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Economie

Six ans de règne
La panne de la politique économique

Par L'Economiste | Edition N°:2075 Le 29/07/2005 | Partager

. Malgré les réussites sur des questions plus difficiles, celle de la croissance reste entière. Mésententes, paranoïa et soupçon chez les élitesSur des questions bien compliquées comme l’autorité, la religion, le terrorisme, les droits de l’homme, l’évolution de la famille… (que la société marocaine considérait comme des tabous), le jeune règne de SM le Roi Mohammed VI a été remarquablement adroit et efficace (cf. infra). Par contre, l’économie reste en rade; et ce moment où, justement, à cause de l’Initiative de développement humain, à cause des multiples accords de libre-échange, à cause de la persistance du chômage et la réapparition d’un déficit budgétaire préoccupant, la croissance économique est vitale.Les pannes économiques sont préoccupantes et d’ailleurs préoccupent les élites, sans qu’elles parviennent à trouver de solution. Au contraire, comme l’a montré la violente polémique entre le patron de la CGEM et l’entourage du Palais (ce qui ne veut pas dire le Palais lui-même), les élites ne se comprennent plus. Pis, elles se soupçonnent mutuellement, l’une de vouloir la mort de l’autre. Cette mésentente accroît évidemment le malaise et met encore une fois en attente les espoirs de relance: parfois, les entrepreneurs se demandent si les courtisans ne veulent pas faire d’eux les boucs émissaires de l’échec économique tandis que ces courtisans se demandent si les entrepreneurs ne complotent pas une grève des investissements.Pourtant, la réalité est bien loin de ces paranoïas.A la veille de la fête du Trône, la Commission des investissements, présidée par le Premier ministre Jettou, a approuvé des aides de nature diverse pour plus de 15 milliards de DH d’investissements (cf. L’Economiste du 28 juillet; www.leconomiste.com). On ne connaît pas le niveau de réalisation des projets: si des comptes sont tenus, ce qui n’est pas facile à faire et toujours sujet à discussion, ils ne sont pas rendus publics. Mais il n’en reste pas moins que ces investissements sont énormes, répartis entre des gros projets et des programmes moyens, y compris sur des secteurs que l’on dit pourtant sans avenir. Dans le même temps, depuis plusieurs années, la consommation électrique, celle de ciments, les importations de machines… affichent des taux de croissance élevés, bien plus que ceux du PIB. Ce sont des signes qui ne trompent pas sur le niveau de l’activité.Et pourtant le Maroc continue sa lente descente dans les classements mondiaux: il y a trente ans, il était dans le haut du tableau des pays moyens (selon le classement de la Banque mondiale, qui retient le PIB par tête), il a glissé vers le milieu du tableau et maintenant, le voilà qui aborde le bas de ce même tableau. Ce qui veut dire que les autres sont allés plus vite que nous. Certes, et chacun le sait, le produit intérieur brut cerne fort mal la réalité du Maroc: trop d’informel qui plus est, inégalement réparti d’un domaine à l’autre, des pondérations qui ne correspondent plus à grand-chose… Quant aux indicateurs sociaux, ils sont sans doute de meilleure facture technique, mais catastrophiques quant à la réalité qu’ils décrivent. Du point de vue du développement humain, le Maroc se range parmi les pays les moins avancés, les PMA, une catégorie qui regroupe tous ceux qui sont à la traîne. Cette glissade dans les classements mondiaux ne date pas d’hier, mais pour l’instant, aucune recette pour renverser la tendance n’a été découverte: la structure productive n’évolue pas. Ou plus exactement, rien d’efficace n’a pris le relais des changements intervenus dans les années 80, grâce ou à cause du programme d’ajustement structurel, patronné par les ordonnances du FMI.Pourtant, on sait, pour l’expérimenter tous les jours, que le tissu entrepreneurial a une très forte capacité de mobilisation, pour peu que des objectifs clairs, respectant les principes libéraux, lui soient imposés (voir infra, les grands chantiers qui marchent). Mais ces objectifs restent flous, avec parfois des actes contradictoires. Ainsi en va-t-il de la libéralisation de l’audiovisuel quand trois chaînes de radios sont installées sans droit et que l’Etat lui-même lance des chaînes de TV pour occuper le terrain avant l’arrivée des opérateurs privés. Quand les principes de gouvernance tournent à l’incantation contradictoire avec les actes, même si cela ne concerne que des activités marginales, il est logique que les élites se sentent perdues ce qui n’est pas bon pour le taux de croissance.Nadia SALAH

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