus inquiètes (16,3%) et les fonctionnaires qui le sont le moins (8,3%). Pour le confirmer, leur ville-fief, Rabat, est 2 fois moins inquiète que Casablanca.

    Arrive ensuite "l'instabilité politique", crainte tout aussi limitée à 10% des sondés. C'est à peine si les 30-39 ans, génération impatiente, sont grisés par l'altérnance qui se profile. Les femmes et les moins de 30 ans sont les plus confiants.

    L'intégrisme n'est une menace que pour 30 cadres sur 341, soit 8,8% des sondés. Un pays pétri de religion ne s'inquiète pas de ses excès éventuels. La démographie, mère de tous les maux, de l'emploi à l'urbanisation, n'inquiète pas non plus.

    Inconscience ou résultat des premiers reculs de la natalité, la sécheresse, le manque de couverture sociale, le sida et même la corruption ne sont pas les grandes craintes pour demain.

    L'art et la culture : Tahar Ben Jelloun encore

    Aucun jeune talent ne va éclore! Le sondage place Tahar Ben Jelloun en tête des hommes de la culture qui vont compter demain. Il est suivi de près par Tayeb Seddiki. Tazi et Skiredj arrivent loin derrière, bénéficiant de l'effet "A la recherche du mari de ma femme". Sans doute le public attend la suite du film.
    Tahar Ben Jelloun, déjà plébiscité (Sunergia-L'Economiste) par un précédent sondage comme l'homme qui représente le mieux le Maroc à l'étranger, est attendu pour continuer sur sa lancée.
    Ils sont 22,9% des sondés à le citer et 14,7% à le placer en tête. C'est le Prix Goncourt qui donne à l'écrivain cet avantage. Suit la "richesse de son oeuvre", son "style simple et clair". Finalement le livre, en dépit des faibles ventes, est consacré ici comme la forme culturelle par excellence, par son meilleur représentant. L'audiovisuel tant consommé ne s'impose pas.

    Ce n'est d'ailleurs pas le film de Tayeb Saddiki (Zeft) qui le met en seconde position mais son théâtre dont il a tant "marqué l'histoire". C'est un homme dont "l'expérience" et la "culture" (40 ans) sont reconnues pour pouvoir donner à l'avenir. En attendant, il reprend les Maqamat. La réalisation de son espace lui donne 3 citations.
    Arrive en 3ème position un spécialiste de demain, et même de la prospective. Mehdi El Menjdra, universitaire de tous le colloques, tombe néanmoins à moins de 10% de citation: 8,2%. Mais tous ceux qui le citent le placent en premier. Ceux qui le connaissent sont ses inconditionnels. Motif essentiel: il est "cultivé". Certains croient qu'il fait de la politique.
    Viennent ensuite dans un mouchoir de poche le cinéaste Abderrahmane Tazi (7,3% le citent, 2,9% le placent en premier rang) et son acteur préféré Bachir Skiredj (6,5% le citent, 3,5% le placent au premier rang). Le premier a "épaté le public", avec "une oeuvre à la hauteur", le second est un "acteur fabuleux" qui "bouleverse le cinéma marocain".
    L'ennui est que pour demain le cinéaste et l'acteur ne s'entendent plus. En attendant, les spots pour la privatisation continuent l'histoire. D'autres valeurs sûres sont reléguées au second rang. Ils ont déjà donné. Tayeb Lâalej et même Bziz et Baz malgré toutes leurs prétentions, Mouna Fettou, Rajâa Benlemlih et Hanane Fadili sont à peine évoquées, malgré leur charme.

    Ceux qui marqueront la politique

    Deux USFP devant deux ministres

    Encore M. Oualalou. Deuxième pour ceux qui marqueront l'économie demain, il est premier de ceux qui marqueront le domaine politique. Mais auparavant, il faut signaler qu'un bon tiers des sondés ne répond pas à cette question. C'est un signe. Ou bien le Marocain n'est pas à l'aise pour déclarer publiquement ses opinions politiques, ou bien il n'a pas de visibilité de l'avenir politique, même immédiat. Les changements de gouvernement, et le débat sur l'alternance qui ne vient pas y sont pour quelque chose.

    M. Oualalou est néanmoins cité par 19,6% des sondés, et il est confirmé en première position par 12,3% d'entre eux. Si pour l'économie, sa coloration disparaît au profit de la dimension universitaire et intellectuelle, ici l'essentiel apparaît. M. Oualalou est choisi d'abord parce que c'est un "vrai homme politique", "compétent". Le fait qu'il soit "économiste" vient ensuite.

    Par catégorie, il marque surtout les 30-39 ans, les cadres du privé (il se rattrape) et Rabat. Aux yeux de notre échantillon, il passe d'un point devant son leader, M. Abderrahmane Yousfi, premier secrétaire de l'USFP. Celui-ci est cité par 11,8% des gens et est mis au premier rang par 11,1% d'entre eux.

    Lui aussi se voit attribuer l'étiquette de "vrai homme politique", "expérimenté" et compétent". Deux personnes pensent qu'il va être probablement "chef de gouvernement". Il a moins les faveurs des cadres et chefs d'entreprise que M. Oualalou, mais le dépasse largement chez les fonctionnaires et chez les plus de 40 ans.

    Chaque génération croit en l'avenir de l'homme qui lui est proche.

    Deux leaders du l'USFP se taillent donc les premières places devant un troisième homme, M. Driss Basri, ministre d'Etat à l'Intérieur. Ils sont 10,6% des sondés à le citer pour marquer l'avenir politique du pays, mais 5,9% à le mettre en premier. Ici encore, la fonction porte l'homme, et l'image est marquée: "Il a le pouvoir", "c'est un grand décideur", c'est aussi un "vrai homme politique", qui a "beaucoup d'expérience". M. Basri fait de meilleurs scores dans le secteur privé que public,

    Khalid BELYAZID

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