×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Six ans de règne
Moudawana: Période cruciale pour la jurisprudence

Par L'Economiste | Edition N°:2075 Le 29/07/2005 | Partager

. Avancées certaines malgré les résistances. Retentissant succès politique et socialVÉRITABLE bouleversement social, la Moudawana nouvelle version, ou code de la famille, a assurément été un des plus importants chantiers entrepris par SM le Roi Mohammed VI depuis son accession au Trône. Le Souverain a choisi l’émancipation de la femme comme un des fers de lance du développement économique et social. En octobre 2003, le discours d’ouverture parlementaire est consacré dans sa quasi-totalité à la femme marocaine. Le contexte du moment s’y prêtait. Les femmes marocaines réclamaient leurs droits depuis des décennies. La société arabo-musulmane dans laquelle elles évoluaient, les habitudes culturelles et surtout les pratiques dans les tribunaux ne leur avaient guère donné l’occasion de s’émanciper. Et les lois en vigueur, qui n’étaient pas en leur faveur, n’arrangeaient pas les choses. De l’autre rive de la Méditerranée, les évolutions sont palpables. Les associations féminines et des droits de l’homme réclament l’égalité au sein de la société et du couple. Dans un Maroc de tolérance, d’ouverture sur le monde extérieur et de modernité, les droits de la femme pouvaient-ils être relégués au second plan? La pression internationale est grande et la question de la femme est placée au même niveau que celle des droits de l’homme ou de la liberté d’expression. SM Mohammed VI en est conscient. En interne, le mécontentement des associations féminines, représentatives d’une large couche de la population, est de plus en plus grand. Face à elles, les extrémistes se proclamant d’une idéologie musulmane, véhiculent l’image d’un Maroc qui ne correspond pas à la réalité. Le pays a finalement besoin d’une nouvelle dynamique. Les jeunes de toutes les classes sociales, nombreux dans un pays à forte démographie, rêvent d’ouverture et d’émancipation.Le code de la famille est venu répondre à toutes ces exigences et probablement d’autres encore. Le Souverain a réalisé une des plus grandes réussites politiques et sociales. La conception de ce code n’est pourtant pas de tout repos. Les conservatismes ralentissent son élaboration. A certains préceptes religieux, s’ajoutent les comportements machistes. SM Mohammed VI tranche. Le geste est courageux à l’heure où l’extrémisme religieux islamiste bat son plein à travers le monde. Le Maroc rompt avec son passé. L’homme et la femme seront désormais égaux dans le couple, les droits des enfants protégés, les responsabilités partagées. Le nouveau code de la famille dépasse le simple cadre de la cellule familiale. Il représente un projet de société pour le pays. Les avancées qu’il apporte sont indéniables. L’initiative d’ériger l’égalité en principe fondamental des rapports régissant le couple est une révolution. Indéniablement, les résistances sont grandes. Les plus conservateurs expriment leur mécontentement même si l’ensemble des forces politiques applaudissent l’initiative. La réalité est tout autre. Dans les tribunaux, certains juges, des hommes pour la plupart, continuent, lorsque la possibilité leur est donnée, de statuer comme si la nouvelle Moudawana n’avait pas apporté cet immense lot de nouveautés. Les nouvelles lois leur laissent une marge de manœuvre importante. Ils encadrent la relation conjugale, gèrent les conflits et les missions de conciliation, protègent les intérêts des enfants. Il faudra probablement du temps et encore une longue bataille pour que le système fonctionne en conformité avec la nouvelle philosophie. Les premiers jugements prononcés sous cette «ère» constituent les prémices d’une jurisprudence. La phase actuelle est cruciale. Elle déterminera la véritable suprématie de ce nouvel état d’esprit égalitaire. Sur le plan international, le code de la famille marque le début d’une nouvelle étape, du moins sur le plan marketing. L’émancipation de la femme, à laquelle tiennent fermement les régimes occidentaux, surtout dans les pays arabo-musulmans, est effective au Maroc. Le pays se tourne vers l’avenir.Amale DAOUD

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc