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    SIAL : Les tendances de l'alimentation de demain

    Par L'Economiste | Edition N°:143 Le 01/09/1994 | Partager

    Dans les pays développés, l'achat du consommateur en 1994 est moins impulsif, plus raisonné qu'il y a quelques années. L'inquiétude ambiante et la baisse du pouvoir d'achat l'ont amené à réfléchir davantage avant d'acheter et à prendre en compte des facteurs nouveaux : la nutrition, le goût, la tradition, l'économie, la praticité. Des tendances que les exportateurs marocains de l'agro-alimentaire se doivent de connaître.

    Dans les pays industrialisés, on dépense moins pour son alimentation mais on fait davantage attention à la qualité. Selon Olivier Géradon de Véra, directeur de la Sécodip, "il n'y a pas de déconsommation, mais simplement une autre consommation". Conséquence : les produits les plus touchés par la crise sont ceux se situant dans une gamme moyenne. Le consommateur choisit les prix bas pour ses achats courants (le succès des marques-distributeur et des hard discounters) tandis qu'il n'hésitera pas à payer le prix fort pour un "achat plaisir". Parallèlement, dans la restauration, on passe sans complexe du fast-food à la restauration gastronomique.

    Dans un environnement qui le porte à s'inquiéter, le consommateur a besoin de retrouver des valeurs. Aujourd'hui de nombreuses campagnes publicitaires sont axées sur "le goût de l'authentique".

    Les produits régionaux traditionnels ou cuisinés selon de vieilles recettes reviennent en force dans les linéaires.

    La notion de terroir est omniprésente. De même, la multiplication des AOC et des AOP témoigne de cette recherche des "valeurs sûres" dans l'alimentaire. Au SIAL, le CNAC (Conservatoire National des Arts Culinaires) portera témoignage de cette tendance sur le pôle Restauration Hors Foyer. Parallèlement, la "nouvelle cuisine", telle qu'on la trouvait dans les restaurants ces dernières années, perd du terrain.

    Vitamines et minéraux

    D'une manière générale, les produits riches sont en perte de vitesse au profit des produits allégés. Cet "allégement" est souvent devenu systématique et ne représente plus un atout marketing.

    En revanche, les notions de produit vitaminé, enrichi en sels minéraux ou tout autre critère nutritionnel séduisent le consommateur qui fait de plus en plus attention à son hygiène de vie. Il y a un engouement pour les substituts de repas, compléments de régime et barres coupe-faim (au SIAL 94,4% des innovations sont des produits diététiques). Dans un autre genre, les "functional food" semblent avoir de l'avenir, mais sont actuellement plutôt limitées au Japon (boisson dynamisante, biscuit anti-ride ou yaourt virilisant).

    Certaines évolutions peuvent être reliées à cette préoccupation d'alimentation équilibrée. Ainsi la consommation de viande de boucherie a tendance à baisser par rapport aux années 80. En revanche, on consomme davantage de volailles. La consommation de légumes stagne en frais, mais elle augmente en surgelés (+13 % en volume en 1993 et +8% en valeur par rapport à la dernière décennie). La France, par exemple, de 182 kg de pain par an et par personne en 1789, est passée à 57 kg en 1980 et 51 kg en 1992. Cette tendance s'accentue, alors que la consommation de viennoiserie augmente (+9% en volume par rapport à 92).

    Notons également l'augmentation importante des produits laitiers en France. Ceux-ci sont considérés comme étant bons pour la santé, notamment les yaourts et le fromage (au SIAL prochain, les produits laitiers et oeufs représentent 10% des innovations). Un exclu : le beurre, qui véhicule une mauvaise image auprès du consommateur depuis quelque temps.

    Sont également à l'honneur les aliments exotiques. Les mélanges audacieux, les goûts pimentés, les épices venues d'ailleurs ont la faveur du consommateur, qui aime être étonné et tiré de la routine quotidienne. En Europe, aux Etats-Unis, on mange couramment japonais, mexicain ou indien. Les produits-traiteur on beaucoup innové sur ce créneau (les produits traiteur représentent 14% des innovations du SIAL 94).

    Senteurs nouvelles

    Le goût compte, bien sûr, mais aussi le plaisir de voir de beaux produits et de humer des senteurs nouvelles. Aujourd'hui, on trouve même des boissons relevées avec du gingembre, du poivre, voire du piment. Et l'on n'hésite pas à organiser une mise en scène autour de la confection d'un plat exotique (préparation dans la tradition d'un curry indien ou d'un chili con carne). On découvrira d'ailleurs cette année de nouveaux condiments au SIAL. Dans les pays industrialisés, le consommateur se sent concerné aussi par sa propre santé que par celle de la planète, d'où cet engouement pour les éco-produits : ils sont issus de l'agriculture biologique, ils sont recyclables ou possèdent un emballage "vert". Parfois même, une partie des bénéfices est reversée pour une cause humanitaire ou écologique : "plantez un arbre", "sauvez un enfant"! La recyclabilité des emballages est devenue un élément incontournable dès lors que l'on parle de nouveautés. Le produit est assorti de la notion de service. 30% des innovations SIAL 94 concernent le service !

    Autre tendance marquée : la recherche de praticité des produits. Le consommateur tend à acheter des aliments au temps de préparation réduit, car il consacre de plus en plus de temps à ses loisirs. D'autre part, les emballages doivent être facilement transportables, peu encombrants et ergonomiques. Notons à ce sujet l'arrivée en force des bouchons à vis, sachets à ouverture facile, plats prêts à mettre au micro-onde, 4ème gamme et autres pâtes à tarte toutes prêtes. Une grande part de l'innovation concerne justement les packagings (16% des innovations au SIAL cette année), soit dans ce souci de praticité, soit dans un souci d'esthétisme (recherche de formes, matières et couleurs attractives). Car maintenant, on mange non seulement bon et sain, mais également beau !

    Témoignage de cette tendance praticité, l'augmentation importante de la consommation des surgelés par rapport aux produits frais (cette année, les surgelés sont le premier secteur innovant avec 23% des innovations). Autre exemple, le succès des plats cuisinés et des salades apertisées, ainsi que celui des produits de grignotage tels que les biscuits apéritifs et les extrudés.

    Source : Document SIAL
    Rewriting L'Economiste

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