×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Société immobilière Balima: l'histoire d'une entreprise de 70 ans

    Par L'Economiste | Edition N°:482 Le 09/04/1999 | Partager

    · A contre-courant, la société immobilière Balima a toujours refusé d'investir le créneau de la promotion immobilière
    · Créée en 1928, la société Balima construit des immeubles «pour durer» et orientés exclusivement vers le locatif

    Transparente mais discrète, la société Balima fait sans nul doute partie des sociétés les plus connues de Rabat avec la fameuse esplanade en face du Parlement. Avec sa vingtaine d'immeubles sur l'avenue Mohammed V, elle a marqué de son sceau l'architecture de la capitale administrative. Son histoire est très peu commune. Alors que les entrepreneurs ont effectué un rush sur la promotion immobilière dans les années 80, époque de la spéculation, la société Balima, elle, est restée fidèle à la tradition de ses fondateurs, à savoir construire des immeubles à usage locatif. Elle n'a jamais été tentée par la promotion immobilière et ce, en dépit des turbulences connues par le secteur. La stratégie de la société est et demeure inchangée, soixante-dix ans après sa création. «Elle a perpétué à travers les âges la tradition de bâtisseur des fondateurs de la société, des immeubles construits pour durer», souligne Mme Jacqueline Mathias, responsable de la société. Celle-ci dirige la société depuis 1981, date du décès du fondateur. La société immobilière Balima a été créée en 1928 par trois amis, MM. Bardi, Liorel et Mathias, à une époque où le nom des personnes influençaient énormément le sigle de l'entreprise. «Il était par conséquent normal qu'à travers le sigle se retrouve le nom des fondateurs, Ba (Bardi), li (Liorel) et ma (Mathias)».

    Tradition de «bâtisseur»


    La mentalité de promoteur immobilier de M. Bardi fera qu'il quittera très tôt l'entreprise. Les deux autres associés poursuivront seuls pendant des années le développement de la société Balima. Le premier immeuble d'une longue série sera celui qui se trouve actuellement juste en face du Parlement sur l'avenue Mohammed V. C'est d'ailleurs, pour la petite histoire, M. André Liorel qui construira le Parlement à l'endroit même où se trouvait un Palais de la Justice.
    La tradition de «bâtisseur» et non de promoteur, comme l'aime à le souligner Mme Jacqueline Mathias, fait que l'ensemble du patrimoine est orienté vers le locatif. Elle ne changera jamais d'objectif et ce, en dépit d'une législation régissant les propriétaires et les locataires décourageante et d'une justice marquée par les lenteurs procédurales.
    «Visionnaire», les hommes introduisent la société en bourse dès 1946.
    Aujourd'hui, la société compte une vingtaine d'immeubles dont 90% construits par elle-même. Le patrimoine est composée d'un ensemble d'immeubles d'âges variés et de standings différents.
    Selon le dicton qui n'avance pas recule, la société envisage d'investir 20 millions de DH sur 3 ans pour la rénovation et la construction de nouveaux immeubles. La somme reste sans nul doute faible. Mais, dans l'ensemble, les immeubles de la société sont bien entretenus, l'entretien étant régulier. Aussi cette enveloppe permet-elle de s'orienter vers les travaux de rénovation de quelques immeubles et vers la construction. La société dispose de trois types de baux: habitation, commercial et professionnel. L'habitation représente 45% du montant des revenus locatifs, le commercial 42% et le professionnel le reste.


    La hantise de la vente des «clés»


    Pratique courante et bête noire des propriétaires, la vente des clés ou du pas-de-porte donne du fil à retordre. Sans base légale, le locataire cède son habitation à un autre moyennant des sommes importantes mais avec un loyer identique à celui qu'il paye. Il lui cède en général un loyer bas. Cette pratique courante empêche la réévaluation des loyers. Comme les autres sociétés immobilières locatives, la société Balima n'y échappe pas, bien qu'elle lutte contre ces usages. «Ce sont des occupants sans droit, ni titre», précise Mme Mathias. Mais ils sont difficiles à déloger. C'est d'ailleurs ce qui freine le locatif d'une manière générale.

    Fatima MOSSADEQ

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc