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    Sida: Grande campagne de dépistage

    Par L'Economiste | Edition N°:2432 Le 28/12/2006 | Partager

    . 34 villes concernées par l’opération de l’ALCS. Plus de 9.000 personnes seront testéesIl y avait beaucoup d’énergie dans l’air hier, à l’Association de lutte contre le sida (ALCS). De fait, les travailleurs sociaux s’affairaient aux derniers préparatifs, en vue de la première campagne nationale de dépistage qui sera lancée dans quelques jours. «Environ 9.000 Marocains passeront le test en trois jours», indique My Ahmed Douraïdi, coordinateur national des sections régionales. Dans son bureau, des dizaines de valises remplies de seringues, de pansements et d’éprouvettes, attendent ainsi d’être acheminées vers Taza, Zagora ou même Dakhla.Du 5 au 7 janvier, pas moins de 47 sites installés dans 34 villes à travers le Maroc seront visitées par les équipes de médecins et d’intervenants de l’ALCS. Chaque équipe doit s’attendre à effectuer au moins 70 tests par jour. «L’opération de dépistage se déploiera dans nos seize centres régionaux, dans trois centres de dépistage mobiles, et dans les locaux de nos associations partenaires», explique Douraïdi. L’alarme du problème d’accès aux tests de dépistage a clairement sonné en août dernier, lors de la Conférence mondiale de lutte contre le sida. «Au Maroc, 65% des personnes atteintes du VIH [virus d’immunodéficience acquise] découvrent leur maladie trop tard», souligne-t-il. Selon lui, l’époque où une grande partie de la population marocaine vivait dans l’ignorance ou dans le déni de l’existence de cette terrible maladie serait donc révolue. «Lorsque nous nous rendons dans les régions plus éloignées, avec nos centres mobiles, nous pouvons recevoir plus de cent demandes par jour», raconte-t-il. Bien qu’en constante augmentation, le nombre tests de dépistage effectué au Maroc est encore nettement insuffisant. «En 2005, 6401 personnes ont passé le test chez nous. Considérant que nous réalisons plus de 60% des tests de dépistage du pays, on constate que c’est très peu», déplore-t-il.Les Marocains chercheraient pourtant, toujours selon Douraïdi, à investir dans la prévention. «Bien sûr, certains démagogues soutiennent encore que la religion musulmane, qui interdit les relations sexuelles hors mariage, tient lieu de bouclier contre l’épidémie», rappelle-t-il. «Mais sur le terrain, on se rend rapidement compte que les gens voient les choses telles qu’elles sont», affirme-t-il.Il faut dire que le test de dépistage s’effectue de façon strictement confidentielle et anonyme. «Les gens n’ont pas besoin de donner leur nom, et les médecins sont tenus au secret professionnel», assure le coordinateur.Dans les unités mobiles de dépistage comme dans les centres régionaux, c’est dans une pièce fermée que les médecins procèdent à la prise de sang, puis communiquent les résultats au patient, une vingtaine de minutes plus tard.Les individus dont les tests s’avèreront positifs seront pris en charge par le centre régional de l’ALCS le plus près de chez eux. «Ce sont nos médecins qui s’occuperont ensuite de les référer à l’hôpital, et d’effectuer le suivi», affirme Douraïdi.Attention! Pour obtenir un résultat fiable, la dernière relation sexuelle à risque doit remonter à au moins trois mois avant le test.. Changer les mœurs«L’objectif n’est pas seulement de savoir qui est atteint du VIH et qui ne l’est pas», explique Douraïdi. Les Journées nationales de dépistage visent également à sensibiliser les Marocains et à les encourager à vivre leur sexualité de façon plus saine et plus sécurisée. «Dans la population en général, le taux de séropositivité est estimé à 0,1%», précise le coordinateur. «Mais ce taux grimpe à 2,4% chez les professionnels du sexe», poursuit Douraïdi. «Et malheureusement, tout comme pour la pauvreté, nous observons une sérieuse féminisation de l’épidémie», observe-t-il.Selon lui, la majorité des cas seraient recensés parmi les milieux les plus défavorisés du pays. Et c’est là que se pose justement le défi: comment amener des gens qui n’ont aucune estime d’eux-mêmes à se protéger? L’ALCS profitera donc également de cette mégatournée pour fournir de l’information, distribuer des préservatifs et rediriger les gens vers le centre régional le plus près de chez eux.


    Le sida au Maroc

    - Le premier cas de sida a été déclaré en 1986.- Le ministère de la Santé ne dispose d’aucun chiffre exact sur le nombre de personnes séropositives au pays, mais situait leur nombre entre 16.000 et 20.000 à la fin de 2005.- Le nombre de personnes séropositives augmenterait de 2.500 à tous les ans.- Taux d’infection selon le sexe: 62% hommes; 38% femmes- Taux d’infection selon l’âge: moins de 15 ans 2% 15 à 29 ans 25% 30 à 39 ans 43% 40 à 49 ans 19% plus de 49 ans 11%- Taux d’infection selon le milieu de résidence: urbain 84% rural 12% inconnu 4%- Nombre de cas d’infections transmises sexuellement en 2004: 373 854Le sida dans le monde :- 39,5 millions de personnes sont infectées, soit deux fois plus qu’en 1995.- 11.000 personnes sont infectuées tous les jours- 7.700 personnes atteintes du VIH meurent chaque jour- 1 personne contracte le virus du sida toutes les 16 secondes- 50% des nouvelles contaminations touchent les femmes. Marie-Hélène GIGUÈRE

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