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Sommet climatique: Le plan français contesté

Par | Edition N°:2918 Le 11/12/2008 | Partager

. Le Conseil européen réuni ces 11 et 12 décembreLA présidence française de l’Europe tient, aujourd’hui 11 et demain 12 décembre, son dernier Conseil européen. Si Nicolas Sarkozy parvient à obtenir l’accord des 27 sur les trois dossiers: relance de l’économie européenne, poursuite de la ratification du traité de Lisbonne et plan climatique, il aurait achevé son mandat avec brio. Sur ce dernier point, le plan européen sur le climat vise à faire du Vieux continent le champion de la lutte contre le réchauffement climatique. Un accord des 27 sur ce texte, à Bruxelles, représenterait un véritable triomphe pour le président français. En effet, une dizaine de pays menacent de faire front commun contre ce plan. Ils craignent que le «paquet énergie-climat» leur coûte cher, en menaçant la compétitivité de leur industrie. Ce plan prévoit de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre en Europe, d’atteindre 20% d’énergies renouvelables dans la consommation européenne et de réaliser 20 % d’économie d’énergie.La principale pomme de discorde entre les 27 porte sur la mise aux enchères des quotas de CO2, actuellement gratuits, à partir de 2013, selon le principe pollueur-payeur. Un problème pour les pays de l’Est, très dépendant du charbon. Mais pour faire passer le texte, la présidence française pourrait accorder une dérogation à la Pologne (l’un des principaux pollueurs européens) et aux gros consommateurs de charbon. Ces pays pourraient ainsi bénéficier d’un régime préférentiel qui leur permettrait de prétendre à des quotas gratuits pour leurs centrales de charbon jusqu’en 2016. Et il y a aussi les réticences des «poids lourds» de l’UE: l’Italie, qui a menacé d’opposer son veto, même si la ministre italienne de l’environnement se déclare «prudemment optimiste» sur la possibilité d’un accord. Elle répète cependant que l’Italie ne «renoncera pas» à certains points, en particulier «une clause de révision de tous les objectifs» en 2014 et la gratuité des permis d’émission pour les secteurs de l’industrie fortement consommateurs d’énergie et ceux «exposés à la concurrence extra-européenne». Il y a surtout l’Allemagne qui tient à défendre son industrie frappée de plein fouet par la crise. Berlin avait prévenu qu’il «veillerait» à ce que les 27 ne prennent «pas de mesures qui mettent en danger des emplois ou des investissements en Allemagne», notamment l’automobile, la chimie ou l’acier. Sachant que le plan nécessite l’unanimité des 27 pour qu’il soit adopté, les débats ne manqueront pas d’être relevés.Synthèse de L’Economiste

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