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    Economie

    Sial 2010: La carte gagnante des niches
    DNES à Paris, Bachir THIAM

    Par L'Economiste | Edition N°:3387 Le 20/10/2010 | Partager

    . Les Domaines Royaux et Tajini décrochent le prix Saveur . Akhannouch absent pour cause de grève LA France a vécu hier une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites avant son vote par le Sénat sur fond d’actions violentes de bandes de jeunes lycéens surtout et de menace de paralysie du pays. En attendant, le premier à subir les dégâts collatéraux de ce mouvement social, le Salon de l’innovation alimentaire, Sial 2010, qui baissera les rideaux demain, jeudi, particulièrement les 72 exposants marocains y tenant stand. La visite, annoncée en aller-retour dans la journée du mardi, du ministre de l’Agriculture, Abdelaziz Akhannouch, au pavillon Maroc, qui avait reçu celle du ministre du Commerce extérieur, Abdelattif Maâzouz, à la cérémonie d’ouverture du Sial, le 17 octobre, aurait été annulée en raison de la grève dans les aéroports parisiens. Mais il en faudra beaucoup plus pour entamer le moral des exposants marocains qui viennent de décrocher les deux trophées Saveur de l’année 2010. Ce sont les sociétés Tajini et Les Domaines Royaux (LDR). La société Tajini, installée à Rabat, a été primée dans la catégorie Epices & Conserves pour son invention de la sauce tagine prête à l’emploi. Et Les Domaines Royaux dans la catégorie Fruits & Légumes pour sa nouvelle variété de melon et de tomate. Les deux entreprises étaient en compétition pour cette 14e édition avec les plus grands groupes mondiaux de l’agroalimentaire. Chaque gamme de produits ou chaque produit en compétition est soumis à un test. Il s’agit d’une dégustation par 200 personnes au minimum, choisies en fonction de leurs habitudes et leur fréquence de consommation des produits à évaluer. Par différentes méthodes d’évaluation, ils jugent les produits selon un seul critère: la satisfaction globale. Quatre sous-critères permettent d’évaluer le produit: son aspect, son odeur, sa texture et son goût. Le trophée sanctionnant cette compétition, au-delà de sa valeur symbolique, légitime et crédibilise encore davantage les récipiendaires. Fatim-Zahra Naimi, directeur général de Tajini, avoue se sentir subitement investie de plus de responsabilité. «La nourriture était simplement considérée comme une source d’énergie, aujourd’hui, elle est également perçue comme un phénomène sensoriel et socioculturel. Autant que procurer du plaisir, le consommateur attend de la nourriture qu’elle puisse aussi améliorer sa santé et son bien-être». Partant, «nombre d’entre nous ne sont plus très disposés à perdre leur temps de loisirs dans la préparation de plats cuisinés», admet-elle. Il est vrai, notre alimentation doit être rapide et pratique à préparer, «mais aussi saine et savoureuse», précise la patronne de Tajini. Tajini exporte déjà en Europe (Belgique, France, Allemagne et Royaume-Uni) et en Amérique du Nord (Etats-Unis) ses différentes sauces pour tajines prêtes à l’emploi. Les 4 références, correspondant aux saveurs classiques de la cuisine marocaine, y ont en effet reçu un accueil commercial favorable. Pour autant, Fatim-Zahra Naimi refuse d’être cataloguée de marque exclusivement destinée au marché de l’export. A juste titre, on trouve depuis octobre dernier les produits Tajini sur le marché de la grande distribution au Maroc.

    La filière «épices» face à la traçabilité
    Au-delà de la symbolique des trophées, qui consacrent aussi la stratégie de ces deux entreprises, l’enjeu à venir est l’innovation. Certaines PME marocaines commencent à prendre conscience (encore timidement), en collant à ce qui se fait de nouveau dans le secteur, notamment l’estampillage ethnic, naturel, santé… Ainsi, Dari Couspates a repackagé et (re)labellisé un de ses classiques du couscous, en Mehdia, pour la communauté musulmane et arabe d’Europe et d’Amérique. Tradipal de Mohammedia, spécialiste en transformation et conditionnement d’épices, se prête également au jeu «ethnic». L’entreprise initie des mélanges de recettes de grand-mère «nigel», «cressonnette»…pour séduire une nouvelle frange de consommateurs. Mais la filière «épices» qui souffre du problème de traçabilité aura fort à faire avant de se mettre à niveau. Seules 5% des 26.000 tonnes consommées chaque année au Maroc sont conditionnées dans les règles de l’art. Dalia Corp, spécialisée en couscous et pâtes alimentaires, réalise déjà 11% de son chiffre d’affaires à l’export après seulement deux années d’expérience sur les marchés étrangers. «L’objectif à terme est d’atteindre 25%, en peaufinant notre offre pour répondre au mieux à la demande des marchés cibles», confie Idriss Jamaleddine, directeur général adjoint du groupe. Lentement, mais sûrement, l’option innovation commence à gagner les rangs des industriels marocains. C’est le passage obligé pour survivre aux côtés des mastodontes du secteur, qui phagocytent tout sur leur passage.
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