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Sidi Yahya: Le bidonville où l’on rêvait de dignité

Par L'Economiste | Edition N°:2655 Le 20/11/2007 | Partager

. Ses habitants se substituent aux autorités pour améliorer leur cadre de vie. Une amicale supervise le chantier de raccord à l’eau et à l’électricité. Alphabétisation, qualification professionnelle… la jeunesse se prend en main Sidi Yahya. Une ville nichée au creux d’un bois, à quelques kilomètres de Kénitra. Une bourgade où le temps semble s’écouler au ralenti. Sauf peut-être pour son bidonville, le douar Chanti. Ses habitants ont su se mobiliser pour rénover leur cadre de vie.Né un peu par hasard aux portes de la base militaire qui opérait du temps du protectorat, ce bidonville ne ressemblait à rien, il y a encore dix ans. Aujourd’hui, les 15.000 habitants de Chanti sont bien mieux lotis que leurs homologues d’autres bidonvilles du Royaume. Ils peuvent circuler de nuit sur une route asphaltée et éclairée, accéder à l’eau potable, à l’électricité et à l’assainissement… En cas de besoin, il leur est aussi possible de s’approvisionner dans la pharmacie établie au centre du douar. Bref, l’appellation de bidonville convient de moins en moins au lieu. «Aide-toi et le ciel t’aidera!». Telle est la morale de la surprenante histoire de Chanti. Une histoire que Bouchaïb, un des épiciers du douar, aime à raconter: «Les choses ont changé quand les habitants ont pris leur destin en main». A peine sa phrase terminée, un camion de livraison de boisson gazeuse stationne au pas de son commerce: «Voyez! La voie d’accès, qui traverse de bout en bout le douar, a facilité l’approvisionnement en marchandises de ma petite affaire».  Un autre usager du douar, Hassan, tient à préciser que les autorités n’y sont pour rien. Ou presque: «La commune a assuré l’équipement en infrastructures de la seule artère principale du Douar. Le reste des travaux, c’est la population qui en assuré l’achèvement». L’expérience a débuté avec une dizaine de familles. Elles ont creusé des canaux, raccordé leur logement au réseau d’assainissement, installé des bouches d’égouts, tout en gérant l’approvisionnement en matériaux de construction… Des familles pionnières fortement encouragées puis relayées par une poignée de jeunes, qui se sont constitués en une amicale, bien nommée Assakaniya. Ni bureaucratie, ni paperasse, la jeune association est «un porte-voix des habitants du douar auprès des autorités», insiste Bouazza, son président. Particulièrement sensible aux problèmes de l’autre, le jeune homme déborde d’énergie autant que d’activités. Son troisième cycle d’arabe classique et ses cours d’alphabétisation au profit de sa communauté lui donnent déjà fort à faire. Pourtant, il ne peut s’empêcher de travailler, chaque jour, au bien-être des habitants du douar: «Ce n’est pas parce qu’on habite un bidonville qu’on ne désire pas une vie digne», s’enflamme-t-il. La première prouesse d’Assakaniya est de s’imposer en interlocuteur fiable auprès de l’Etat. L’enthousiasme de l’association convainc l’Usaid. L’ONG américaine finance un cycle de formation au profit des membres de l’amicale. Ces derniers, sensibilisés aux vertus de l’organisation, optent pour une démarche structurée. Ils collaborant tour à tour avec des experts topographes et des urbanistes. Pour eux, un seul objectif: doter tout leur douar de conditions de vie décente. Pour mener à bien leur mission, les membres d’Assakaniya ne reculent devant rien. «Il nous est arrivé de mettre à l’écart des entrepreneurs peu scrupuleux», révèle Mohamed, un membre de l’amicale. Lancée dans son élan, Assakaniya diversifie son activité. C’est ainsi qu’en 2005, elle crée un espace associatif pour la jeunesse du douar. Accueillant des cours d’alphabétisation, le centre dispose, également, d’une dizaine d’ordinateurs reliés à Internet. Prochaine étape, assurer la qualification professionnelle de la jeunesse du douar. Pour accomplir cette mission, un centre sera construit. Financé par la commune, le projet sera mis en œuvre par l’association, qui supervisera le chantier et gérera ensuite le budget du centre.Réda HARMAK

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